Producteurs de grains du Québec : PGQ
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Prix des fertilisants en Illinois

Le rapport des prix des fertilisants en Illinois a été mis à jour le 15 juin 2026.

  • Rapport bimensuel publié par l'USDA
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Grains biologiques : Évolution des prix locaux

Le rapport des prix moyens pondérés FAB ferme (S/tonne) pour les grains biologiques a été mis à jour le 11 juin 2026.

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Rapport sur les offres et les demandes de grains

Le département de l'Agriculture des États-Unis (USDA) publie chaque mois un rapport de l'offre et de la demande mondiales de grains. L'équipe de professionnels des PGQ présente ensuite une analyse de ce rapport.

Rapport sur les offres et demandes mondiales de grains du mois de janvier

  • Date de publication : 11 juin 2026
  • Heure de publication : Midi
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Analyse des engrais - Juin 2026

Les prix des engrais se sont fortement appréciés depuis le conflit en Iran, notamment les fertilisants azotés, mais cette croissance tend à s’essouffler. Certaines sources d’information indiquent même un retour des prix de l’urée au niveau précédant la guerre en Iran. La raison principale en est la fin des semis en Occident, un moment de forte demande en engrais. Les prix des engrais phosphatés ont augmenté significativement, mais plus lentement que ceux des engrais azotés. La hausse des prix s’explique par le blocus du détroit d’Ormuz ainsi que par l’explosion du prix du soufre, un ingrédient crucial dans la fabrication des engrais phosphatés. Seul le prix du muriate de potassium (MOP) demeure stable d’un mois à l’autre.

 

Aux États-Unis, la commission fédérale du Commerce (FTC) a lancé une enquête antimonopole sur la hausse du coût des fertilisants. Le président de la FTC a déclaré que les données de l’USDA ont permis de confirmer que les engrais sont la raison majeure de la hausse du coût de production depuis 2020. Cette action s’ajoute à l’enquête sur la collusion des prix dans le secteur des fertilisants annoncée le 4 mars 2026 par le département de la Justice aux États-Unis.

 

Le 7 mai, le tribunal du Commerce international des États-Unis a déclaré que les tarifs de 10 % imposés à tous les pays étaient illégaux. Cependant, la cour a seulement annulé l’application des tarifs à trois compagnies qui avaient poursuivi le gouvernement. Le président des États-Unis a dit ne pas être surpris de la décision et qu’il imposerait des tarifs par d’autres moyens. D’ailleurs, la Maison-Blanche a dévoilé le 3 juin vouloir imposer des tarifs de 10 % sur 60 partenaires commerciaux, dont le Canada. Cette décision fait suite à une enquête sur les importations de marchandises qui auraient été fabriquées grâce au travail forcé. Ceux-ci ne pourront être en vigueur qu’à la suite d’une consultation publique ainsi que d’un examen qui débutent le 7 juillet.

 

Le 28 avril, la secrétaire de l’USDA, Brooke Rollins, a déposé un projet de loi visant le retrait des droits compensatoires sur les importations d’engrais phosphatés provenant du Maroc. Selon un sénateur américain, l’élimination de ce type de droits de douane permettrait aux agriculteurs américains d’économiser environ 150 $ par tonne. Cette idée de l’abolition des droits compensatoires sur les importations d’engrais phosphatés du Maroc revient régulièrement, surtout depuis le conflit en Iran et la hausse phénoménale des engrais azotés. Ces tarifs avaient été mis en place en 2021 à la demande de Mosaic à la suite d’une enquête pour pratique déloyale.

 

Les États-Unis sont devenus un exportateur net d’engrais phosphatés en raison du conflit en Iran. La hausse des prix aux États-Unis n’a pas suivi le même rythme qu’à l’international, créant ainsi un certain incitatif vers l’exportation de cet engrais. De plus, les producteurs américains ont abaissé leur application de phosphate diammonique (DAP) ou de phosphate monoammonique (MAP) dans leurs champs de maïs et de soya afin de lutter contre la hausse des coûts de production. Des commerçants ont donc saisi l’opportunité d’exporter ce surplus d’engrais à un prix plus attrayant, diminuant ainsi la quantité disponible aux États-Unis et entrainant ainsi une hausse des prix.

 

Les États-Unis exercent des pressions sur l’Ukraine pour diminuer les restrictions d’exportation de la potasse de la Biélorussie. Washington demande à Kyiv de promouvoir cette idée auprès des autres nations européennes. La Maison-Blanche a levé les sanctions contre les importations de potasse biélorusse, mais cette mesure s’avère inutile si la Biélorussie ne peut pas exporter sa potasse vers les ports de la mer Baltique via la Lituanie ou la Pologne.

 

La Commission européenne fait face à la grogne de ses producteurs face à la crise de la hausse des coûts des engrais. La solution régulièrement évoquée est l’exclusion des engrais au mécanisme d’ajustement aux frontières (MACF). Cet outil de l’Union européenne (UE) permet de fixer un prix sur le carbone émis sur les produits à forte intensité de carbone entrant dans l’Union, afin de protéger la production européenne d’une compétition déloyale du point de vue environnemental. Les fertilisants agricoles sont donc ciblés par cet outil étatique. Le problème avec cette solution est qu’elle viendrait miner à long terme les investissements dans la production d’engrais à faible intensité carbone. L’UE préfère stimuler la production domestique de fertilisants à faible intensité carbone afin de diminuer sa dépendance aux importations ainsi que de développer des projets de fertilisants issus du vivant plutôt que des produits traditionnels issus des minerais, comme la biomasse d’algues, des améliorateurs de sol, des solutions microbiennes, des biostimulants et des boues d’épuration. L’UE se penche également sur les projets d’ammoniac vert. Pour soutenir ses producteurs agricoles à court terme, l’UE a annoncé la levée complète des tarifs douaniers sur les engrais à base d’azote, comme l’urée et l’ammoniac, mais celle-ci ne s’appliquerait pas à la Russie et à la Biélorussie; cette suspension des tarifs ne touche pas le MACF. Cette initiative risque d’avoir un impact limité, car la plupart de ces engrais entre déjà dans l’UE sans aucun tarif douanier.

 

Le 27 mai, la Chine dévoilait ses politiques d’exportation d’engrais pour 2026. Pékin prévoit exporter 2,8 millions de tonnes (Mt) d’engrais en 2026, dont la majorité serait de l’urée à 2,3 Mt et l’excédent de 500 000 tonnes (t) serait du DAP. La Chine met donc fin au resserrement des exportations d’engrais annoncé en mars dernier. Cependant, les quotas d’exportation d’urée demeurent plutôt faibles comparativement à 2,8 Mt en 2025 et 3 Mt en 2024, mais elles sont supérieures à celles de 2020 à 2 Mt.

 

En Inde, la production d’urée et l’allocation de gaz naturel à cette production ont repris en avril. Le gaz naturel acheminé aux producteurs d’urée est revenu à 90 % de la consommation moyenne, tandis qu’elle était d’environ 70 % à 75 % auparavant. La production d’urée a été réduite de près de 800 000 t en mars alors qu’elle était de 2,6 Mt le mois précédent. La situation en Inde était particulièrement préoccupante, car elle importe beaucoup d’engrais via des appels d’offres par des compagnies étatiques et qu’une grande partie de ses engrais et de son gaz naturel passait par le détroit d’Ormuz.

 

La capacité de production de la Russie a été réduite en avril en raison des attaques de drones ukrainiens. La production russe de fertilisant a diminué de 2,1 % en avril par rapport à l’an passé pour se situer à 2,5 Mt et la production des quatre premiers mois a fléchi de 0,4 % pour s’établir à 10,3 Mt. La production pour les quatre premiers mois de l’année a baissé de 7 % pour l’ammoniac à 6,1 Mt et de 11,5 % pour le soufre à 1,52 Mt. En avril, le Kremlin a prolongé les quotas d’exportation d’engrais à 20 Mt jusqu’en novembre de cette année, dont 8,7 Mt sont réservées aux engrais azotés. La Russie est le deuxième plus grand producteur de fertilisants et représente 20 % des exportations mondiales.

 

La hausse du coût des engrais à la suite du conflit en Iran frappe durement la rentabilité des fermes brésiliennes. Il est à noter que l’offre d’engrais au Brésil repose à environ 85 % sur les importations. Les producteurs brésiliens doivent également composer avec les faibles prix des commodités, l’accès limité au crédit, la montée de l’endettement, l’appréciation du real brésilien et la hausse des frais de transport des grains vers les ports. Rabobank estime que la consommation de fertilisants devrait diminuer de 3,9 % d’ici la fin de 2026. Une mesure indirecte de la santé financière des fermes souvent utilisée est la vente de tracteurs. Les concessionnaires anticipent une baisse de 7 % des revenus de la vente de tracteurs en 2026. Dans le plus grand État de la production de soya, les superficies ensemencées en soya dans le dernier trimestre de 2026 sont prévues demeurées stables au lieu de croitre sans cesse comme ce fut le cas au cours des dernières années, en raison de la mauvaise santé financière des fermes.

 

Les grandes compagnies de fertilisants ont pour la plupart obtenu d’excellents résultats à leur premier trimestre. Les bénéfices nets du premier trimestre 2026 par rapport à celui de l’an passé a augmenté de 41 % pour Yara (327 M$ US), 632 % pour Nutrien (139 M$ US) et de 97 % pour CF (615 M$ US), tandis que Mosaic a présenté une perte de 258 M$ US comparativement à des gains de 238 M$ US. Cette dernière justifie ses mauvais résultats par l’arrêt de production au Brésil et les coûts astronomiques du soufre se vendant à environ 1 200 $ US/t, ce qui a mené à une réduction de la production d’engrais phosphatés ainsi que de la marge de profit des engrais phosphatés. Les autres grandes compagnies expliquent leurs bons résultats grâce à une excellente performance opérationnelle ainsi qu’à une offre des engrais azotés resserrée dans un contexte de blocus du détroit d’Ormuz. Ces compagnies estiment que le marché des engrais azotés devrait se rétablir tranquillement, mais qu’il y a quelques éléments d’incertitude à l’horizon, comme les exportations chinoises et les importations indiennes.

 

Le 15 avril dernier, l’Université de Guelph déposait son rapport sur le projet de surveillance des intrants agricoles en Ontario. Sans grande surprise, les engrais azotés ont fortement augmenté depuis la dernière année, soit de 22 % pour l’urée et de 27 % pour les solutions azotées. Les prix des autres engrais se sont également accrus, mais dans une moindre mesure : de 13 % pour le MAP, de 5 % pour le phosphate liquide et de 8 % pour le MOP. De plus, la plupart des engrais sont moins chers en Ontario qu’aux États-Unis : de 23 % pour l’urée, de 12 % pour les solutions azotées et de 4 % pour le MAP. Seul le phosphate liquide est plus cher de 9 %, tandis que le MOP est identique. Les prix des pesticides sont restés assez stables dans le temps en Ontario, mais la plupart d’entre eux sont beaucoup plus élevés qu’aux États-Unis.

 

 

Les prix des engrais azotés ont ralenti leur croissance en mai par rapport au mois précédent, même que certains ont commencé à diminuer. D’autres sources d’information que celles utilisées pour la construction des graphiques montrent que le prix de l’urée est revenu au niveau précédent le conflit. La raison est la fin des semis en Occident, soit le moment où la demande est la plus forte. Seuls les prix de l’UAN 28 et de l’UAN 32 risquent de se maintenir ou de décroitre plus lentement que les prix des autres engrais azotés, en raison de la demande soutenue pour les engrais liquides en post-levée. Par ailleurs, les prix des engrais azotés sont nettement supérieurs à ceux de l’an passé et de la moyenne quinquennale. La question que tous se posent est : quel sera le niveau de prix des engrais azotés advenant une prolongation du conflit en Iran? Le prix minimum des engrais azotés risque d’être le niveau précédant le conflit en Iran, alors que le prix maximum risque d’être égal à celui ayant eu cours pendant les semis de 2026. Les prix des fertilisants azotés risquent donc de fluctuer entre ces deux valeurs. La tendance des prix à court terme est à la baisse pour la plupart des engrais azotés.

Les prix des engrais phosphatés ont continué de croitre en mai par rapport au mois passé, malgré la fin des semis. Les prix sont supérieurs à ceux de l’an passé et de la moyenne quinquennale. Ils se rapprochent tranquillement du sommet atteint pendant la période de septembre à décembre 2025, où ils variaient entre 1 385 $ CA/t et 1 435 $ CA/t. Les raisons du coût élevé des engrais phosphatés sont le conflit en Iran et le coût élevé du soufre, un ingrédient primordial dans la production d’engrais phosphatés. La tendance à court terme est légèrement haussière pour les fertilisants phosphatés.

Le prix du MOP est demeuré stable, en hausse de 0,4 % par rapport au mois passé, soit 2 $ CA/t de plus. Le prix est inférieur à la moyenne quinquennale et légèrement supérieur à celui de l’an passé, soit 21 $ CA/t de plus. La tendance des prix est alors neutre à court et moyen terme.

Tableau du prix des engrais

$ CA/tMai 2025Avril 2026Mai 2026Moyenne 5 ansGraphique
DAP1 2181 3621 3811 194Graphique
MAP 1 2681 4191 4401 247Graphique
MOP725744746854Graphique
Urée 1 0101 3091 243971Graphique
10-34-0 1 0211 0911 0921 040Graphique
Ammoniac anhydre1 1841 6871 6891 356Graphique
UAN 28638795801638Graphique
UAN 32754899884739Graphique

Les prix sont exprimés en dollars canadiens par tonne métrique ($ CA/t).
Les prix représentent une offre FAB chez le distributeur.
Source : DTN

L’analyse se concentre sur les États-Unis ainsi qu'à l'international et les prix sont basés sur des prix américains convertis en dollars canadiens par tonne métrique. Ces prix peuvent ne pas refléter les prix au Québec en raison de plusieurs facteurs, dont l’offre de services inclus dans les prix aux producteurs. Ces prix doivent donc être utilisés à titre de référence seulement. L’objectif de cette publication vise à mesurer les tendances haussières ou baissières, ainsi que les valeurs relatives d’une saison à l’autre.