Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Février 2019


Publié le: 19 février 2019

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(19 février 2019)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 18 déc. 2018 18 fév. 2019
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs mars 2019 ($ US/bu) 3,8550 3,7475 +0,1075 - 2,8
Contrat soya mars 2019 ($ US/bu) 9,2075 9,0750 - 0,1325 - 1,4
Prix du soya/Prix du maïs 2,39 2,42    
Contrat maïs décembre 2019 ($ US/bu) 4,0500 3,9925

- 0,0575

- 1,4
Contrat soya novembre 2019 ($ US/bu) 9,5625 9,5200 - 0,0425 - 0,4
Prix du soya/Prix du maïs 2,36 2,38    
Taux de change ($ US /CA) 0,7454 0,7552 + 0,0098

+ 1,3

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 10 déc. 2018
Semaine du 7 janvier 2019
Semaine du 11 fév. 2019
Base livraison immédiate ($ CA/bu) 1,47 1,54 1,75
Base livraison immédiate ($ US/bu) 0,13 0,24 0,40
Prix livraison immédiate ($ CA/t) 209 211 217
Base livraison récolte 2019 ($ CA/bu) 1,33 1,17 1,23
Base livraison récolte 2019 ($ US/bu) - 0,02 - 0,10 - 0,06
Prix livraison récolte 2019 ($ CA/t) 211 205 206

 

 

 

SOYA

Le marché mondial du soya est toujours régi par la guerre commerciale sino-américaine. La trêve décrétée le 1er décembre s’est traduite par la reprise des achats de soya américain par les compagnies étatiques chinoises Sinograin et Cofco. Cependant, le tarif douanier de 25 % sur les importations chinoises de soya américain demeure en vigueur. Le tonnage de soya américain acheté par les Chinois depuis le 1er décembre est estimé à près de 5 millions de tonnes (Mt), mais il ne peut être quantifié en raison du shutdown à Washington, qui a interrompu la publication des rapports de l’USDA. Même si le shutdown a pris fin le 24 janvier, il faudra attendre au 22 février pour avoir les rapports courants des ventes à l’exportation. Quand on regarde du côté du grain qui a été expédié à ce jour, on constate que le tonnage cumulatif du soya américain exporté est de 22,6 Mt depuis le début de l’année récolte, soit un retard de 37 % par rapport à pareille date l’an passé.

 

Les conditions météo du Brésil, qui étaient hors pair au début de la saison, se sont nettement dégradées. Les principales régions de production ont été affectées par la sécheresse depuis décembre, et les rendements ont chuté. Le battage du soya avance rapidement : il est complété à 36 % comparativement à la moyenne quinquennale de 19 %. Certaines régions du sud du pays ont reçu de bonnes pluies au cours des derniers jours, mais celles-ci arrivent probablement trop tard pour enrayer les effets de la sécheresse qui perdure depuis décembre, affectant le rendement du soya. Les estimations de la production des divers analystes varient entre 112 et 115 Mt, contre 117 Mt pour l’USDA et 120,8 Mt l’an passé. Soulignons que, compte tenu de la hausse des superficies, la récolte était censée atteindre 122 à 125 Mt au début de décembre. Par contre, les perspectives des récoltes argentines sont très bonnes à la suite de précipitations abondantes, voire excessives. La production est estimée à 55 Mt, contre 37,8 Mt l’an passé.

 

Durant l’été, on prévoyait que le soya canadien serait en très forte demande à l’automne pour l’exportation en Chine, et que cela amènerait une forte hausse des exportations de soya du Québec. Plusieurs analystes pensaient même que l’Ontario expédierait sa récolte, et que les triturateurs ontariens importeraient de la fève américaine pour leurs besoins. Ce scénario extrême ne s’est pas du tout réalisé : au bout du compte, les ventes ont été tout à fait normales. En effet, les livraisons de stocks de soya au Plan conjoint ont totalisé 579 000 tonnes de septembre à décembre, soit un tonnage identique aux quatre premiers mois de l’année récolte 2017-2018. En matière de tonnages, la guerre commerciale sino-américaine aura favorisé la fève brésilienne, et non pas la canadienne. Malgré tout, les producteurs québécois en ont bénéficié par le biais d’un raffermissement des bases locales en septembre et octobre lors du chargement de navires dans les ports du Saint-Laurent, ce qui a atténué la chute des contrats à terme.

 

MAÏS

 

Même si l'on ne dispose pas d'informations sur les ventes hebdomadaires récentes, il ne fait aucun doute que les ventes américaines de maïs à l’exportation se poursuivent à un très bon rythme. Les statistiques des grains qui ont été expédiés à ce jour montrent un tonnage cumulatif de 23,2 Mt, soit une avance de 47 % par rapport à pareille date l’an passé. Les États-Unis bénéficient d’une forte demande mondiale alors que les productions de maïs de l’Argentine et du Brésil, deux pays exportateurs, ont été réduites par la sécheresse en 2018. Il faut garder à l’esprit que la nouvelle récolte sud-américaine de maïs ne sera pas disponible avant juin 2019 pour le marché mondial.

La production argentine de maïs est estimée à un niveau record de 46 Mt, contre 32 Mt l’an passé. Pour ce qui est du Brésil, une grande incertitude règne en ce qui concerne la production de maïs. En effet, la majorité de la production provient de la deuxième récolte, safrinha, qui est semée à la suite du battage du soya. Or la météo a été erratique au Brésil cette saison, avec une sécheresse assez sévère en décembre et janvier. Les précipitations ont repris récemment : est-ce le signal que le climat est revenu à une tendance normale, ce qui présagerait d'une récolte safrinha abondante? On ne peut se prononcer pour le moment, même si la production globale de maïs est présentement projetée à un niveau élevé de 94,5 Mt, contre 82 Mt l’an passé.

 

SCÉNARIOS DES PRIX :

  • Soya: neutre
  • Maïs: haussier

 

Le scénario des prix est inchangé : il est neutre pour le soya et haussier pour le maïs. Le marché mondial du soya demeure nerveux – il est toujours régi par la politique, et non par le jeu de l’offre et de la demande. Le risque politique sera présent tant et aussi longtemps que le tarif douanier chinois de 25 % sur le soya américain sera en vigueur. Malgré toute cette incertitude, et le manque de statistiques américaines à la suite du shutdown, il est intéressant de noter que depuis la récolte, la Bourse de Chicago n’a pas connu des fluctuations importantes et a eu un comportement tout à fait habituel. Après le creux usuel du battage, les contrats à terme du maïs et du soya se sont redressés en suivant une tendance modérément haussière. Au Québec, la saisonnalité du marché du soya transgénique est toujours de mise malgré tous les événements ayant perturbé le commerce mondial de la fève au cours des derniers mois : une fois la fenêtre optimale pour l’exportation passée, la demande retombe à des niveaux beaucoup plus faibles, principalement pour la trituration locale et la reconstitution de stocks.

 

Le marché local du maïs pour livraison immédiate s’est raffermi au cours des deux derniers mois. Les bases en dollars canadiens sont passées de 1,47 $/bu dans la semaine du 10 décembre, à 1,54 $/bu dans la semaine du 7 janvier et 1,75 $/bu dans la semaine du 11 février. On observe un mouvement similaire pour les bases en dollars américains, qui passent de 0,13 $/bu à 0,24 $/bu, puis à 0,40 $/bu. L’offre et la demande de maïs compilées par le SIM montrent un resserrement de la disponibilité du maïs au Québec cette année. Avec une baisse de la production de 160 000 tonnes, on se retrouve avec des stocks de report de seulement 450 000 tonnes en 2019, soit 10 % de moins qu’en 2018 et 40 % de moins qu’en 2017, et ce malgré une forte baisse des exportations et une réduction de la consommation intérieure. Pourtant, la demande s’annonce ferme à l’exportation – aussi bien en Ontario, qui souffre d’une qualité désastreuse cette année, qu’à l’international alors que l’offre mondiale est restreinte par une mauvaise récolte sud-américaine en 2018. De plus, la qualité du maïs ontarien pourrait amener les exportateurs à charger des navires avec du maïs québécois uniquement, au lieu de combiner les deux origines au printemps comme à l’accoutumée. Par conséquent, on devrait observer l’effet du resserrement de la disponibilité du maïs sur les prix au printemps.

 

 

 

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