Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Novembre 2018


Publié le: 22 novembre 2018

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(22 novembre 2018)

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Bourse 23 oct. 2018 21 nov. 2018
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs décembre 2018 ($ US/bu) 3,7025 3,6175 - 0,0850 - 2,3
Contrat soya janvier 2019 ($ US/bu) 8,7100 8,8300 +0,1200 + 1,4
Prix du soya/Prix du maïs 2,35 2,44    
Contrat maïs mai 2019 ($ US/bu) 3,9000 3,8050 - 0,0950 - 2,4
Contrat soya mai 2019 ($ US/bu) 8,9825 9,0975 + 0,1150 + 1,3
Prix du soya/Prix du maïs 2,30 2,39    
Taux de change ($ US /CA) 0,7646 0,7549 - 0,0097 - 1,3

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 13 août 2018
Semaine du 17 sept. 2018
Semaine du 15 oct. 2018
Semaine du 12 nov. 2018
Base livraison récolte ($ CA/bu) 1,27 1,51 1,31 1,38
Base livraison récolte ($ US/bu) 0,07 0,37 0,14  0,15
Prix livraison récolte ($ CA/t) 197 198 198  199

 

Marché local du soya (FAB ferme) Semaine du 13 août 2018
Semaine du 17 sept. 2018
Semaine du 15 oct. 2018
Semaine du 12 nov. 2018
Base livraison immédiate ($ CA/bu)   2,82 3,09 3,10 3,14
Base  livraison immédiate ($ US/bu) 0,06 0,50 0,36 0,23
Prix livraison immédiate ($ CA/t) 426 421 438 440

 

 

SOYA

Le marché mondial du soya est toujours régi par la guerre commerciale sino-américaine et le tarif douanier de 25 % sur les importations chinoises de soya américain en vigueur depuis le 6 juillet. Il y aura une rencontre le 30 novembre entre les présidents américain et chinois lors du sommet du G20 à Buenos Aires. Les deux parties semblent vouloir négocier sérieusement. Y aura-t-il un accord ou pas? Dans l’affirmative, le soya serait visé puisque la fève consiste l’une des principales importations de la Chine, ce qui conduirait à un rebond des contrats à terme. Un échec des discussions, par contre, pourrait faire chuter la Bourse de Chicago.

 

À la suite de la fermeture du marché chinois, le retard des exportations américaines de soya par rapport à l’an passé continue de s’accroître. Les ventes totalisent 22,2 millions de tonnes, (Mt) contre 32,6 Mt en 2017, soit un retard de près de 32 %. La demande mondiale hors Chine, qui s’est reportée massivement sur la fève américaine, ne compense pas la perte du marché chinois. Par ailleurs, l’USDA a réduit de 4 Mt les importations chinoises de soya cette année pour les établir à 90 Mt, contre 94,1 Mt l’an passé. Ce scénario négatif correspond à un rationnement de la demande chinoise.

 

Depuis le début des semis à la mi-septembre, les producteurs agricoles brésiliens ont bénéficié de conditions météo quasi idéales. Par conséquent, les ensemencements se sont faits à un rythme très rapide. Quelque 90 % du soya a déjà été planté dans l’État du Mato Grosso, et la moisson pourrait débuter dès la fin décembre. Un battage hâtif de la fève amènera des semis hâtifs de la deuxième récolte de maïs (safrinha), ce qui sera de bon augure pour les rendements. La météo a toutefois été nettement plus erratique dans le pays voisin, l’Argentine. Par conséquent, les analystes sont beaucoup plus prudents quant aux perspectives des récoltes argentines.

 

La trituration aux États-Unis continue de battre record après record en raison des marges de profits très élevées. Celle-ci a atteint un niveau inégalé de 172,35 millions de boisseaux (Mbu) en octobre, comparativement à 160,78 Mbu en septembre et 164,24 Mbu en octobre 2017. L’USDA a haussé la trituration de 10 Mbu en 2018-2109 pour la porter à 2 080 Mbu, soit 25 Mbu de plus que l’an passé.

 

L’USDA a abaissé le rendement du soya américain de 53,1 à 52,1 bu/acre, ce qui demeure un record. Malgré la baisse de la production de 90 Mbu, les inventaires de 2019 continuent de croître pour atteindre 955 Mbu, contre 438 Mbu en 2018, en raison de la baisse des exportations qui chutent à 1 900 Mbu, soit 10,8 % de moins que l’an passé.

 

Les stocks mondiaux du soya devraient quant à eux atteindre 112 Mt en 2019, contre 99,7 Mt en 2018. Cette hausse est principalement due à l’accroissement des inventaires américains.

 

MAÏS

Le rapport mensuel de l’USDA d’octobre est plutôt positif pour le maïs américain. En effet, pour le deuxième mois d’affilée, le rendement a été abaissé, de 180,7 à 178,9 bu/acre, d’où une baisse de 152 Mbu de l’estimation de la production, qui s’établit à 14,63 Gbu, soit un niveau très proche de celui de l’an passé. Les stocks en 2019 baissent de 77 Mbu pour s’établir à 1 736 Mbu, soit 19 % de moins qu’en 2018.

 

Par contre, l’USDA a surpris le marché en abaissant les exportations américaines de maïs de 25 Mbu en 2018-2019 pour les établir à 2 450 Mbu. En effet, les ventes américaines se poursuivent à un très bon rythme, s’établissant à 23,43 Mt contre 20,34 Mt à pareille date l’an passé, soit une hausse de 15 %. Les États-Unis bénéficient d’une forte demande mondiale alors que les productions de maïs de l’Argentine et du Brésil, deux pays exportateurs, ont été réduites par la sécheresse en 2018.

 

La production de maïs de l’Ukraine a été haussée de 2,5 Mt pour s’établir à un niveau record de 33,5 Mt. Les exportations ont donc augmenté de 2 Mt, atteignant un sommet de 27 Mt, soit 8,5 Mt de plus que l’an passé.

 

 

 

SCÉNARIOS DES PRIX :

  • Soya: neutre
  • Maïs: haussier

 

Le scénario des prix est inchangé : il est neutre pour le soya et haussier pour le maïs. Le marché mondial du soya demeure très nerveux – il est régi par la politique, et non par le jeu de l’offre et de la demande. L’incertitude créée par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine se poursuit; elle pourrait prendre fin lors de la rencontre entre M. Trump et M. Xi à la fin du mois, ou pas. Un succès ou un échec des discussions auront un impact diamétralement opposé sur la Bourse de Chicago.

 

Le marché local est relativement stable depuis plusieurs semaines. Les bases en dollars canadiens bougent peu, aussi bien pour le maïs que le soya. Les bases du soya en dollars US pour livraison immédiate ont fléchi alors que le pic des achats pour l’exportation est passé, mais elles demeurent positives alors qu’elles étaient négatives l’an passé. Les prix actuels du maïs, proches de 200 $ la tonne FAB ferme pour livraison immédiate et 210 $/tonne pour livraison en mars, pourraient devenir plus intéressants au cours des prochains mois. En effet, notre production devrait demeurer inchangée par rapport à l’an passé. Par contre, la demande pourrait être très ferme, particulièrement à l’exportation – aussi bien en Ontario, qui souffre d’une qualité désastreuse cette année, qu’à l’international alors que l’offre mondiale est restreinte par une mauvaise récolte sud-américaine. Notre situation de l’offre et de la demande de maïs pourrait donc se resserrer cette année, ce qui mettrait une certaine pression haussière sur les prix une fois la période du battage écoulée. Par ailleurs, la qualité désastreuse du maïs ontarien pourrait amener les exportateurs à charger des navires avec du maïs québécois uniquement, au lieu de combiner les deux origines au printemps comme à l’accoutumée.

 

Malgré la conclusion de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, le huard continue de fléchir. La fin de l’incertitude reliée à l’ALENA n’a pas eu l’effet escompté sur notre monnaie, ce qui démontre sa faiblesse. Cela est favorable pour les producteurs agricoles québécois puisqu’une baisse du huard a un effet positif sur les bases locales des grains.

 

 

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