Producteurs de grains du Québec : PGQ
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Le rapport a été mis à jour le 30 juillet.

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Prix des fertilisants en Illinois

Le rapport des prix des fertilisants en Illinois a été mis à jour le 24 juillet 2026.

  • Rapport bimensuel publié par l'USDA
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Infolettre du 27 juillet 2026

L'infolettre hebdomadaire des Producteurs de grains du Québec (PGQ), envoyée les lundis après-midi, vous permet de recevoir toute l'actualité du secteur des grains, les tendances du marché local et boursier, ainsi que les nouvelles du monde agricole. 

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Analyse des engrais - Juillet 2026

Après avoir atteint un sommet en avril, les prix des engrais azotés ont continué de diminuer, même ceux des engrais liquides, alors qu’ils peuvent être utilisés en post-levée. Les prix des engrais phosphatés ont continué d’augmenter en raison de la croissance du prix du soufre, un ingrédient essentiel à la production des engrais phosphatés. Depuis la guerre en Iran, le prix du soufre perlé dans le Golfe aux États-Unis a plus que doublé pour se situer à 1 150 $ US/tonne, alors qu’à peine un an et demi auparavant, en janvier 2025, le prix était de 147,50 $ US/t. Le prix des engrais potassiques augmente tranquillement mois après mois, passant de 733 $ CA/t en février à 769 $ CA/t en juillet 2026. De plus, la monnaie canadienne s’est fortement dévaluée au cours des deux derniers mois en raison d’une hausse anticipée des taux directeurs aux États-Unis afin de contrôler l’inflation, en grande partie causée par la guerre en Iran. Par conséquent, les prix des engrais sont en partie soutenus par cette dépréciation du huard.

 

Une entente de cessez-le-feu a été signée le 18 juin entre l’Iran et les États-Unis, impliquant la réouverture du détroit d’Ormuz. Les prix du pétrole et des engrais sont alors tombés au niveau d’avant-guerre. Or, moins d’un mois plus tard, cet accord a déjà été résilié. La circulation dans le détroit d’Ormuz n’est pas complètement fermée, mais elle est sévèrement entravée. Avant le conflit, entre 20 et 40 bateaux chargeaient des fertilisants dans la région du Golfe par semaine pour se situer autour de 5 présentement. La hausse des frais de transport et la réduction du nombre de navires étant prêts à traverser le détroit d’Ormuz ont des conséquences sur la production dans les pays du Golfe. Le mois dernier, l’Iraq a été contraint de réduire sa production de pétrole faute de navire pouvant l’exporter. Par conséquent, il faudra s’attendre à une remontée du coût des engrais et du pétrole brut. 

 

Le président Trump a annoncé une levée temporaire des tarifs sur les importations de phosphate du Maroc, d’une durée de huit mois. L’objectif est de diminuer les coûts de production des producteurs agricoles américains pour les récoltes de 2027. Selon le American Farm Bureau Federation, près de 70 % des producteurs ont déclaré ne pas avoir comblé leurs besoins en engrais.

 

En Europe, un groupe politique envisage d’ouvrir le mécanisme d’ajustement du carbone aux frontières (MACF) pour le secteur des engrais, afin de protéger la compétitivité des industries régionales et de réduire les variations excessives des prix. Fertilizers Europe s’oppose à une mesure qui permettrait une exemption temporaire au MACF en cas de rupture sévère des marchés mondiaux. L’exemption nécessiterait une hausse de prix de plus de 50 % par rapport à la moyenne des 10 dernières années, et ce, pendant six mois.

 

La France va investir 2 G€ afin de réduire sa dépendance sur les importations d’engrais et de prémunir contre les ruptures de chaine d’approvisionnement. De plus, le parlement européen a approuvé un amendement à la politique agricole commune (PAC) de l’Union européenne afin de soutenir financièrement les producteurs agricoles face à la croissance du prix des fertilisants. L’Union européenne importe environ 30 % de ses besoins en azote et 70 % de ceux de phosphate.

 

Yara semble délaisser les projets environnementaux dans le secteur des engrais. Yara North America Inc., une branche nord-américaine de la compagnie Yara International basée à Oslo en Norvège, a fait l’acquisition d’une usine d’ammoniaque (conventionnelle) au Texas. Or, au cours de la même semaine, Yara International a annoncé ne pas procéder à l’achat d’actifs d’ammoniaque à faible intensité carbone détenus par Air Products and Chemicals Inc., contrairement à ce qui avait été annoncé en décembre 2025. La raison est que le retour sur investissement ne satisferait pas les critères financiers. En effet, en février dernier, Air Products avait annoncé une forte augmentation des estimations des dépenses d’investissement pour son projet d’ammoniaque à faible intensité carbone, passant de 4,5 G$ US à entre 8 et 9 G$ US.

 

L’Inde a repris ses achats de gaz naturel liquéfié afin de remplacer les pertes de livraisons provenant du Qatar et des Émirats arabes unis. Ces deux pays correspondaient à 57 % de toutes les importations indiennes de gaz naturel liquéfié avant la guerre en Iran. L’Inde achèterait six navires par mois, comparativement à un navire par mois durant la période préguerre. Ces achats surviennent dans un contexte d’un été chaud augmentant la demande en électricité et, par conséquent, celle pour le gaz. L’Inde est le deuxième plus grand consommateur de gaz naturel liquéfié, dont près de 90 % de sa demande est comblée par le Moyen-Orient.

 

Au Brésil, Mosaic a annoncé une réduction de production de phosphate, en raison du contexte économique actuel : l’instabilité géopolitique, les restrictions de circulation sur les routes de transport internationales, l’augmentation mondiale de la demande et la forte pression du prix des intrants. La durée de cette baisse de production demeure incertaine, car elle dépend de plusieurs facteurs externes à la compagnie, comme la stabilisation du prix du soufre, le retour à la normale des chaines d’approvisionnement, la réouverture des routes de transport internationales et l’évolution du climat géopolitique.

 

Au Brésil, les producteurs retardent leurs achats de fertilisants. Ils auraient acheté environ 68 % de leurs besoins en fertilisants pour le soya comparativement à 75 % pour la moyenne des cinq dernières années, tandis que le retard d’achats de fertilisant pour le maïs se situe à 13 %. La raison en est du prix élevé des fertilisants depuis les guerres en Ukraine et en Iran, l’augmentation des taux d’intérêt et la diminution de la rentabilité des fermes. Un signe frappant de la faible rentabilité des fermes brésiliennes est la baisse des ventes de machinerie agricole. De janvier à avril 2026, elles ont chuté de 18 % par rapport à l’an passé, alors que l’industrie prévoit un recul de 8 % pour l’année complète.

 

Au Canada, BHP Group a annoncé une hausse de coût de son projet d’expansion en Saskatchewan. Le 18 juin, la compagnie a dévoilé que les deux phases de son projet d’expansion allaient coûter 6,9 G$, en hausse par rapport à l’ancienne estimation à 4,9 G$. La production devrait débuter en 2031.

 

Le secteur des fertilisants du Canada espère que le gouvernement Carney pourra conclure une entente avec le Mercosur. Selon Fertilizer Canada, l’Amérique du Sud représente un marché majeur pour les exportations canadiennes d’engrais, notamment celles de potasse. Le Canada fournit environ 30 % des besoins en potassium du Brésil et dont les recettes s’élevaient à 1,6 G$ en 2025.

 

 

Les prix des engrais azotés ont diminué depuis leur sommet en avril dernier, mais le rythme est plus important pour l’urée que les engrais liquides, en raison d’une demande soutenue pendant la post-levée. Cependant, les prix demeurent supérieurs à l’an passé et la moyenne quinquennale. La tendance des prix à court terme dépend énormément de la réouverture du détroit d’Ormuz et du prix du pétrole brut en Bourse. Si les États-Unis et l’Iran réussissent à trouver à nouveau un terrain d’entente, les prix devraient repartir à la baisse. Autrement, la tendance des prix sera haussière.

Les prix des engrais phosphatés continuent de s’apprécier, de sorte à être plus élevés que ceux de l’an passé et de la moyenne quinquennale. Avec l’explosion des prix du soufre depuis la guerre en Iran et les arrêts de production annoncés au Brésil, la tendance des prix sera haussière.

Le prix de la potasse est en légère hausse, demeurant supérieur aux prix de l’an passé, mais inférieur à la moyenne quinquennale. La tendance des prix restera de neutre à haussière.

Tableau du prix des engrais

$ CA/tJuillet 2025Juin 2026Juillet 2026Moyenne 5 ansGraphique
DAP1 2201 4041 4191 186Graphique
MAP 1 3251 4731 4841 248Graphique
MOP726762769865Graphique
Urée 9701 1821 111911Graphique
10-34-0 1 0111 1201 1251 032Graphique
Ammoniac anhydre1 1491 6601 6061 256Graphique
UAN 28630802767613Graphique
UAN 32748863823710Graphique

Les prix sont exprimés en dollars canadiens par tonne métrique ($ CA/t).
Les prix représentent une offre FAB chez le distributeur.
Source : DTN

L’analyse se concentre sur les États-Unis ainsi qu'à l'international et les prix sont basés sur des prix américains convertis en dollars canadiens par tonne métrique. Ces prix peuvent ne pas refléter les prix au Québec en raison de plusieurs facteurs, dont l’offre de services inclus dans les prix aux producteurs. Ces prix doivent donc être utilisés à titre de référence seulement. L’objectif de cette publication vise à mesurer les tendances haussières ou baissières, ainsi que les valeurs relatives d’une saison à l’autre.