Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Septembre 2022


Publié le: 23 septembre 2022

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(23 septembre 2022)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 19 août 2022
22 sept. 2022
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs décembre 2022 ($ US/bu) 6,2325 6,8825 0,6500 10,4
Contrat soya novembre 2022 ($ US/bu) 14,0400 14,5700 0,5300 3,8
Prix du soya/Prix du maïs 2,25 2,12    
Contrat maïs mai 2023 ($ US/bu) 6,3325 6,9425 0,6100 9,6
Contrat soya mai 2023 ($ US/bu) 14,1575 14,6775 0,5200 3,7
Prix du soya/Prix du maïs 2,24 2,11    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,7694 0,7411 -0,0283 -3,7

 

 

Marché local (FAB ferme)

Semaine du 20 juin 2022

Semaine du 15 août 2022
Semaine 19 sept. 2022
Maïs - livraison immédiate
     
Base $ CA/bu
2,49 1,94 2,05
Base $ US/bu
0,15 0,10 -0,13
Prix $ CA/t
402 320 343
Maïs - livraison nouvelle récolte
     
Base $ CA/bu
2,43 2,09 2,04
Base $ US/bu
0,30 0,23 -0,17
Prix $ CA/t 372 323 348
Soya - livraison nouvelle récolte
     
Base $ CA/bu 3,81 4,15 5,29
Base $ US/bu -0,51 -0,01 0,29
Prix $ CA/t 691 667 738

 

FACTEURS HAUSSIERS

 

L’USDA a abaissé les superficies et les rendements du maïs et du soya. La superficie ensemencée du maïs chute de 1,2 million d’acres (Ma) pour s’établir à 88,6 Ma, et le rendement baisse de 175,4 à 172,5 bu/acre. La production estimée baisse donc de 415 millions de boisseaux (Mbu) à 13 944 Mbu, soit une diminution de 7,7 % par rapport à l’an passé. La superficie ensemencée du soya baisse de 0,5 Ma, et le rendement diminue de 51,9 à 50,5 bu/acre. La production estimée baisse donc de 153 Mbu pour s’établir à 4 378 Mbu, soit une diminution de 1,3 % par rapport à l’an passé. Les offres et demandes américaines des deux grains se sont resserrées : les stocks du maïs en 2023 diminuent de 169 Mbu pour s’établir à 1 219 Mbu, contre 1 525 Mbu en 2022; ceux du soya perdent 45 Mbu à 200 Mbu vs 240 Mbu en 2022.

 

On assiste à une escalade de la guerre en Ukraine : revers militaires de la Russie, mobilisation des réservistes russes, référendum dans les régions occupées de l’Ukraine afin de les annexer à la Russie etc. Le marché craint que M. Poutine ne mette fin à l’accord établissant des corridors maritimes pour les exportations de grains à partir de trois ports ukrainiens; ou que l’armée russe ne bombarde les infrastructures ukrainiennes. Le risque lié à cette guerre a rebondi : l’impact d’une dégradation de la situation de l’Ukraine sur le marché international des grains serait significatif. En effet, grâce à l’accord des corridors maritimes, l’Ukraine est en voie d’exporter 4 millions de tonnes (Mt) de grains ce mois-ci, soit les deux tiers du volume mensuel normal d’avant-guerre.

 

Le huard continue de fléchir vis-à-vis du dollar américain (ou la devise américaine continue de s’apprécier). Depuis la mi-juin, le huard a perdu près de 5 % de sa valeur, ce qui est favorable pour les bases locales.

 

 

FACTEURS BAISSIERS

Au printemps, l’Ukraine parvenait tant bien que mal à exporter entre 1,5 et 1,7 Mt de grains par la route et le rail, soit 4 à 5 fois moins qu'avant la guerre. Avec la signature de l’accord à la fin juillet établissant des corridors de passage pour les navires transportant des grains, les exportations ont rebondi, les Russes ayant respecté pleinement l’accord signé. Si l’entente perdure, l’Ukraine pourra probablement atteindre en septembre son objectif d’exporter 4 Mt de grains mensuellement. Certes ce niveau serait toujours inférieur à celui d’avant-guerre alors que les exportations pouvaient dépasser 6 Mt certains mois. Il n’en demeure pas moins que 4 Mt de grains représenteraient un gros tonnage mensuel, alors que les exportations s’étaient effondrées au début du conflit.

 

Contrairement aux attentes, les sanctions financières internationales n’ont pas affecté les exportations de blé de la Russie, qui se sont poursuivies à pleine vitesse au cours des premiers mois suivant le déclenchement du conflit en Ukraine. De nombreux pays importateurs n’ont aucune restriction affectant le commerce avec la Russie, et les achats de grains se font en roubles, contournant ainsi les sanctions. Quant à la hausse des primes d’assurance pour les navires, celles-ci étaient prises en compte dans les prix de vente. Mais depuis le début de l’année récolte, on assiste à un net ralentissement des exportations : depuis juillet, celles-ci accusent un retard de 14 % par rapport à la moyenne quinquennale. Avec le rebond de la production dans l’Ouest canadien et l’attente d’une récolte (record?) en Australie, le blé russe perd des parts de marché : il est devenu trop cher en raison du taux de change et de la taxe à l’exportation.

 

Depuis le début de l’année récolte, les ventes cumulées du maïs américain accusent un énorme retard de 12,5 Mt ou 50 % par rapport à l’an passé à pareille date. Le rythme très lent des ventes s’explique par une baisse de la demande chinoise et par une concurrence accrue du maïs brésilien (et dernièrement du maïs ukrainien). L’USDA a abaissé sa prévision des exportations américaines de maïs de 100 millions de boisseaux (Mbu) pour l’établir à 2 275 Mbu en 2022-2023, soit une baisse de 8 % par rapport à l’an passé. Compte tenu du rythme très lent des ventes, l’USDA devrait abaisser de nouveau sa prévision.

 

Statistique Canada prévoit que la production canadienne de blé, de canola, d’orge et d’avoine va rebondir de 35,5 % à 65,7 % en raison d’un retour à la normale dans l’Ouest canadien, alors que la récolte passée avait été décimée par la sécheresse

 

 

À SUIVRE

À la suite des revers militaires de la Russie, on assiste à une escalade de la guerre en Ukraine (mobilisation des réservistes russes, « référendum » dans les régions occupées de l’Ukraine afin de les annexer à la Russie, etc.). Le marché craint que M. Poutine ne mette fin à l’accord établissant des corridors maritimes pour les exportations de grains à partir de trois ports ukrainiens; ou que l’armée russe ne bombarde les infrastructures ukrainiennes. Le risque lié à cette guerre augmente : l’impact d’une dégradation de la situation de l’Ukraine sur le marché international des grains serait significatif. Sans l’accord des corridors maritimes, l’Ukraine ne pourra pas exporter plus de 1,5 Mt mensuellement vs 4 Mt présentement.

 

Les importations chinoises de soya ont totalisé 61,3 Mt de janvier à août, soit une baisse de 8,6 % par rapport à la même période en 2021. Or l’USDA prévoit que les achats chinois augmenteront de 7,8 % pour s’établir à un niveau quasi record de 97 Mt en 2022-2023. Par ailleurs, l’USDA prévoit que les exportations américaines de soya fléchiront de 2,8 % pour s’établir à 2 085 Mbu – cette prévision repose bien évidemment sur le rythme d’achat de la Chine, le premier importateur mondial de soya.

 

Les semis du soya viennent de débuter au Brésil : le marché va suivre de très près la météo brésilienne et le déroulement des ensemencements. Les analystes prévoient une hausse marquée de la superficie. L’USDA estime que la production rebondira de 126 Mt en 2022 à un niveau record de 149 Mt en 2023 (le rendement avait été décevant en 2022 en raison du manque de pluie).

 

Statistique Canada prévoit que l’Ontario devrait avoir une production record de maïs de 9,8 Mt en raison d’une hausse de la superficie, et une récolte de soya en légère hausse par rapport à l’an passé. Pour le Québec, Statistique Canada prévoit 3,55 Mt de maïs (avec un rendement de 9,9 t/ha), 1,15 Mt de soya (3 t/ha), 273 000 t de blé (3,2 t/ha), 189 000 t d'avoine (2,5 t/ha), 101 000 t d'orge (3,2 t/ha) et 40 000 t de canola (2,5 t/ha). Par rapport à l’an passé, la production devrait augmenter pour le maïs (3,9 %), le soya (4,7 %) et le canola (28,6 %); elle devrait baisser pour l’avoine (-4,2 %), le blé (-20,8 %) et l’orge (-36,4 %).

 

 

SCÉNARIO DES PRIX :  Neutre, volatil.

 

Notre scénario des prix a changé : il est neutre et volatil, alors qu’il était baissier le mois passé. Avec l’escalade du conflit en Ukraine et la hausse du risque pour le marché des grains, le prix du blé a fortement rebondi au cours des dernières semaines, entrainant celui du maïs à sa suite. Le soya a été moins affecté puisque la Russie et l’Ukraine ne sont pas des exportateurs de la fève. Cela se voit du côté des prix : les contrats à terme du maïs se sont appréciés d’environ 10 % par rapport au mois passé, alors que ceux du soya ont gagné un peu moins que 4 %.

 

Par ailleurs, l’USDA a resserré les offres et demandes américaines de maïs et de soya en abaissant les superficies et les rendements des deux grains.

 

Au Québec, la production de maïs est estimée à 3,55 Mt, un niveau moyen qui entraine un surplus raisonnable qui sera écoulé sans problème à l’exportation.

 

Notre scénario des prix n’est plus baissier; mais pourquoi n’est-il pas devenu haussier? Trois raisons à cela. D’une part, l’année a très mal démarré aux États-Unis en ce qui concerne les exportations de maïs. Le retard des ventes est énorme par rapport à l’an passé. D’autre part, le Brésil va semer une fois de plus une superficie record en soya. Si la météo est normale dans l’hémisphère sud, la production brésilienne fracassera tous les records précédents. Finalement, la demande chinoise est présentement en baisse, et ce pour tous les principaux grains.

 

Quant à la guerre en Ukraine, il est impossible de prévoir la suite des choses. Tout ce que l’on peut dire, c’est que ce pays pourra exporter jusqu’à 4 Mt de grains mensuellement tant et aussi longtemps que l’accord sur les corridors maritimes sera en vigueur.

 

Sur le même thème