L'Hebdo

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L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d'information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 22 au 26 avril 2024

 

Date de publication : Le 29 avril mars 2024 

 

 

Les contrats à terme du blé se sont nettement appréciés au cours des derniers jours. Pourquoi? Plusieurs réponses sont apportées. Une des explications est que la hausse serait due aux conditions sèches dans certaines régions du Midwest et de la Russie où pousse le blé d’automne. Pour d’autres observateurs, il s’agirait plutôt du contexte géopolitique – la guerre en Ukraine va probablement s’intensifier maintenant que le Congrès américain a approuvé une aide militaire massive à Kiev. Enfin, d’autres analystes pensent qu’il s’agit tout simplement d’une poussée spéculative. À suivre…

 

Les ensemencements ont bien démarré aux États-Unis grâce à une météo favorable. Selon l’état des cultures de l’USDA et comparativement à la moyenne quinquennale, les semis aux États-Unis sont complétés à 12 % pour le maïs (+2 %), 8 % pour le soya (+4 %) et 15 % pour le blé de printemps (+5 %). La condition du blé d’automne a diminué de 5 % cette semaine pour se situer à 50 % en bonne ou excellente condition.

 

Les ventes hebdomadaires américaines à l'exportation sont bonnes pour le maïs, conformes aux attentes pour le blé et décevantes pour la fève. Pour 2023-2024 et 2024-2025, elles se sont établies à 331 000 tonnes (t) de soya, 454 000 tde blé et 1,56 million de tonnes (Mt) de maïs. Par rapport à l’an passé, les ventes cumulées depuis le début de l’année récolte sont en avance de 0,7 % pour le blé et de 19,6 % pour le maïs. Elles sont en retard de 17,7 % pour le soya alors que l’USDA prévoit une baisse de 14,7 % des exportations en 2023-2024.

 

Les exportations hebdomadaires américaines sont très bonnes pour le maïs; elles sont conformes aux attentes pour le blé et le soya. Elles se sont établies à 435 000 t de soya, 450 000 t de blé et 1,62 Mt de maïs. Par rapport à 2022-2023, les ventes cumulées depuis le début de l’année récolte sont en avance de 35,5 % pour le maïs; elles sont en retard de 8,1 % pour le blé et de 18,2 % pour le soya.

 

En Ukraine, les semis accusent un retard d’environ 20 % par rapport à 2023 à cause de pluies torrentielles dans la plupart des régions. Les superficies de maïs devraient être réduites de 4,5 % comparativement à 2023. Le ministère de l’Agriculture estime les récoltes à 27 Mt de maïs et 19 Mt de blé alors qu’elles étaient respectivement à 30,5 Mt et 22,2 Mt l’an passé. Argus Media anticipe la récolte de blé ukrainienne à 19,9 Mt, en raison d’une baisse des superficies ensemencées en céréales en partie compensée par un bon rendement. Les producteurs ukrainiens préfèreraient des cultures plus rentables à l’hectare comme les oléagineux.

 

Depuis le 1er juillet, l’Ukraine a exporté 40 Mt de grains, comparativement à 40,7 Mt l’an passé, incluant 22 Mt de maïs, 15,2 Mt de blé et 2,2 Mt d’orge. Les exportations se sont accélérées depuis le début de l’année : ce mois-ci, les exportations ont déjà totalisé 4,9 Mt.

 

La production hebdomadaire américaine d’éthanol a de nouveau chuté : elle s’est établie à 954 000 barils par jour, en baisse de 29 000 barils par jour. Les inventaires ont diminué de 347 000 barils, atteignant 25,73 millions de barils.

 

En Argentine, le battage est complété à 17 % pour le maïs (vs la moyenne de 32 %) et à 14 % pour le soya (vs 36 %). Les pluies retardent la récolte.

 

Le Bureau de la concurrence du Canada a publié un rapport exposant des préoccupations sensibles quant à l’acquisition de Viterra par Bunge. Le Bureau a déterminé que la transaction aurait vraisemblablement pour effet de nuire à la concurrence dans des marchés pour l’achat de grains dans l’Ouest canadien, ainsi que pour la vente d’huile de canola dans l’Est du Canada. Le Bureau a également constaté que Bunge pourrait influencer concrètement le comportement économique de G3, un concurrent majeur de Viterra, étant donné que Bunge a accès à des renseignements confidentiels de nature délicate sur le plan de la concurrence de G3.

 

Le Service d’information sur les marchés des PGQ a émis les premières offre et demande de maïs du Québec pour 2024-2025. Le portrait qui se dégage est plutôt négatif, avec un alourdissement des stocks en 2025. Cela dit, il faut souligner que cet exercice est très préliminaire. Au niveau de la production, la superficie provient des intentions d’ensemencements de Statistique Canada publiées le mois passé, soit une hausse de 19 500 ha ou de 5 % par rapport à 2023. Le rendement utilisé, 9,6 tonnes l’hectare (t/ha) vs 9,3 t/ha l’an passé, est la moyenne provinciale des trois dernières années. Le résultat est une production de maïs de 3,65 Mt, en hausse de 310 000 t ou de 9 %. Le portrait commencera à se préciser lorsqu’on aura la superficie réellement ensemencée à la fin juin.

 

Pour livraison immédiate, les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 1,64 $ CA/bu et ont terminé à 1,46 $ CA/bu; celles du soya ont débuté à 3,84 $ CA/bu et ont fini à 4,37 $ CA/bu. Pour livraison à la récolte, les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 1,43 $ CA/bu et ont terminé à 1,48 $ CA/bu; les bases du soya se sont établies à 3,17 $ CA/bu le lundi et à 3,39 $ CA/bu le vendredi.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago (source Reuters)

 

 

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