Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Octobre 2019


Publié le: 24 octobre 2019

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(24 octobre 2019)

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Bourse 23 sept. 2019
23 oct. 2019
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs décembre 2019 ($ US/bu) 3,7325 3,8775 0,1450 3,9
Contrat soya novembre 2019 ($ US/bu) 8,9250 9,3375 0,4125 4,6
Prix du soya/Prix du maïs 2,39 2,41    
Contrat maïs mai 2020 ($ US/bu) 3,9200 4,0625

0,1425

3,6
Contrat soya mai 2020 ($ US/bu) 9,2650 9,6800 0,4150 4,5
Prix du soya/Prix du maïs 2,36 2,38    
Taux de change ($ US /CA) 0,7550 0,7650 0,01 1,3

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 12 août 2019
Semaine du 16 sept. 2019
Semaine du 14 oct. 2019
Base livraison immédiate ($ CA/bu) 2,69 2,38 2,45
Base livraison immédiate ($ US/bu) 1,12 0,88 0,91
Prix livraison immédiate ($ CA/t) 252 240 251
Base livraison récolte 2019 ($ CA/bu) 1,51 1,51 1,63
Base livraison récolte 2019 ($ US/bu) 0,22 0,23 0,29
Prix livraison récolte 2019 ($ CA/t) 207 205 218

 

Bases du maïs FAB ferme pour livraison à la récolte

(août à mi-octobre)

$ US/bu $ CAN/bu
2018 2019 2018 2019
0,19 0,30 1,35 1,63

 

 

L'année 2019 a été très difficile pour les cultures du maïs et du soya aux États-Unis : des semis très tardifs en raison d’une météo défavorable au printemps, un retard considérable tout au long du cycle des récoltes, de la neige et du gel au début d’octobre sur une bonne partie du Midwest (l’USDA va exceptionnellement effectuer une nouvelle enquête sur les superficies récoltées du maïs et du soya dans le Dakota du Nord et le Minnesota, et incorporer les nouvelles données dans le rapport de novembre). Pour le moment, la production devrait chuter de 4,5 % pour le maïs et de 19,8 % pour le soya. En date du 20 octobre, le battage n’était complété qu’à 30 % pour le maïs et 46 % pour le soya, comparativement aux moyennes de 47 % et 64 %, respectivement. La baisse anticipée de la production, combinée à l’incertitude entourant le volume de la récolte et le retard du battage, se traduit par des niveaux de bases dans le Midwest de 30 à 50 ¢/bu plus élevés cette année qu’en 2018, pour les deux grains. La hausse est plus marquée pour le maïs, et ce même si les exportations sont très en retard par rapport à l’an passé.

 

Nos bases du maïs ont suivi la tendance des bases américaines, qui sont en forte hausse depuis juin, reflétant l’incertitude entourant la nouvelle récolte américaine. Pour livraison à la récolte, les bases locales en dollars américains et canadiens ont été en moyenne de 0,30 et 1,63 $/bu FAB ferme durant la période allant d’août à la mi-octobre 2019, comparativement à 0,19 et 1,35 $/bu en 2018. Cela explique l’importation de maïs brésilien en août, une première au Québec. De plus, en raison des semis tardifs et de quelques épisodes de gel en septembre, notre récolte est incertaine : le rendement et la qualité s’annoncent variables, et le battage pourrait être tardif. Cette double incertitude entourant les récoltes américaine et québécoise entraine un raffermissement des bases.

 

Les achats chinois de soya américain ont recommencé en septembre à la suite de la reprise des négociations commerciales. Par contre, le rythme des ventes américaines de maïs demeure très lent. Depuis le début de l’année récolte, les ventes de maïs accusent un retard de 103 % (!) par rapport à l’an passé, alors que celui-ci n’est plus que de 13 % pour le soya; les exportations de blé sont en avance de 15 %. Dans le rapport d’octobre, l’USDA a réduit la prévision des exportations de maïs de 2 050 à 1 900 millions de boisseaux (Mbu), contre 2 065 Mbu en 2018-2019. L’USDA s’attend donc à une baisse de 6,5 millions de tonnes (Mt) des exportations de maïs cette année par rapport à l’an passé, alors que le retard est présentement de 10,7 Mt. Il reste du temps pour un rattrapage, mais le maïs américain fait toujours face à une concurrence féroce du maïs brésilien, à laquelle viennent s'ajouter les grains argentin et ukrainien.

 

Dans le rapport d’octobre, l’USDA a fortement abaissé les inventaires de maïs et de soya. Les stocks de maïs en 2019 passent de 2,45 à 2,11 milliards de boisseaux (Gbu), et ceux de 2020 perdent 261 Mbu pour s’établir à 1,93 Gbu. Pour le soya, les inventaires baissent de 92 Mbu en 2019 pour s’établir à 913 Mbu, et de 180 Mbu en 2020 pour atteindre 460 Mbu.

 

Maintenant que l’élection fédérale est derrière nous, va-t-on avoir un déblocage dans la guerre commerciale sino-canadienne? Les exportations de canola à destination de la Chine sont toujours interrompues, alors que les ventes de tourteau et d’huile de canola se poursuivent. Les autres grains canadiens ne sont pas officiellement visés par ce conflit, mais il n’en demeure pas moins qu’un risque plane sur tout le négoce des grains avec la Chine, qui boude le soya canadien depuis plusieurs mois.

 

Les pluies ont débuté en retard au Brésil et elles demeurent décevantes; les semis du soya sont assez lents. Le rendement n’est pas à risque à ce stade-ci, mais les précipitations des prochaines semaines seront déterminantes. Il est d’ores et déjà acquis que, contrairement à celui de 2019, le battage ne sera pas hâtif en 2020. Ce qui veut dire que la deuxième récolte de maïs (safrinha), destinée à l’exportation, ne sera pas semée hâtivement comme en 2019, et qu’elle sera donc plus à risque en regard de la pluviométrie en mai-juin 2020.

 

Les ravages de la peste porcine africaine continuent en Chine, qui a perdu plus de 40 % de son cheptel, abaissant la demande pour le tourteau de soya. Rien n’indique que la situation est maîtrisée.

 

 

SCÉNARIO DES PRIX :  Neutre

 

Notre scénario des prix s’est amélioré – il est passé de baissier à neutre. La production du maïs et du soya devrait chuter aux États-Unis, et les inventaires des deux grains se resserrent en 2019-2020, particulièrement pour la fève : on parle maintenant de stocks en dessous de 2 Gbu pour le maïs et en dessous de 500 Mbu pour le soya. Depuis le creux atteint à la mi-mai, le contrat à terme du soya de novembre s’est apprécié de près de 18 %; pour le contrat de décembre du maïs, l’appréciation est d’environ 13 % au cours des 6 dernières semaines. Dans le cas du maïs vient se rajouter le raffermissement des bases locales : nos prix pour livraison à la récolte se rapprochent de la barre des 220 $/tonne FAB ferme, un niveau intéressant pour cette période de l’année.

 

Alors, pourquoi pas un scénario haussier? La Bourse de Chicago semble avoir atteint un certain plateau. Pour que le contrat de soya atteigne 10 $/bu, il faudrait que la demande chinoise soit au rendez-vous (c.-à-d. fin de la guerre commerciale sino-américaine et peste porcine maîtrisée) ou que l’offre sud-américaine soit sérieusement compromise (sécheresse au Brésil en décembre-janvier). Pour que le contrat courant du maïs se maintienne au-dessus de 4 $/bu, le rythme des exportations américaines devra s’accélérer fortement. On pourrait avoir des surprises au cours des prochaines semaines avec les chiffres finaux de production, aussi bien aux États-Unis qu’au Québec. Il faudra de plus surveiller les taux de change, du huard, bien sûr, mais aussi et surtout du peso argentin et du réal brésilien, vis-à-vis du dollar américain.

 

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