État des cultures – Juin 2020

État des cultures – Juin 2020

Voici un résumé de l’état des cultures en lien avec le manque d’eau des dernières semaines. De façon générale, toutes les régions sont affectées par le manque de précipitations. Des retards de croissance et des baisses de rendement sont à prévoir. Toutefois, la situation varie en fonction du type de cultures, de la date des semis et du type de sol (sable et argile, plus problématique). Le gel au début juin et les grandes quantités de résidus dans certains champs compliquent aussi la saison. Des producteurs ont déjà ouvert des avis de dommages à La Financière agricole du Québec.

Le 24 juin, plusieurs régions ont reçu des précipitations, ce qui pourrait changer le bilan actuel.

 

Abitibi-Témiscamingue

Le manque d’eau se fait sentir davantage dans les fourrages que les céréales. À certains endroits, le blé et l’orge présentent des signes de jaunissement à cause du manque d’eau. Même si le jaunissement n’est pas présent partout, les céréales semblent plus courtes. Les rendements devraient être sous la normale et la paille courte. Le canola semble bien s’en sortir.

 

Centre-du-Québec

Avant le 23 juin, la région n’avait reçu que 5 mm de pluie pour tout le mois. Pour les céréales, le grain sera certainement léger, ce qui affectera son classement. Dans certains champs de maïs, la levée est inégale. Il n’y a pas encore de plants jaunes, mais le besoin d’eau se fait sentir. Certains producteurs ont dû reprendre des semis de soya à cause de la gelée tardive.

 

Chaudière-Appalaches et Rive-Nord 

Les deux régions sont fortement touchées par la sécheresse. Les zones plus montagneuses sont un peu moins sèches. Les terres fortes sont particulièrement affectées par le manque d’eau. Dans plusieurs cas, les conséquences sont irréversibles. Les pertes pourraient atteindre les 40 % s’il ne pleut pas dans les prochains jours. Dans plusieurs champs, les cultures n’ont tout simplement pas levé. Le soya stagne et ne pousse plus depuis quelques jours. La situation est aussi difficile pour les céréales, surtout pour les champs d’orge, pour qui la situation est désastreuse. Il n’y aura pratiquement pas de paille récoltée. Les secteurs de Portneuf, Côte-de-Beaupré, Charlevoix et de la Côte-Nord sont aussi très touchés par la sécheresse.

 

Est-du-Québec

Partout en région, les précipitations se situent très en-dessous de la moyenne habituelle. L’état des cultures varie beaucoup d’un secteur à l’autre, mais l’ouest (Kamouraska, Rivière-du-Loup et les Basques) serait plus affecté, car les cultures y sont à un stade où il est critique de recevoir des précipitations. La récente pluie a grandement aidé, mais elle ne suffira pas à combler le retard accumulé à ce jour.

 

Estrie

Le temps est très sec dans cette région, qui n’a pas reçu de pluie soutenue depuis au moins une semaine. Pour certains producteurs, s’il ne pleut pas au cours des prochaines heures, une partie des champs semés risquent d’être perdus. Pour ceux qui croient pouvoir sauver leur culture, le retard de croissance ne pourra être rattrapé et les plants de maïs seront de petite taille. Des pertes de rendement sont à prévoir. Pour le foin sec, le rendement se situe entre 40 et 60 %.

 

Lanaudière

Les semis de maïs et de soya s’en tirent bien, sans véritable retard de croissance, mais la pluie devra s’annoncer d’ici une semaine, car l’effet de la sécheresse se fera sentir. Dans la culture de haricots secs, les semis hâtifs (20 mai) s’en tirent bien, mais les plants sont plus fragiles dans les champs semés après le 25 mai.

 

Mauricie

La région souffre d’un manque d’eau. Les champs de maïs et de soya présentent des « ronds » de sécheresse. Le maïs est aussi « fripé » par endroit. Les céréales à paille sont très affectées et certains parlent même de plants en péril. Du côté du foin, il y a peu de rendement et il faudra attendre avant d'en estimer la qualité.

 

Montérégie

Pour les céréales à paille, les effets du manque d’eau sont très sévères (plants très petits) et les rendements seront très affectés. Le maïs et le soya supportent mieux le manque d’eau. La levée du maïs-grain est inégale et les retards de croissance sont visibles. Le soya est très petit pour la saison. Globalement, la situation devenait critique avant le 24 juin.

 

Outaouais-Laurentides

Dans les Laurentides, les céréales présentent un retard de croissance et des pertes de rendement sont à prévoir. Le maïs et le soya sont ralentis par le manque d’eau et certains plants ne s’en remettront pas. Pour les fourrages, les rendements sont catastrophiques, avec 30 à 50 % de moins qu’une année normale. Le secteur des Hautes Laurentides semble toutefois moins affecté par le manque d’eau. En Outaouais, le maïs pourrait s’en sortir sans baisse majeure de rendement.

 

Saguenay ̶ Lac-St-Jean  

Haut du Lac

Le secteur n’a enregistré aucune précipitation depuis deux semaines. Les céréales subissent beaucoup de stress alors que le soya et le maïs s’en sortent un peu mieux.

Lac-Saint-Jean Est

Le secteur a reçu une première précipitation en deux semaines, le 22 juin (4mm). Le blé et les céréales sont les cultures les plus affectées.

Saguenay

Le secteur a reçu une bonne pluie le 22 juin, mais les besoins en eau sont encore présents. Toutes les cultures présentent d’importants retards de croissance liés au stress de la chaleur et du manque d’eau. Le blé et les céréales sont les cultures les plus affectées.