Abolition de l’ASRA pour les producteurs de maïs-grain et de soya

Longueuil, le 4 juillet 2016 — Le conseil d’administration de La Financière agricole du Québec (FADQ), réuni en séance extraordinaire la semaine dernière, a mis fin au programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) pour les productions de maïs-grain et de soya. Bien que la FADQ indique avoir respecté le choix des producteurs concernés, les Producteurs de grains du Québec considèrent que cette décision repose sur un faux choix dont les conséquences seront sérieuses pour l’avenir de la production de grains au Québec.

« La Financière agricole s’est limitée aux résultats des consultations menées auprès des producteurs de soya et de maïs clients de l’ASRA pour prendre une telle décision, sans tenir compte de l’ensemble des besoins exprimés par le secteur depuis 2007, indique Christian Overbeek, président des Producteurs de grains du Québec. Le ministre de l’Agriculture et le gouvernement du Québec ont privilégié une vision à court terme, teintée d’enjeux budgétaires. C’est un jour triste pour l’agriculture. »

Un gouvernement qui a à cœur de voir prospérer son agriculture et de développer sa souveraineté alimentaire se doit d’être à l’écoute et de soutenir ses agriculteurs dans leurs nombreux défis. Contrairement à ses homologues américains et européens, le ministre de l’Agriculture du Québec n’a pas voulu donner toute la vision nécessaire à une bonne politique agricole, et compromet ainsi la capacité du secteur des grains à répondre aux défis de la croissance des besoins alimentaires et de la production durable. Le secteur des grains doit faire face à de nombreux risques, notamment ceux associés aux compétiteurs internationaux, qui ont la chance de bénéficier de généreuses politiques agricoles, ce qui mine grandement la compétitivité des producteurs de grains québécois et, conséquemment, celle de l’ensemble de l’industrie agroalimentaire.

L’accès à un programme qui a comme référence le coût de production et qui permet de combler les pertes lorsque le marché tombe dans un cycle de bas prix est un élément essentiel d’une bonne politique agricole. Une telle politique doit aussi permettre de relever les défis de l’avenir en matière d’adoption des technologies et des meilleures pratiques. Le programme d’investissement provincial Agri-Québec peut permettre de favoriser ces investissements productifs et stratégiques. Mais pour être efficace, il doit venir complémenter un programme de gestion des pertes basé sur les coûts de production.

Quel que soit le dénouement actuel, les Producteurs de grains du Québec poursuivront leurs revendications : que ce soit par l’intermédiaire d’un véhicule comme l’ASRA ou des nouveaux programmes Agri développés par La Financière agricole, la couverture des pertes par rapport au coût de production sera toujours d’actualité et une fin en soi pour notre organisation.

Producteurs de grains du Québec

Les Producteurs de grains du Québec représentent les intérêts de quelque 11 000 productrices et producteurs, qui cultivent plus de 900 000 hectares de terre, ce qui représente des revenus à la ferme de 1,1 milliard de dollars. Les fermes québécoises produisent et commercialisent principalement des grains de céréales (maïs, blé, orge, avoine) et d’oléagineux (soya, canola).

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