Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Janvier 2023


Publié le: 24 janvier 2023

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(24 janvier 2023)

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Bourse 23 nov. 2022
23 jan. 2023
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs mars 2023 ($ US/bu) 6,6625 6,6625 0 0
Contrat soya mars 2023 ($ US/bu) 14,42 14,9025 0,4825 3,3
Prix du soya/Prix du maïs 2,16 2,24    
Contrat maïs décembre 2023 ($ US/bu) 6,0850 5,8600 -0,2250 -3,7
Contrat soya novembre 2023 ($ US/bu) 13,7775 13,3950 -0,3825 -2,8
Prix du soya/Prix du maïs 2,26 2,29    
Taux de change ($ US / $ CA) 0,7486 0,7471 -0,0015 -0,2

 

 

Marché local (FAB ferme)
Semaine du 21 nov. 2022
Semaine 16 janv. 2023
Maïs - livraison immédiate
   
Base $ CA/bu
2,15 2,31
Base $ US/bu
-0,06 -0,01
Prix $ CA/t
345 359
Soya - livraison immédiate    
Base $ CA/bu 4,86 5,59
Base $ US/bu 0,00 0,27
Prix $ CA/t 706 767
Soya - livraison récolte 2023
   
Base $ CA/bu 4,28 4,18
Base $ US/bu -0,28 -0,40
Prix $ CA/t 663 664

 

FACTEURS HAUSSIERS

 

Dans son rapport de janvier, l’USDA a dévoilé les estimations finales des productions américaines de maïs et de soya : toutes les deux sont en baisse par rapport aux prévisions précédentes. La production de maïs est de 13,73 milliards de boisseaux (Gbu), soit 200 millions de boisseaux (Mbu) de moins que le mois passé, comparativement à 15,07 Gbu en 2021. La production de soya est de 4,28 Gbu, en baisse de 70 Mbu par rapport à décembre, comparativement à 4,47 Gbu en 2021.

 

La saison a vraiment mal démarré en Argentine à cause de la sécheresse qui a frappé le pays au cours des derniers mois de 2022. Les semis ont été retardés et l’état des cultures est médiocre, ce qui a apporté un soutien à la Bourse de Chicago. Dans son rapport de janvier, l’USDA a abaissé les estimations des récoltes de maïs et de soya de 3 et 4 millions de tonnes (Mt), respectivement. Cela dit, on ne parle pas de catastrophe : la production de maïs est maintenant prévue atteindre 52 Mt, vs 49,5 Mt l’an passé ; celle du soya est prévue s’établir à 45,5 Mt, vs 43,9 Mt en 2022. Contrairement au Brésil, la saison des cultures est très étendue en Argentine, et les récoltes pourraient encore s’en tirer sans trop de mal si la météo s’améliore. D’ailleurs les précipitations se sont accrues depuis la mi-janvier.

 

La prime au risque créée par la guerre en Ukraine perdure. On le voit clairement à la Bourse de Chicago : toute escalade du conflit se traduit par un rebond immédiat des contrats à terme.

 

 

FACTEURS BAISSIERS

 

Malgré les retards d’inspection, l’accord sur les corridors maritimes permet à l’Ukraine d’exporter des volumes de grains très substantiels. L’accord a été renouvelé pour 120 jours à compter du 19 novembre. Les exportations de grains de l’Ukraine sont quasiment revenues au niveau normal d’avant-guerre.

 

Depuis le début de l’année récolte, les ventes cumulées du maïs américain accusent un très grand retard de 45,6 % par rapport à l’an passé à pareille date. Le rythme très lent des ventes s’explique par une baisse de la demande chinoise et par une forte concurrence du maïs brésilien (et dernièrement du maïs ukrainien). Par ailleurs, le faible tirant d’eau du Mississippi a freiné les exportations du maïs au profit du soya en automne. L’USDA a abaissé la prévision des exportations américaines de maïs de 150 Mbu à 1925 Mbu, comparativement à 2471 Mbu en 2021-2022.

 

Même si l’année de commercialisation du maïs brésilien est sur le point de s’achever, les exportations du Brésil sont prévues atteindre un niveau record de 5,2 Mt en janvier. Bénéficiant d’une production record, le Brésil pourrait surprendre le marché par des ventes plus élevées que prévu, d’autant plus que le maïs brésilien vient de rentrer en force sur le marché chinois.

 

Contrairement à l’Argentine, la saison du soya a été excellente au Brésil, à l’exception de l’extrême sud-est du pays qui a manqué d’eau. Le rendement de la fève brésilienne est quasiment assuré à ce stade-ci. L’USDA a haussé d’un million de tonnes l’estimation de la production pour la porter à un niveau record de 153 Mt.

 

 

À SUIVRE

Une certaine incertitude entoure la demande chinoise de grains, d’autant plus que la situation de la Covid a complètement changé en décembre avec la levée de toutes les restrictions sanitaires et la propagation fulgurante du virus à travers le pays. Les importations de maïs sont estimées à 18 Mt, comparativement à 21,9 Mt l’an passé et 29,5 Mt en 2020-2021. Les importations de soya ont été abaissées de 2 Mt à 96 Mt, vs 91,6 Mt l’an passé et 99,7 Mt en 2020-2021.

 

La production de maïs du Québec est somme toute assez modeste cette année avec 3,56 Mt. On aurait un surplus d’un peu plus d’un demi-million de tonnes qui pourra être exporté sans problème aux États-Unis et en Europe. Cependant, la demande locale de maïs pour l’alimentation animale suscite des interrogations. En effet, l’industrie porcine va mal et les producteurs pourraient être tentés de limiter l’engraissement des animaux pour contrôler les coûts de la moulée. Si la demande de grains du secteur animal baisse, cela se traduira par une hausse équivalente du surplus de maïs.

 

Le huard est relativement stable depuis trois mois, fluctuant autour de 0,74 $ US.

 

 

SCÉNARIO DES PRIX :  Neutre, volatil.

 

Notre scénario des prix est inchangé : il demeure neutre et volatil. Plusieurs facteurs sont à surveiller. D’abord les récoltes sud-américaines. Le Brésil aura-t-il une récolte record de soya ? La production argentine de maïs et de soya sera-t-elle médiocre, ou la reprise des pluies amorcée depuis une semaine se poursuivra-t-elle et sauvera-t-elle les cultures ?

 

Par ailleurs, le rythme des exportations de maïs des États-Unis accuse toujours un retard considérable par rapport à l’an passé. Le maïs brésilien devrait amorcer sa sortie du marché à partir de février, mais la Chine sera-t-elle là pour le maïs américain ? La demande chinoise des grains semble incertaine alors que le gouvernement a levé toutes les restrictions en lien avec la Covid et que le virus s’est propagé à travers la population.

 

Quant à l’Ukraine, les exportations de grains sont revenues à un niveau proche de la normale grâce à l’accord sur les corridors maritimes qui a été renouvelé en novembre. Les exportations demeureront probablement à ce niveau tant et aussi longtemps que cet accord sera en vigueur. Cependant, avec la guerre qui bat son plein, le marché des grains doit faire face à beaucoup d’incertitude et à un risque élevé.

 

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