Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Mai 2019


Publié le: 24 mai 2019

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(24 mai 2019)

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Bourse 24 avril 2019
23 mai 2019
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs juillet 2019 ($ US/bu) 3,5600 3,8975 0,3375 9,5
Contrat soya juillet 2019 ($ US/bu) 8,6875 8,2150 - 0,4725 - 5,4
Prix du soya/Prix du maïs 2,47 2,11    
Contrat maïs décembre 2019 ($ US/bu) 3,7600 4,0800

0,3200

8,5
Contrat soya novembre 2019 ($ US/bu) 8,8950 8,4825 - 0,4125 - 4,6
Prix du soya/Prix du maïs 2,37 2,08    
Taux de change ($ US /CA) 0,7421 0,7420 - 0,0001

0

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 18 mars 2019
Semaine du 15 avril 2019
Semaine du 20 mai 2019
Base livraison immédiate ($ CA/bu) 1,77 2,03 1,80
Base livraison immédiate ($ US/bu) 0,40 0,62 0,34
Prix livraison immédiate ($ CA/t) 217 221 226
Base livraison récolte 2019 ($ CA/bu) 1,26 1,34 1,35
Base livraison récolte 2019 ($ US/bu) - 0,04 0,03 - 0,04
Prix livraison récolte 2019 ($ CA/t) 206 205 215

 

 

Depuis le 13 mai, le marché météo bat son plein à la Bourse de Chicago. Le printemps frais et pluvieux a nettement retardé les semis du maïs et du soya dans le Midwest. En date du 19 mai, les ensemencements étaient complétés à 49 % pour le maïs (moyenne de 80 %), à 19 % pour le soya (moyenne de 47 %) et à 70 % pour le blé de printemps (moyenne de 80 %). La moitié du maïs sera donc semée après la période optimale du 15 au 20 mai. Les contrats à terme du maïs ont fortement rebondi depuis le 13 mai, entraînant à leur suite les cours du blé et même du soya. Le problème avec ce rallye boursier, c'est qu’il n’y a pas une causalité étroite, ou une bonne corrélation dans le langage mathématique, entre la date des semis et les rendements finaux. Certes le risque augmente car la pollinisation sera différée, mais au bout du compte ce seront les conditions climatiques du mois de juillet qui seront déterminantes. Quant à la baisse éventuelle des superficies du maïs au profit du soya, celle-ci est difficile à jauger pour le moment. Il faudrait que les cultures de maïs connaissent une baisse combinée des superficies et du rendement pour que la production chute assez afin de resserrer réellement la situation de l’offre et de la demande de maïs aux États-Unis. En effet, il faudrait que la production se rapproche des 14 milliards de boisseaux (Gbu) pour que le niveau des inventaires en 2020 tende vers 1,5 Gbu. Présentement, les estimations sont de 15,03 Gbu pour la production et de 2,485 Gbu pour les stocks.

 

Même si ce scénario haussier se réalise aux États-Unis, l’offre mondiale de maïs sera abondante en 2019-2020. En effet, l’Argentine et le Brésil auront d’excellentes récoltes. Les rendements de ces deux cultures sont assurés – le tiers de la récolte argentine est battu et la moisson débutera bientôt au Brésil pour la deuxième récolte de maïs (safrinha). L’USDA prévoit que la production va augmenter de 53 % en Argentine pour atteindre 49 millions de tonnes (Mt), et de 22 % au Brésil pour s’établir à un niveau record de 100 Mt. Le maïs sud-américain commencera à déferler sur le marché mondial à partir de juillet. De plus, les monnaies de ces deux pays sont en train de dégringoler, ce qui rend leurs grains encore plus compétitifs sur le marché mondial. Au cours des deux derniers mois, le réal brésilien a chuté de près de 7 % vis-à-vis du dollar, alors que le péso argentin a perdu plus de 11 % de sa valeur. Par conséquent, les exportations américaines de maïs, qui devraient atteindre 2,275 Gbu en 2019-2020, pourraient fort bien être décevantes au cours des prochains mois, ce qui contribuera à gonfler les inventaires.

 

Les exportations de canola à destination de la Chine sont toujours interrompues, mais les ventes de tourteau et d’huile de canola se poursuivent. Les autorités chinoises ne veulent pas entamer des discussions techniques au sujet de la présence invoquée de parasites ou de bactéries dans des livraisons de canola. Par conséquent, l’embargo pourrait fort bien perdurer – certains observateurs pensent qu’il n’y aura pas de déblocage avant les élections fédérales en octobre. Pour le moment, les autres grains canadiens ne semblent pas être visés par ce conflit, mais il n’en demeure pas moins qu’un risque plane sur tout le négoce des grains avec la Chine.

 

Les nouvelles se précisent en ce qui concerne la peste porcine africaine qui fait des ravages en Chine. L’épidémie est toujours hors de tout contrôle. Certains observateurs pensent qu'en fin de compte le cheptel porcin pourrait chuter du tiers! La demande de tourteau de soya pour l’alimentation animale est en forte baisse. Vu le manque de données officielles, cette baisse est difficilement quantifiable, mais les chiffres qui circulaient jusqu’à récemment – soit une réduction de 5 à 10 % - pourraient fort bien être trop conservateurs. Par conséquent, le rallye boursier du soya à Chicago est clairement éphémère, d’autant plus que la production argentine de soya a fortement augmenté cette année, passant de 38,7 à 56 Mt.

 

La guerre commerciale sino-américaine, qui semblait être proche d’une entente, s’est envenimée. Les Chinois ont fait marche arrière dans les négociations, reniant à la dernière minute certains de leurs engagements. Pour maintenir la pression, M. Trump a fait passer de 10 % à 25 % les droits de douane sur des marchandises chinoises représentant 200 G$ d'importations annuelles. En représailles, la Chine a annoncé qu'elle allait augmenter ses droits de douane sur des produits américains représentant 60 G$ d'importations annuelles : les tarifs douaniers seront relevés à 10 %, 20 %, voire jusqu'à 25 % sur un ensemble de marchandises américaines déjà taxées. Les tarifs chinois n’entreront pas en vigueur tout de suite, mais à partir du 1er juin. Cette recrudescence de la guerre commerciale est de mauvais augure pour le marché mondial du soya. Une chose est sure : les producteurs américains ne seront pas pénalisés. M. Trump a annoncé de généreuses subventions qui pourraient atteindre 16 G$. Les producteurs recevraient 2 $ US/bu pour le soya, 65 ¢ US/bu pour le blé et 4 ¢ US/bu pour le maïs. Les agriculteurs américains vont donc semer sans s’inquiéter des soubresauts des prix à Chicago.

 

Les précipitations et les températures fraiches ont retardé les semis au Québec (et en Ontario), mais les retards ne semblent pas trop problématiques. Par contre, les ensemencements progressent assez rapidement dans les prairies de l’Ouest en raison des conditions sèches.

 

 

SCÉNARIOS DES PRIX :

  • Ancienne récolte: neutre à haussier pour le maïs, neutre pour le soya
  • Nouvelle récolte: baissier pour le maïs et le soya

 

Le scénario des prix est inchangé. À court terme, il est neutre pour le soya et neutre à haussier pour le maïs. Pour la nouvelle récolte par contre, le scénario est baissier pour les deux grains. Le retard des semis du Midwest entraine un risque accru pour les récoltes américaines de maïs. Cependant, ce facteur haussier est contrebalancé par trois éléments baissiers. Un accord commercial sino-américain ne semble plus possible à court terme, le marché mondial des grains devra continuer à composer avec les distorsions tarifaires. La demande de grains est fondamentalement réduite en Chine et cette baisse ne se résorbera pas au cours des prochains mois. Finalement, l’offre de grains du Brésil et de l’Argentine sera très abondante.

 

D’après les intentions d’ensemencement de Statistique Canada, le Québec se retrouvera fort probablement en situation de surplus de maïs l’an prochain, alors que l’Ontario est en train de semer des superficies records de maïs. Il faudra attendre au 26 juin pour connaître les superficies semées.

 

 

 

 

 

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