L'Hebdo

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L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d'information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 18 au 22 mai 2020

Date de publication : Le 25 mai 2020

 

Contrairement à l’an passé, le temps sec favorise des semis très rapides du maïs et du soya partout en Amérique du Nord. Aux États-Unis, au 17 mai, les ensemencements étaient complétés à 80 % pour le maïs (versus la moyenne de 67 %), à 53 % pour le soya (vs 38 %) et à 60 % pour le blé de printemps (80 %). Quelque 52 % du blé d’automne était en bonne ou excellente condition, en baisse de 1 % par rapport à la semaine précédente. Par ailleurs, les prévisions météo du Midwest sont favorables pour les cultures, aussi bien à court terme qu’à long terme. On observe aussi un démarrage rapide des semis au Québec : au 12 mai, ils étaient complétés à 66 % pour le maïs, à 50 % pour le blé, à 32 % pour le soya, à 25 % pour l'orge, à 24 % pour l'avoine et à 1 % pour le canola. Compte tenu du temps chaud et ensoleillé des derniers jours, les semis se sont probablement poursuivis rapidement. La seule ombre au tableau commence à être le manque de pluie dans le sud de la province : le déficit hydrique est préoccupant, mais il n’est pas encore inquiétant.

 

La production d’éthanol continue de se redresser aux États-Unis, et ce pour la troisième semaine d’affilée, mais elle demeure bien en deçà de la normale. La production hebdomadaire a atteint 663 000 barils/jour, une hausse de 46 000 barils/jour, alors que la normale était de 1 million de barils/jour. Les inventaires ont poursuivi leur baisse et se sont établis à 23,6 millions de barils; une diminution de 564 000 barils. La bonne nouvelle est qu’avec le déconfinement qui commence progressivement à se généraliser, l’activité économique et la demande d’énergie reprennent de la vigueur. La mauvaise nouvelle est qu’on est encore loin d’un retour à la normale. Ce dernier prendra plus ou moins de temps en fonction de l’évolution de la pandémie et de la sévérité des dommages économiques causés par celle-ci.

 

Les ventes hebdomadaires américaines de grains à l’exportation ont été conformes aux attentes. Pour les années récolte 2019-2020 et 2020-2021, elles ont totalisé 1,67 million de tonnes (Mt) de soya, 854 803 tonnes de maïs et 428 187 tonnes de blé (737 000 t de soya étaient destinées à la Chine). Il faut souligner que les ventes cumulées de maïs et de soya pour l’année en cours accusent toujours un retard important par rapport à l’an passé, de l’ordre de 7,86 Mt pour le maïs et de 4,26 Mt pour la fève.

 

La pluie de milliards de dollars en aides et programmes de soutien de toutes sortes continue pour les producteurs agricoles américains. La Maison-Blanche a dévoilé un nouveau programme de soutien agricole pour les pertes liées à la COVID-19. Les cultures admissibles sont les suivantes : maïs, soya, canola, orge brassicole, avoine, coton, sorgho, millet, tournesol, blé durum et blé roux de printemps. Toutes les modalités ne sont pas encore connues, mais ce qu’il faut retenir, c’est que le producteur agricole américain est de plus en plus à l’abri des aléas du marché, et que ses intentions d’ensemencement sont donc de moins en moins affectées par le prix du marché. Il est donc fort probable que les intentions d’ensemencement n’aient pas été affectées par les mouvements boursiers des dernières semaines, alors que le contrat courant du maïs a frôlé la barre des 3 $ le boisseau. En d’autres mots, il y a de fortes chances que les producteurs américains soient bel et bien en train de semer 97 millions d’acres de maïs.

 

On note une dégradation de la relation entre Pékin et Washington. Le président Trump a d’abord désigné la Chine comme étant le responsable d’une « tuerie de masse », faisant référence aux pertes humaines dues à la COVID-19. Par la suite, il a autorisé la vente d’armes militaires à Taïwan, alors que Pékin a déclaré à plusieurs reprises que ce type d’action était une violation de sa souveraineté. Finalement, M. Trump a promis une réaction prompte si la Chine imposait une loi sur la sécurité nationale à Hong Kong. Il faut mettre tout cela dans le contexte où le coronavirus, issu de la Chine, fait des ravages mondiaux : tôt ou tard, la Chine devra se soumettre à une enquête exhaustive quant aux origines de cette pandémie catastrophique.

 

Les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 2,13 $ CA/bu pour livraison immédiate et à 1,64 $ CA/bu pour livraison à la récolte; les bases étaient inchangées le vendredi pour les deux périodes. Les bases du soya pour livraison immédiate ont commencé la semaine à 3,35 $ CA/bu et l’ont finie à 3,29 $ CA/bu.

 

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soja à la Bourse de Chicago

Source  : REUTERS

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