Rapports - USDA


Publié le: 12 mai 2020

Analyse du rapport du 12 mai 2020

 

Malgré l’annonce d’une hausse importante de 58 % des stocks de maïs et une diminution de 30 % des stocks de soya aux États-Unis, on aurait pu s’attendre à une chute considérable du prix du maïs, doublée d’un redressement du prix du soya. Pourtant, rien n’y parait à la Bourse. Il faut dire que les marchés s’attendaient à une augmentation plus marquée des stocks de maïs, soit à 3,39 milliards de boisseaux (Gbu). Mais surtout, l’inertie des marchés s’explique par la grande paire de lunettes roses que l’USDA s’est mise pour analyser la prochaine année : il estime que la COVID-19 aura peu d’impacts sur la demande en grains, voire que celle-ci connaîtra une croissance, alors que le secteur de l’éthanol est en crise et que le secteur de l’élevage est aux prises avec des fermetures et des ralentissements de la production dans les usines de transformation de la viande. À la lumière de ce rapport, 2020 risque d’être sous le signe de l’abondance.

 

Pour le maïs aux États-Unis, l’USDA a fait quelques corrections pour 2019-2020 : une révision à la baisse de la production et de la consommation pour l’éthanol ainsi qu’une révision à la hausse des exportations, pour en arriver à une légère augmentation des stocks de 6 millions de boisseaux (Mbu). Pour 2020-2021, le retour à une année normale signifiera une hausse appréciable du rendement, et par conséquent de la production : un bond de 2,33 Gbu pour la situer à près de16 Gbu. Du côté de la consommation, celle-ci sera haussée de 250 Mbu pour la demande en éthanol, de 350 Mbu pour la demande fourragère et de 375 Mbu pour les exportations. Malgré tout, les stocks seront les plus élevés depuis 1987-1988, pour se situer à 3,32 Gbu. Le prix s’inclinera alors de 0,40 $ US/bu par rapport à l’an passé, pour s’établir 3,20 $ US/bu.

Sur la scène mondiale, les stocks ont été redressés de 24,89 millions de tonnes (Mt), en raison principalement de la croissance aux États-Unis. Pour 2020-2021, on note quelques changements dans la production, dont un bond de 5 Mt au Brésil. Toutefois, on parle d’une récolte qui sera semée en automne alors que la récolte safrinha n’est pas encore battue.

 

Le portrait du soya aux États-Unis est probablement le seul qui semble véritablement haussier. Pour 2019-2020, on note une baisse des exportations de 100 Mbu qui engendre une hausse équivalente des stocks. Pour 2020-2021, tout comme pour le maïs, le retour à une saison normale signifiera un redressement des superficies et du rendement, par conséquent, une augmentation de la production de 568 Mbu pour la situer à 4,13 Gbu. La demande intérieure sera légèrement plus forte et les exportations s’intensifieront de 375 Mbu par rapport à l’an passé en raison d’une plus grande part de marché en Chine. Les stocks s’inclineront donc de 175 Mbu pour s’établir à 405 Mbu. Le prix, quant à lui, fléchira de 0,30 $ US/bu pour se situer à 8,20 $ US/bu.

À l’international, la croissance des importations chinoises de soya est particulièrement frappante : 3 Mt en 2019-2020 et 4 Mt en 2020-2021. Cela est attribuable au fait que la Chine se rétablit peu à peu de la peste porcine africaine. D’ailleurs, l’USDA note que la demande en tourteau en dehors de la Chine sera plus faible cette année à cause d’un ralentissement de l’économie mondiale – la seule mention d’un ralentissement de la demande mondiale. Les exportations du Brésil pour 2019-2020 ont été redressées de 5,5 Mt. Pour 2020-2021, la production se redressera de 2,5 Mt en Argentine et de 7 Mt au Brésil. Par contre, tout comme pour le maïs, on parle d’une production qui n’est pas encore semée, et donc la situation a le temps d’évoluer. Les stocks mondiaux de soya sont censés fléchir de 1,88 Mt.

 

Pour ce qui est du blé aux États-Unis, le rendement fléchira de 2,2 boisseaux à l’acre à cause de la mauvaise condition du blé d’automne et la production diminuera alors de 54 Mbu. La demande fourragère s’inclinera de 35 Mbu à cause de la récolte abondante de maïs. La baisse des stocks de 69 Mbu, pour s’établir 909 Mbu, aurait dû faire s'apprécier le prix du blé, mais la dépréciation du prix du maïs limite cette remontée. Par conséquent, le prix du blé reste stable par rapport à l’an passé, pour se situer à 4,60 $ US/bu.

Sur l’échiquier mondial, il faut souligner un redressement de 3,39 Mt de la production de la Russie qui lui permet de rester le leader mondial des exportations de blé. Autre fait notable, la production de l’Union européenne fléchira de 11,78 Mt en raison d’une baisse du rendement et des superficies ensemencées. L’année récolte 2020-2021 sera également marquée par le retour de l’Australie, qui a subi trois années consécutives de sécheresse. Par conséquent, la récolte se bonifiera de 8,8 Mt pour se situer à 24 Mt. Toutefois, la situation a le temps d’évoluer, car la récolte débute généralement en novembre. Finalement, les stocks mondiaux se renforceront de 15 Mt en 2020-2021.

 

 

 

  

 

Versions abrégées du rapport de l'offre et de la demande pour le maïs et le soya américains du 12 mai 2020

 
 

Maïs

OD Mais 

Soya 

OD Soya

 

Version Excel

Version Excel

     

 

Consultez les liens suivants pour avoir accès aux plus récents rapports complets de l'USDA:

 

Rapport de l'offre et la demande mondiales - Dernière mise à jour: 12 mai 2020

  • Prochaine publication: 11 juin 2020 

 

Rapport sur les stocks de grains - Dernière mise à jour: 31 mars 2020

  • Prochaine publication:  30 juin 2020

 

Rapport sur les intentions d'ensemencement - Dernière mise à jour: 31 mars 2020

  • Prochaine publication:  31 mars 2021

 

Rapport des superficies ensemencées - Dernière mise à jour: 28 juin 2019

  • Prochaine publication: 26 juin 2020

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