L'Écho-Marché - Mars 2020


Publié le: 03 février 2020

L'Écho-Marché

 

L'Écho-Marché est le bulletin mensuel du Service d’information sur les marchés. Il fait le point sur les événements du mois qui ont fait réagir le marché des grains. Il est publié le premier jour ouvrable de chaque mois.


Dernière édition : Mars 2020

Date de publication : 1er avril  2020

 

LE RAPPORT MENSUEL DE l’USDA SUR L'OFFRE ET LA DEMANDE

Le rapport du mois de mars de l’USDA sur les offres et demandes mondiales de grains est pratiquement une copie conforme de celui de février.

Aux États-Unis, les prix moyens du maïs et du soya sont abaissés de 0,05 $/bu pour s’établir à 3,80 $/bu et 8,70 $/bu, respectivement. À l’international, les estimations de la production de soya au Brésil ainsi qu’en Argentine ont gagné chacune 1 million de tonnes (Mt), ce qui reflète les bonnes conditions météo des derniers mois et la moisson en cours. La production brésilienne de la fève devrait atteindre un niveau record de 126 Mt. Quant au maïs, les exportations de l’Ukraine ont été redressées de 1 Mt.

Pour ce qui est du blé, les exportations se sont accrues de 500 000 tonnes en Argentine et de 1 Mt en Russie, ces deux pays bénéficiant de récoltes abondantes et d’une monnaie dévaluée. Par contre, les exportations de blé du Canada ont fléchi de 500 000 tonnes pour tenir compte des problèmes logistiques liés au transport ferroviaire.

 


 * Estimations ** Prévisions

Source: USDA - 10 mars 2020

 

LE CORONAVIRUS ET LES GRAINS

Les gouvernements occidentaux ont pris diverses mesures de confinement. Ils en sont au début, tandis que la Chine semble en arriver à la fin. Du côté des marchés boursiers, les grains ont fléchi lors des premiers jours de confinement. Par la suite, le soya a récupéré une partie de ses pertes en raison des craintes face à la COVID-19 en Amérique du Sud, et le blé s’est redressé grâce à une hausse de la demande pour les produits non périssables, comme les pâtes et la farine. Dans le cas du blé, cette demande est ponctuelle, car elle concerne l’entreposage.

Le prix du maïs n’a pas suivi ce mouvement : il suit celui de l’éthanol, qui est influencé par le prix du baril de pétrole brut. Or, ce dernier s’est effondré à cause de la baisse de la demande mondiale ainsi que de la guerre de production entre l’Arabie saoudite et la Russie. Par conséquent, le prix de ces deux hydrocarbures a touché un creux historique jamais atteint en Bourse depuis 2002, en ce qui concerne le pétrole brut, et 2005 pour de qui est de l’éthanol, soit lors de l’entrée en Bourse de ce biocarburant. Les usines d’éthanol des États-Unis éprouvent donc de sérieuses difficultés, déjà qu’elles avaient été durement frappées par les nombreuses exemptions accordées par l’EPA, et la demande de maïs pour l’éthanol s’est maintenant fortement abaissée.

 

LE COVID-19 ET L'ÉCONOMIE

D'autre part, les devises étrangères se sont écroulées depuis le début de 2020 en raison de la COVID-19 : la devise nationale s'est dépréciée de 19 % au Brésil, de 7 % en Argentine, de 20 % au Mexique, de 21 % en Russie et de 14 % en Ukraine. Les banques centrales des pays occidentaux ont déployé des moyens pour minimiser l’impact économique du virus, notamment par la réduction du taux directeur. La Réserve fédérale des États-Unis a abaissé le sien de 1,5 % en mars, pour l’établir à 0,25 %. Les économistes se questionnent à savoir si la COVID-19 sera l’élément déclencheur qui plongera la planète en récession, mettant ainsi fin à un long cycle de croissance économique depuis la dernière récession de 2008.

En plus de s’attaquer aux marchés, la COVID-19 a détérioré la relation entre les États-Unis et la Chine. Le président américain, qui avait nié l’importance du coronavirus, a changé son fusil d’épaule, s’imposant comme un chef de guerre contre l’ennemi invisible qu’est la COVID-19 et accusant la Chine de ne pas l’avoir averti plus tôt de la progression du virus. D’ailleurs, plusieurs diplomates chinois ont reproché à Trump et son entourage politique d’être racistes parce qu’ils utilisent la formule « virus chinois » pour parler du COVID-19. Ces diplomates ont de plus pointé du doigt l’armée américaine comme étant à l’origine du virus, et ont menacé les États-Unis de représailles. Dans les faits, Washington et Pékin sont tous deux critiqués pour leur mauvaise gestion de la crise et l’un comme l’autre s'appliquent à contrôler le discours narratif des événements pour redorer leur image au sein de leur population respective.

 

LES INTENTIONS D'ENSEMENCEMENT AUX ÉTATS-UNIS

Le 31 mars, l’USDA dévoilait les intentions d’ensemencement aux États-Unis. Celles-ci sont évaluées à 97 millions d’acres (Ma) de maïs (le plus haut niveau depuis 2012), 83,5 Ma de soya et 44,7 Ma de blé. Comparativement aux projections lors de l’Outlook en février, cela représente une augmentation de 2 Ma pour le maïs, ainsi qu’une baisse de 1,5 Ma pour le soya et de 0,3 Ma pour le blé. La hausse des superficies du maïs est difficile à comprendre dans un contexte de faible demande pour l’éthanol. En fait, l’enquête de l’USDA a été réalisée durant les deux premières semaines de mars, et depuis, bien des choses ont changé : au début mars, le contrat à terme de décembre du maïs était à 3,77 $ US/bu et le baril de pétrole brut s’évaluait à près de 45 $ en Bourse. Il y a fort à parier que les producteurs américains sèmeront moins de maïs que les 97 Ma estimés par l’USDA.

 

L'ÉTAT DES RÉCOLTES EN AMÉRIQUE DU SUD

En date du 20 mars, au Brésil, la récolte de soya était complétée à 70 %, ce qui représente une légère avance par rapport à la moyenne. En mars, le nord du Brésil a continué de recevoir des quantités appréciables de pluie, alors que le sud s’est asséché. Certaines analyses réduisent les estimations de la production de soya, mais celle-ci demeure un record absolu. Les estimations pour le maïs sont en hausse, malgré le temps plus sec, car les producteurs ont été incités à en semer davantage grâce à la diminution de la devise brésilienne, qui a touché son plus faible niveau en 26 ans.

En Argentine, la récolte de maïs serait complétée à 14 %. Les récentes pluies sont arrivées trop tardivement pour le soya semé en début de saison, mais risquent d’être à point pour le soya semé plus tard.

Le coronavirus n’a pas épargné l’Amérique du Sud, mais les deux principaux pays dans la production de grains y ont réagi très différemment. En Argentine, le gouvernement a appelé au confinement et a limité le transport des marchandises pour ne permettre que les activités essentielles, ce qui inclut l’agriculture. Par contre, il semble y avoir une confusion en ce qui a trait aux terminaux de grains. Les municipalités bloquent l’accès à certains ports pour éviter la propagation du virus. Au Brésil, le président Bolsonaro vit dans le déni le plus complet. Il a dénoncé les mesures de confinement ordonnées dans certains États et municipalités, et encourage sa population à retourner au travail afin de ne pas ralentir l’économie. Si la situation dégénère en Amérique du Sud, cela causera une remontée du prix du soya et du maïs, faisant des États-Unis le principal fournisseur de ces grains sur la scène internationale.

 

LES BASES LOCALES

Le prix du baril de pétrole brut s’étant écroulé en Bourse, le huard a également plongé, passant sous la barre des 69 cents. La Banque du Canada a réduit son taux directeur à trois reprises durant le mois de mars, ce qui correspond à une baisse de 1,5 %; il se situe actuellement à 0,25 %, comme aux États-Unis. De plus, le gouvernement fédéral a proposé des mesures pour aider les ménages canadiens à passer au travers de cette crise. Ces interventions ont permis de redresser le huard, qui s’évalue aux environs de 0,71 $ US.

Étant donné les fortes fluctuations du dollar canadien et des contrats à terme, il semble plus juste d’analyser l’évolution des prix que celle des bases. Pour une livraison immédiate, le prix du maïs s’est déprécié de 2 $/tonne ($/t), tandis que celui du soya s’est raffermi de 8 $/t grâce à la pénurie de tourteau de soya au Québec causé par le blocus ferroviaire : ils se retrouvent alors à 233 et 449 $/t, respectivement. Pour livraison à la récolte, le prix s’est élevé de 1 $/t pour le maïs de 8 $/t pour le soya, pour s’établir respectivement à 213 et 448 $/t.

 

 


LES PRIX LOCAUX

Le tableau et le graphique suivants présentent l'évolution du prix au comptant du maïs et du soya par période de livraison.

1- MAÏS ET SOYA

 Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er avril 2020



 SourceMarché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er avril 2020

 

2- CÉRÉALES

Le tableau suivant indique l’évolution du prix courant des céréales et de celui du canola au cours des derniers mois. En consultant directement les diffusions du marché local, vous pourrez observer les prix minimums et les maximums.

Évolution du prix courant des céréales et du canola par mois

Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er avril 2020


 

Rapports à surveiller en avril:

 


 

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