Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Novembre 2022


Publié le: 24 novembre 2022

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(24 novembre 2022)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 21 oct. 2022
23 nov. 2022
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs décembre 2022 ($ US/bu) 6,8425 6,6325 -0,2100 -3,1
Contrat soya janvier 2023 ($ US/bu) 14,0450 14,3600 0,3100 2,2
Prix du soya/Prix du maïs 2,05 2,17    
Contrat maïs mai 2023 ($ US/bu) 6,8975 6,6550 -0,2425 -3,5
Contrat soya mai 2023 ($ US/bu) 14,1900 14,4875 0,2975 2,1
Prix du soya/Prix du maïs 2,06 2,21    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,7320 0,7486 0,0166 2,3

 

 

Marché local (FAB ferme)

Semaine du 19 sept. 2022

Semaine du 17 oct. 2022
Semaine 21 nov. 2022
Maïs - livraison récolte
     
Base $ CA/bu
1,95 2,41 2,24
Base $ US/bu
-0,27 -0,10 0
Prix $ CA/t
345 363 349
Soya - livraison novembre
     
Base $ CA/bu 5,11 5,29 4,58
Base $ US/bu 0,10 0,08 -0,24
Prix $ CA/t 731 704 694

 

FACTEURS HAUSSIERS

 

La production de blé argentin est compromise par le temps très sec qui a prévalu de juin à septembre. L’USDA a abaissé l’estimation de la récolte de blé de 2 millions de tonnes (Mt) à 15,5 Mt, comparativement à 22,2 Mt l’an passé. Cette estimation sera probablement réduite de nouveau alors que la plupart des autres prévisions sont en dessous de celles de l’USDA. Cela dit, l’impact sur le marché international sera limité puisque l’Argentine est habituellement le sixième ou septième exportateur mondial de blé.

 

La prime au risque créée par la guerre en Ukraine perdure. On le voit clairement à la Bourse de Chicago : toute escalade du conflit se traduit par un rebond immédiat des contrats à terme.

 

FACTEURS BAISSIERS

 

L’USDA a haussé légèrement les rendements du maïs et du soya américains. Le rendement du maïs passe de 171,9 à 172,3 boisseaux à l’acre (bu/a). La production augmente donc de 35 millions de boisseaux (Mbu) pour s’établir à 13 930 Mbu, soit une baisse de 7,6 % par rapport à l’an passé. Le rendement du soya passe de 49,8 à 50,2 bu/a. La production gagne 33 Mbu pour s’établir à 4 346 Mbu, soit une baisse de 2,7 % par rapport à l’an passé. Même si les augmentations des deux productions sont modestes, il n’en demeure pas moins que cette révision des chiffres est baissière, d’autant plus que le marché se demande si les rendements finaux qui seront publiés en janvier ne seront pas encore plus élevés.

 

L'accord sur les corridors maritimes ukrainiens a été renouvelé pour 120 jours à compter du 19 novembre. M. Poutine a fait durer le suspense pour le renouvellement, mais il était clair que la Russie allait accepter de le reconduire. Pour le marché des grains, c’est une nouvelle baissière, même si elle était anticipée. En effet, en octobre les exportations de grains de l’Ukraine sont quasiment revenues au niveau normal d’avant-guerre.

 

Depuis le début de l’année récolte, les ventes cumulées du maïs américain accusent un énorme retard de 17,1 Mt ou 51,8 % par rapport à l’an passé à pareille date. Le rythme très lent des ventes s’explique par une baisse de la demande chinoise et par une concurrence accrue du maïs brésilien (et dernièrement du maïs ukrainien). Par ailleurs, le faible tirant d’eau du Mississippi freine les exportations du maïs au profit du soya. Dans son rapport de novembre, l’USDA a surpris le marché en laissant inchangée la prévision des exportations américaines de maïs, alors que le marché anticipait une baisse.

 

 

À SUIVRE

En Argentine, les semis du maïs et du soya ont démarré lentement en raison du manque de précipitations, mais les pluies ont repris au cours des dernières semaines. Comme la fenêtre des semis pour ces deux grains est très large, les perspectives de ces deux récoltes ne sont pas compromises à ce stade-ci.

 

À ce jour, la météo au Brésil a été globalement favorable à une bonne progression des semis du soya, qui vont finir prochainement. Les précipitations au cours des deux prochains mois détermineront le rendement.

 

L’Australie va avoir une très grande production de blé en raison des pluies très abondantes. L’USDA a haussé son estimation de la récolte de 1,5 Mt pour la porter à un niveau quasi record de 34,5 Mt. Mais les précipitations ont été excessives dans l’est du pays, endommageant la qualité : une partie du blé sera déclassée en fourrager.

 

Le Midwest a été très sec au cours des derniers mois et le niveau d’eau du Mississippi a chuté. Le faible tirant d’eau limite le mouvement des barges, et donc le volume de grains transporté pour les exportations à partir des ports du golfe du Mexique. Cette contrainte logistique amène les exportateurs à maximiser l’utilisation des trains pour expédier les grains vers le Golfe, et surtout vers les ports de la côte ouest, particulièrement en ce qui concerne le soya à destination de la Chine.

 

La qualité du blé de l’Ouest canadien est excellente et les rendements sont bons. Au Québec, au 8 novembre le battage était presque achevé pour la fève et il était bien avancé pour le maïs (82 % vs 71 % à 76 % les deux dernières années). Selon la Tournée des Grandes Cultures, la récolte du maïs est très bonne, avec de bons rendements au-dessus de la normale, voire un record dans certains cas. Pour le soya, il y a eu quelques belles surprises côté rendement selon les commentaires reçus, mais dans l’ensemble on parle plutôt d’une grande variabilité et de rendements dans la moyenne, voire sous la moyenne. Statistique Canada publiera les estimations finales de la production le 2 décembre.

 

À la suite d’une météo très favorable, le battage particulièrement rapide du maïs et du soya en Ontario et au Québec a créé des problèmes logistiques pour la réception et le mouvement des grains : les silos étaient pleins. À un certain moment, les trois acheteurs au port de Hamilton n’affichaient plus de bases pour le maïs. La situation devrait revenir à la normale au cours des prochaines semaines. Entre-temps, la congestion a affecté les bases pour une livraison immédiate à certains endroits.

 

Après avoir nettement fléchi de la mi-juin à la mi-octobre, le huard s’est récemment redressé vis-à-vis du dollar américain. Le taux de change a un impact majeur sur les bases locales.

 

SCÉNARIO DES PRIX :  Neutre, volatil.

 

Notre scénario des prix est inchangé : il demeure neutre et volatil. Ce scénario des prix n’est pas haussier, et ce pour trois raisons. D’une part, les exportations de maïs des États-Unis ont très mal commencé l’année : le retard des ventes est énorme par rapport à l’an passé. D’autre part, le Brésil a semé une fois de plus une superficie record en soya. Si la météo demeure favorable dans l’hémisphère sud, la production brésilienne fracassera tous les records précédents. Finalement, la demande chinoise des grains est incertaine alors que l’économie ralentit fortement et que les confinements dus à la COVID-19 persistent dans certaines villes.

 

Quant à l’Ukraine, les exportations de grains sont quasiment revenues à la normale en octobre, et l’accord sur les corridors maritimes a été renouvelé. Les exportations demeureront probablement à ce niveau tant et aussi longtemps que cet accord sera en vigueur. Cependant, avec la guerre qui bat son plein, le marché des grains doit faire face à beaucoup d’incertitude et à un risque élevé.

 

 

Sur le même thème