Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Décembre 2018


Publié le: 28 janvier 2019

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

 

 

 

En raison du shutdown aux États-Unis, il n’y aura pas des Tendances des prix pour le mois de janvier 2019 faute de statistiques. Les Tendances devraient être publiées en février en autant que l’USDA publie le rapport du 8 février sur les offres et demandes mondiales de grains.

 

 

(19 décembre 2018)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 21 nov. 2018 18 déc. 2018
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs mars 2019 ($ US/bu) 3,7275 3,8550 +0,1275 + 3,4
Contrat soya janvier 2019 ($ US/bu) 8,8300 9,0775 +0,2475 + 2,8
Prix du soya/Prix du maïs 2,37 2,35    
Contrat maïs mai 2019 ($ US/bu) 3,8050 3,9350

+ 0,1300

+ 3,4
Contrat soya mai 2019 ($ US/bu) 9,0975 9,3400 + 0,2425 + 2,7
Prix du soya/Prix du maïs 2,39 2,37    
Taux de change ($ US /CA) 0,7549 0,7454 - 0,0095 - 1,3

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 15 oct. 2018
Semaine du 12 nov. 2018
Semaine du 10 déc. 2018
Base livraison janvier 2019 ($ CA/bu) 1,51 1,61 1,58
Base livraison janvier 2019 ($ US/bu) 0,28 0,30 0,22
Prix livraison janvier 2019 ($ CA/t) 212 212 214

 

Marché local du soya (FAB ferme) Semaine du 17 sept. 2018
Semaine du 15 oct. 2018
Semaine du 12 nov. 2018
Semaine du 10 déc. 2018
Base livraison immédiate ($ CA/bu)   3,01 3,09 3,02 2,89
Base  livraison immédiate ($ US/bu) 0,43 0,35 0,14 - 0,09
Prix livraison immédiate ($ CA/t) 420 437 436 437

 

 

SOYA

Le marché mondial du soya est toujours régi par la guerre commerciale sino-américaine. La trêve décrétée le 1er décembre s’est traduite par la reprise des achats de soya américain par les compagnies étatiques chinoises Sinograin et Cofco. Cependant, le tarif douanier de 25 % sur les importations chinoises de soya américain demeure en vigueur. La première réaction de la Bourse de Chicago a été plutôt mitigée. Les tonnages initiaux, de l’ordre de 1,43 million de tonnes (Mt), sont loin d’être négligeables, mais le marché attend des importations massives – des chiffres de 5 à 8 Mt sont avancés. Une deuxième vague d’achats aurait eu lieu le 18 décembre.

 
La seconde tranche des subventions sera versée aux producteurs américains afin de les dédommager des effets de la guerre commerciale sino-américaine. Les paiements, en dollars américains par boisseau, totaliseront donc 1,65 $ pour le soya, 86 ¢ pour le sorgho, 14 ¢ pour le blé et 1 ¢ pour le maïs. Les paiements ont une limite combinée de 125 000 $ par producteur ou par entité légale. M. Trump s’est ainsi assuré que les comtés ruraux, qui ont voté massivement pour les républicains à l’élection présidentielle et aux élections du Congrès cet automne, lui resteront fidèles en 2020. Ces subventions pourraient freiner la baisse anticipée des superficies en soya en 2019.


Les conditions météo, qui étaient hors pair depuis le début de la saison, se sont récemment dégradées dans le sud du Brésil. Une partie du Mato Grosso, le Mato Grosso do Sul et le Paraná ont eu des précipitations médiocres au cours des deux dernières semaines. La pluie devrait être de retour à partir de ce week-end. Si les précipitations sont abondantes et généralisées, la situation redeviendra très positive. Par contre, si les pluies sont insuffisantes ou éparses, le rendement du soya dans ces trois États sera affecté. En Argentine, le pays voisin, la météo a été assez erratique. Par conséquent, les analystes étaient très prudents quant aux perspectives des récoltes argentines, quoique les récentes précipitations dans la région des Pampas leur ont redonné confiance.

 
On prévoyait que le soya canadien serait en très forte demande cet automne pour l’exportation en Chine. Plusieurs analystes pensaient même que l’Ontario expédierait toute sa récolte, et que les triturateurs ontariens importeraient de la fève américaine pour leurs besoins. Ce scénario extrême ne semble pas s’être réalisé. Selon les prévisions d’Agriculture Canada en date du 21 novembre, les importations canadiennes de soya vont même baisser pour s’établir à 400 000 tonnes en 2018-2019 contre 487 000 tonnes l’an passé. La demande chinoise pour le soya canadien s’est accrue mais, en bonne partie, elle s’est tout simplement substituée à la demande pour d'autres destinations, principalement l’Europe. Au Québec, on a constaté dans le marché local que la demande à l’exportation est vite retombée en novembre alors que la guerre commerciale sino-américaine battait encore son plein. Pourquoi? Plusieurs hypothèses circulent, mais on n’a pas de réponse à ce stade-ci.

 

MAÏS

Les ventes américaines de maïs à l’exportation se poursuivent à un très bon rythme, s’établissant à 27,7 Mt contre 23,8 Mt à pareille date l’an passé, soit une hausse de 16 %. Les États-Unis bénéficient d’une forte demande mondiale alors que les productions de maïs de l’Argentine et du Brésil, deux pays exportateurs, ont été réduites par la sécheresse en 2018. Il faut garder à l’esprit que la nouvelle récolte sud-américaine de maïs ne sera pas disponible avant juin 2019 pour le marché mondial.

 

La production de maïs de l’Ukraine a été de nouveau haussée de 1,5 Mt pour s’établir à un niveau record de 35 Mt. Les exportations gagnent 1 Mt pour atteindre un sommet de 28 Mt, soit une hausse de 51 % par rapport à l’an passé.

 

SCÉNARIOS DES PRIX :

  • Soya: neutre
  • Maïs: haussier

 

Le scénario des prix est inchangé : il est neutre pour le soya et haussier pour le maïs. Le marché mondial du soya demeure nerveux – il est toujours régi par la politique, et non par le jeu de l’offre et de la demande. Le risque politique sera présent tant et aussi longtemps que le tarif douanier chinois de 25 % sur le soya américain sera en vigueur.

 

Les bases locales du soya en dollars américains s’étaient nettement raffermies en septembre et octobre, avec la demande à l’exportation et le chargement de navires dans les ports du Saint-Laurent – notre tableau montre que celles-ci étaient autour de 0,40 $ US/bu FAB ferme. Les bases ont commencé à fléchir en novembre (0,14 $ US/bu pour la semaine du 12 novembre) alors que les exportateurs avaient assuré leur approvisionnement, et elles ont carrément dégringolé en décembre en devenant négatives (-0,10 $ US/bu pour la semaine du 10 décembre) avec la fin du programme d’exportation post-récolte. Par conséquent, les prix locaux sont demeurés stables de la mi-octobre à la mi-décembre, autour de 436-437 $/tonne, et ce malgré la remontée boursière depuis le début de novembre, la chute des bases locales ayant annulé les gains des contrats à terme. Ce mouvement négatif des bases illustre une fois de plus la saisonnalité du marché du soya transgénique au Québec : une fois la fenêtre optimale pour l’exportation passée, la demande retombe à des niveaux beaucoup plus faibles, principalement pour la trituration locale et la reconstitution de stocks. La demande chinoise à l’automne n’a pas modifié cette saisonnalité.

 

La période achalandée du battage étant terminée, le marché local du maïs est présentement stable, aussi bien au niveau des prix qu'à celui des bases : on est en vitesse de croisière. Cependant, l’offre et la demande de maïs compilées par le SIM montrent un resserrement de la disponibilité du maïs au Québec cette année. Avec une baisse de la production de 160 000 tonnes, on se retrouve avec des stocks de report de seulement 450 000 tonnes en 2019, soit 10 % de moins qu’en 2018 et 40 % de moins qu’en 2017, et ce malgré une forte baisse des exportations et une réduction de la consommation intérieure. Pourtant, la demande s’annonce ferme à l’exportation – aussi bien en Ontario, qui souffre d’une qualité désastreuse cette année, qu’à l’international alors que l’offre mondiale est restreinte par une mauvaise récolte sud-américaine. De plus, la qualité du maïs ontarien pourrait amener les exportateurs à charger des navires avec du maïs québécois uniquement, au lieu de combiner les deux origines au printemps comme à l’accoutumée. Par conséquent, on devrait observer l’effet du resserrement de la disponibilité du maïs sur les prix au printemps.

 

Malgré la conclusion de l’accord commercial entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, le huard continue de démontrer des signes de faiblesse et se rapproche de 74 ¢ US. La faiblesse du huard est favorable aux producteurs agricoles québécois puisqu’une baisse de notre monnaie se traduit par une remontée des bases locales des grains. De plus, cela rend notre maïs plus compétitif sur le marché mondial, ce qui facilitera les exportations.

 

 

 

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