Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Juin 2017


Publié le: 14 juin 2017

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(14 juin 2017)

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Bourse

17 mai 2017

13 juin 2017
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs juillet 2017 ($ US/bu) 3,7150 3,8100 + 0,0950 + 2,6
Contrat soya juillet 2017 ($ US/bu) 9,7575 9,3250 - 0,4325 - 4,4
Prix du soya/Prix du maïs 2,63 2,45    
Contrat maïs déc 2017 ($ US/bu) 3,8900 3,9900 + 0,1000 + 2,6
Contrat soya nov 2017 ($ US/bu) 9,6775 9,3900 - 0,2875 - 3,0
Prix du soya/Prix du maïs 2,49 2,35    
Taux de change ($ US /CA) 0,7341 0,7557 + 0,0216 + 2,9

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 8 mai 2017
Semaine du 5 juin 2017
Variation ($) 
Base livraison immédiate ($ CA/bu)        1,45 1,44 - 0,01
Base livraison immédiate ($ US/bu)                    0,06 0,08 + 0,02
Prix livraison immédiate ($ CA/t)  
202 207 + 5
Base livraison récolte ($ CA/bu) 1,18 1,18 0
Base livraison récolte ($ US/bu) - 0,18 - 0,16 + 0,02
Prix livraison récolte ($ CA/t) 199 205 + 6

 

 

FACTEURS BAISSIERS

Le marché mondial des grains fait toujours face à une surabondance de l’offre à la suite des récoltes records en Australie, au Brésil et en Argentine. Certes, le battage du maïs n’est toujours pas achevé en Argentine et le battage de la deuxième récolte de maïs brésilien vient de débuter, mais les rendements sont assurés et les estimations continuent de croître. Les récoltes du Brésil sont estimées à 114 millions de tonnes (Mt) de soya et 97 Mt de maïs. Celles de l’Argentine devraient atteindre 57,8 Mt de soya et 40 Mt de maïs. Qui plus est, contrairement à l’expérience passée, la performance des ports brésiliens pour l’exportation des grains est excellente cette année – l’ajout des nouveaux ports du Nord-Est a accru la capacité du pays, qui bat des records d’expédition.

L’USDA a haussé la prévision de la production de blé russe, qui passe de 67 à 69 Mt.

 

FACTEUR HAUSSIER

La demande mondiale de grains est au rendez-vous, comme en témoignent les importations chinoises records de soya. Les achats chinois de la fève sont estimés à 89 Mt cette année et à 93 Mt l’an prochain.

 

À SUIVRE

La situation des inventaires mondiaux de grains est mixte. La situation empire en ce qui concerne le blé, mais on prévoit qu'elle s’améliore en 2018 pour le maïs. Quant au soya, les stocks vont demeurer très élevés.

Les semis du Midwest ont été réalisés dans de bonnes conditions et la progression des cultures est normale. Par contre, le blé de printemps souffre en raison du manque de précipitations dans les États du Dakota et au Minnesota. En date du 11 juin, 45 % du blé était en bonne ou excellente condition, en baisse de 10 % par rapport à la semaine précédente. Cela est bien entendu négatif pour le rendement anticipé, mais positif pour la teneur en protéine. Le Manitoba et le sud de la Saskatchewan accusent aussi un déficit hydrique.

Malgré la reprise des précipitations, l’Europe de l’Ouest a toujours un déficit hydrique. Les rendements des céréales d’automne vont probablement être affectés, mais il est trop tôt pour savoir dans quelle mesure.

Au Québec, les semis n’avaient quasiment pas démarré à la mi-mai, puis les producteurs ont fait de bons progrès. Selon La Financière agricole, en date du 30 mai, les ensemencements étaient complétés à 93 % pour le maïs, 72 % pour le soya, 85 % pour le blé, 62 % pour l’orge, 53 % pour l’avoine et 54 % pour le canola. Il n’en demeure pas moins que les semis ont été faits en retard, d’où un risque élevé en matière de rendements et de qualité pour les cultures.

 

SCÉNARIO DES PRIX :

  • Neutre à court terme
  • Baissier à moyen terme

 

Comme à l’accoutumée à ce temps-ci de l’année, nous voici dans le marché météo américain. Mais, contrairement à 2016, le rallye des prix est plutôt modeste à ce jour. L’an passé, la remontée printanière des prix pouvait s’appuyer sur un élément fondamental haussier – la sécheresse qui avait décimé la deuxième récolte brésilienne de maïs (safrinha). De plus la production argentine de maïs était relativement limitée. Cette année, le marché n’a pas grand-chose pour justifier une forte remontée des prix. L’Australie, puis l’Amérique du Sud ont eu des productions records de grains. Les rendements des céréales d’automne pourraient être un peu décevants en Europe cette année, mais la production de blé russe a été revue à la hausse. Quant au Midwest, à part dans les plaines du nord, les cultures ne souffrent pas de problèmes majeurs pour le moment. Certes, la condition des cultures a démarré avec des scores plus bas que ceux de l’an passé à pareille date. Cependant, la condition des récoltes en début de saison a une faible corrélation avec le rendement final.

L’attention du marché se portera dorénavant sur les conditions météo du Midwest et le rapport des ensemencements du 30 juin. Au bout du compte, ce sont les États-Unis qui trancheront au cours des deux prochains mois. Si les récoltes américaines sont une fois de plus abondantes, la pression baissière des prix s’accentuera.

Le scénario des prix est inchangé, soit neutre à court terme et baissier à moyen terme. Au cours des prochaines semaines, la Bourse de Chicago devrait être quelque peu soutenue par l’incertitude quant au développement des récoltes américaines, et bénéficier de corrections haussières temporaires causées par des craintes concernant la météo du Midwest. Cependant, si la météo est normale aux États-Unis, le rendement du maïs sera assuré en juillet et la pression baissière augmentera à Chicago.

Au Québec, on assiste habituellement à un raffermissement des bases à ce moment de l’année alors que la fin de la saison approche, et les exportations de maïs s’intensifient. Le raffermissement semble moins marqué cette année, aussi bien pour les bases en dollars canadiens qu’américains. Cela est probablement dû à un programme limité d’exportation de maïs québécois.

Quant à nos bases locales pour la nouvelle récolte, il y a présentement une certaine incertitude due au retard des semis. Si la saison se révélait décevante, le Québec pourrait-il se retrouver en situation de déficit de maïs en 2017-2018 après 2 années de surplus? Comme nos stocks de report du maïs seront élevés en 2017, même si la production locale chutait de 20 % pour se situer à 3 Mt, l’offre totale de maïs serait suffisante, ce qui limiterait la pression haussière sur les bases. Par contre, la perspective du taux de change a soudainement changé le 12 juin : la Banque du Canada a semblé indiquer qu’une première hausse des taux d’intérêt pourrait avoir lieu au cours des prochains mois. Ce seul commentaire a suffi pour faire bondir le huard, qui est repassé au-dessus de 75 ¢ US. Si notre dollar continue de se raffermir, cela sera négatif pour nos bases locales.

 

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