Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - mai 2024


Publié le: 22 mai 2024

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(22 mai 2024)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 24 avril 2024
21 mai 2024
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs juillet 2024 ($ US/bu) 4,4850 4,5800 0,095 2,1
Contrat soya juillet 2024 ($ US/bu) 11,8150 12,3625 0,5475 4,6
Prix du soya/Prix du maïs 2,63 2,70    
Contrat maïs décembre 2024 ($ US/bu) 4,7275 4,8225 0,095 2,0
Contrat soya novembre 2024 ($ US/bu) 11,7450 12,1300 0,385 3,3
Prix du soya/Prix du maïs 2,48 2,52    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,7303 0,7328 0,0025 0,3

 

Marché local (FAB ferme)
Semaine du 18 mars 2024
Semaine du 15 avril 2024
Semaine du 13 mai 2024
Maïs - livraison immédiate
     
Base $ CA/bu
1,37 1,62 1,49
Base $ US/bu
-0,13 0,0 -0,14
Prix $ CA/t
225 233 242
Maïs - livraison récolte
     
Base $ CA/bu 1,40 1,48 1,60
Base $ US/bu -0,20 -0,19 -0,15
Prix $ CA/t 241 241 257
Soya - livraison récolte      
Base $ CA/bu 3,43 3,65 3,60
Base $ US/bu -0,56 -0,51 -0,56
Prix $ CAT/t 565 559 577

 

 

 

FACTEUR HAUSSIER

L’USDA a publié les premières prévisions des offres et demandes mondiales des grains pour 2024-2025. Les importations chinoises de soya sont prévues établir un nouveau record de 109 millions de tonnes (Mt), comparativement à 105 Mt en 2023-24.

 

FACTEURS BAISSIERS

 

À priori le rapport de l’USDA est baissier pour 2024-2025 puisque les prix du maïs, du soya et du blé sont prévus baisser par rapport à l’année courante.

 

Sur la base des intentions d’ensemencements, et en utilisant des rendements moyens tendanciels, on anticipe que la production américaine de soya augmente et une baisse de celle du maïs. Malgré tout, les deux types de grains devraient voir leurs stocks s'accroître en 2025.

 

L’USDA n’a presque pas abaissé l’estimation de la production brésilienne de soya de 2023-2024, qui passe de 155 Mt à 154 Mt, ce qui demeure un niveau quasi record. D’ailleurs Conab, l’agence gouvernementale brésilienne, a commencé à relever son estimation de la récolte. Comme d’habitude, il y a une incertitude quant à la superficie ensemencée, et ce même si le battage est complété depuis plusieurs semaines.

 

En date du 9 mai, les ventes américaines de soya à l’exportation pour la prochaine année totalisaient seulement 890 000 tonnes, soit le plus bas niveau en 19 ans. Certes c’est trop tôt pour tirer des conclusions, le rythme des ventes pourrait s’accélérer. Il est tout de même intéressant de noter que le programme d’exportation a très mal démarré pour 2024-2025 alors que les É.-U. prévoient que la production va augmenter de 285 millions de boisseaux (Mbu) ou 6,8 %, et que les exportations devraient s’accroitre de 125 Mbu ou 7,4 %. La demande n’ayant absolument pas ralenti, on peut en déduire que les Chinois s’approvisionnent au Brésil.

 

À SUIVRE

La progression des semis du maïs et du soya est tout à fait normale dans le Midwest.

 

Le déficit hydrique persiste dans le sud de la Russie, le « grenier à pain » du premier exportateur mondial de blé. Et les modèles météo pour les deux prochaines semaines indiquent relativement peu de précipitations pour cette région clé. Si ces prévisions météorologiques se réalisent, le rendement du blé de la Russie baissera à coup sûr. La dégradation de la situation en Russie a relancé les cours du blé à Chicago, ce qui pourrait apporter un certain soutien au prix du maïs.

 

La guerre économique entre les États-Unis et la Chine a repris : M. Biden a augmenté les tarifs douaniers sur une multitude d'importations chinoises. La Chine va répliquer. La demande chinoise de grains est record pour le soya et très bonne pour le maïs, mais c’est une demande influencée par la géopolitique. La Chine fera tout son possible pour privilégier les autres exportateurs au détriment des États-Unis.

 

Au Québec, la progression des semis du maïs et du soya a été lente dans le sud de la province durant la première moitié de mai en raison des pluies et des températures fraiches. Depuis la mi-mai, la chaleur et le beau temps ont très certainement permis des avancées notables dans les ensemencements pour les régions qui affichaient des retards.

 

Le battage de la deuxième récolte de maïs safrinha devrait commencer au début de juin au Brésil. La production de maïs est estimée à 122 Mt, ce qui serait un bon niveau quoique 15 Mt de moins que le niveau record de 2023.

 

SCÉNARIO DES PRIX  :  Neutre à baissier

 

 

Notre scénario des prix est inchangé : il demeure neutre à baissier.

 

Après la dégringolade en janvier et février, les prix locaux du maïs se sont raffermis progressivement. Cela dit, le maïs de l’est de l’Ontario continue de rentrer au Québec.

 

Pour ce qui est du marché boursier, le maïs et le soya ont atteint un plancher à la fin février. Les contrats courants à terme des deux grains ont rebondi de plus de 10 % depuis. L’évolution future dépendra en grande partie des récoltes du Midwest, maintenant que les récoltes sud-américaines sont (presque) connues.

 

Le marché mondial des grains avait paniqué en 2022 avec le déclenchement de la guerre en Ukraine. On est depuis passé à l’autre extrême : le marché est devenu complètement indifférent à ce conflit, la prime au risque a disparu à la Bourse de Chicago. L’Ukraine exporte présentement de 3 à 5 Mt de grains par mois, comparativement à 6 Mt avant-guerre.

 

Au-delà des différences d’opinions et des estimations qui varient selon les sources, la récolte brésilienne de soya est abondante, et celle du maïs safrinha s’annonce bonne. Certes, les productions baissent par rapport aux niveaux records de l’an passé, mais l’approvisionnement sera largement suffisant pour alimenter le marché mondial.

 

Notre recommandation est inchangée : dans un contexte incertain et qui pourrait devenir plus négatif, les producteurs sont toujours avisés de suivre le marché de très près et de profiter d’éventuels rebonds boursiers pour fermer des prix.

 

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