Publié le: 01 juillet 2020

L'Écho-Marché

 

L'Écho-Marché est le bulletin mensuel du Service d’information sur les marchés. Il fait le point sur les événements du mois qui ont fait réagir le marché des grains. Il est publié le premier jour ouvrable de chaque mois.


Dernière édition : Juin 2020

Date de publication : 1er juillet 2020

 

LE RAPPORT MENSUEL DE l’USDA SUR L'OFFRE ET LA DEMANDE

Le rapport de l’USDA sur l’offre et la demande dans le secteur des grains est neutre et sans surprises. Celui-ci s’est davantage concentré sur l’année récolte 2019-2020, car historiquement, l’USDA ne révise ses estimations du rendement américain du maïs et du soya de l'année courante qu'en août. Les estimations de la présente année récolte sont toutefois de plus en plus précises, car celle-ci est pratiquement terminée.

Maïs

Pour le maïs aux États-Unis en 2019-2020, l’USDA a réduit les superficies récoltées et le rendement, de sorte que la production a été abaissée de 46 millions de boisseaux (Mbu). La demande en éthanol a faibli de 50 Mbu à la suite des données de mai et du début juin provenant de l’Agence américaine d’information sur l’énergie. Par conséquent, les stocks de fin ont été redressés de 5 Mbu pour 2019-2020 et 2020-2021. Le prix moyen pour 2020-2021 est demeuré à 3,20 $ US/bu. Au niveau mondial, il n’y a que quelques changements bénins et les stocks mondiaux devraient fléchir de 1,75 million de tonnes (Mt) en 2020-2021.

Soya

En ce qui a trait au soya aux États-Unis en 2019-2020, la récolte a reculé de 5 Mbu en raison d’une révision à la baisse de la production au Dakota du Nord. La demande pour la trituration s’est élevée de 15 Mbu et les exportations ont fléchi de 25 Mbu. Les stocks de fin pour 2019-2020 sont alors renforcés de 5 Mbu. Pour 2020-2021, la demande pour la trituration est également augmentée, soit de 15 Mbu. Les stocks de fin sont ainsi abaissés de 10 Mbu pour se situer à 395 Mbu. Le prix moyen est inchangé par rapport au mois dernier, à 8,20 $ US/bu. À l’international, on note une croissance des importations chinoises de 2 Mt en 2019-2020, pour les établir à 94 Mt. Les stocks finaux pour 2020-2021 ont été réduits de 2,05 Mt.

Blé

Du côté du blé aux États-Unis, on note une diminution des exportations de 5 Mbu en 2019-2020, et donc une augmentation des stocks de fin de cette même quantité. Pour 2020-2021, le rendement du blé a été redressé de 0,3 boisseau à l’acre et la production a été renforcée de 11 Mbu. Par conséquent, les stocks de fin ont été relevés de 16 Mbu pour s’établir à 925 Mbu. Le prix moyen est identique à celui du mois passé, à 4,60 $ US/bu. Sur l’échiquier mondial, l'augmentation de 4,18 Mt de la récolte indienne est particulièrement frappante; ce qui en fait une production record en 2020-2021. On note également une hausse de la récolte de 2 Mt en Australie et de 1 Mt en Chine, tandis qu’on décèle une baisse de la production de 2 Mt en Union européenne et de 1,5 Mt en Ukraine, en raison du temps sec durant la saison. Finalement, les stocks mondiaux se sont accrus de 5,97 Mt, ce qui les situe à 316,09 Mt, en raison principalement de la croissance des stocks de 3,68 Mt en Inde.

 


 * Estimations ** Prévisions

Source: USDA - 11 juin 2020

 


 

 

L'ÉTHANOL AUX ÉTATS-UNIS

La production d’éthanol a récupéré une bonne partie des pertes engendrées depuis le début du confinement. Avant cet événement, la production d’éthanol atteignait près de 1 million de barils par jour, et à la fin juin, elle se retrouve à 893 000 barils par jour. Cette reprise de la production s’accompagne également d'un déclin des stocks. Pendant le confinement, les stocks ont atteint leur apogée à 27,69 millions de barils à la mi-avril, alors qu’elle est de 21,03 millions de barils à la fin juin. Le secteur de l’éthanol se porte beaucoup mieux, alors que le déconfinement n’est pas encore complet, ce qui laisse croire à une bonne demande pour le maïs en 2020-2021… à moins d’un retour au confinement.

 

LA RELATION ENTRE WASHINGTON ET PÉKIN

Les relations entre les deux grandes puissances mondiales se sont détériorées davantage en juin. Toutefois, les États-Unis ont répliqué faiblement au projet de loi chinois visant à interdire toute critique de Hong Kong vis-à-vis de Pékin. Cette faible riposte va de pair avec la stratégie politique de Donald Trump. Ce président est concentré sur sa réélection en novembre prochain et il est tiraillé entre sa volonté d’être inflexible face à la Chine et son désir qu’elle achète des produits agricoles américains afin de ravir le vote des agriculteurs. Par ailleurs, à la veille de l’anniversaire de la remise de Hong Kong à la Chine, Pékin a adopté cette loi controversée.

La Chine a continué d’acheter de la fève américaine, car elle est maintenant plus abordable que celle du Brésil. Cependant, Pékin a demandé aux exportateurs de signer une déclaration attestant que leurs produits agricoles ne contiennent pas le coronavirus. Cette montée des mesures sanitaires s’est faite à la suite de la résurgence du virus à Pékin. Or, la plupart des autorités internationales ont certifié qu’aucune évidence n'avait démontré le risque de transmission du virus à l'être humain à partir de la nourriture.

 

LA RÉCOLTE BRÉSILIENNE DE MAÏS SAFRINHA

En date du 19 juin, la récolte brésilienne de maïs safrinha serait complétée à 8 %. Toutefois, on note des écarts importants selon les États. Elle serait terminée à 16 % au Mato Grosso et à 4 % au Paraná, qui représentent respectivement le premier et le deuxième État en importance pour cette culture. De plus, le prix de la fève s’est apprécié en juin en raison de la remontée du réal.

 

SUPERFICIES ENSEMENCÉES AUX ÉTATS-UNIS

Les intentions d’ensemencement, publiées en mars, prévoyaient pour 2020 un fort rebond des superficies de maïs et de soya, tandis que celles de blé étaient censées chuter à un creux historique. Par rapport aux prévisions de mars, les ensemencements aux États-Unis pour 2020 sont de 92 millions d’acres (Ma) pour le maïs (-5 Ma), de 83,8 Ma pour le soya (+0,3 Ma) et de 44,3 Ma pour le blé (-0,4 Ma). Le déclin du maïs est particulièrement frappant, car, d’une part, la différence entre les intentions d’ensemencement et les données finales est rarement aussi marquée et d’autre part, les conditions météo de ce printemps ont été favorables aux semis de maïs qui ont été effectués rapidement.

 

SUPERFICIES ENSEMENCÉES AU CANADA

L’agence fédérale prévoyait le mois passé une hausse des superficies du maïs et des céréales aux dépens des oléagineux, le soya et le canola. Or, on parle maintenant de baisses des superficies de maïs dans les deux provinces, particulièrement au Québec : on note un déclin de 6 % dans la Belle Province et de 1 % en Ontario par rapport à l’an passé. Au Québec, les superficies ensemencées en céréales ont toutes augmenté : de 29 % pour le blé, de 12 % pour l’avoine et de 3 % pour l’orge. D’ailleurs, le blé a fracassé le précédent record établi en 2016. Les producteurs auraient réagi aux prix élevés payés par le marché, particulièrement pour le blé fourrager. Pour ce qui est des oléagineux, les superficies sont toujours en déclin comparativement à l’année dernière : on note une diminution de 2 % pour le soya et de 7 % pour le canola.

À l’échelle canadienne, le rapport de Statistique Canada confirme l’engouement pour les céréales : les superficies augmentent de 1 % pour le blé, de 1 % pour l’orge et de 6 % pour l’avoine. Or, celles des oléagineux sont en baisse de 1 % pour le canola et de 11 % pour le soya. La superficie de la fève est en recul partout, particulièrement dans l’Ouest canadien où elle est en chute libre depuis trois ans. La culture du soya dans les Prairies a connu de sérieux problèmes de qualité et de rendement au cours des dernières récoltes, d’autant plus que les prix se sont affaiblis et que l’accès au marché chinois est bloqué depuis l’an passé.

 

Superficies ensemencées au Canada et au Québec:

 Source: Statistique Canada

 

LE MARCHÉ LOCAL

Le dollar canadien s’est raffermi de près de 0,01 $ US en juin en raison d’une confiance des investisseurs envers l’économie au fur et à mesure que les gouvernements ont annoncé le déconfinement. Ceci a donc nui aux valeurs des bases en dollars canadiens. Les bases du maïs en dollars américains pour une livraison immédiate se sont stabilisées, alors que celles pour une livraison à la récolte se sont renforcées : elles sont établies respectivement à 0,61 et 0,37 $ US/bu. Les bases du soya en dollars américains se sont améliorées tant pour une livraison immédiate que pour une livraison à la récolte : en juin, elles se situent respectivement à 0,05 et -0,12 $ US/bu.

 


LES PRIX LOCAUX

Le tableau et le graphique suivants présentent l'évolution du prix au comptant du maïs et du soya par période de livraison.

1- MAÏS ET SOYA

 Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er juillet 2020



 SourceMarché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er juillet 2020

 

2- CÉRÉALES

Le tableau suivant indique l’évolution du prix courant des céréales et de celui du canola au cours des derniers mois. En consultant directement les diffusions du marché local, vous pourrez observer les prix minimums et les maximums.

Évolution du prix courant des céréales et du canola par mois

Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er juillet 2020


 

Rapports à surveiller en juillet:


 

Service de l'information sur les marchés

Téléphone: 450 679-0540

 

 

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