Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Avril 2019


Publié le: 25 avril 2019

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(25 avril 2019)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse 22 mars 2019
24 avril 2019
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs mai 2019 ($ US/bu) 3,7825 3,4675 - 0,3150 - 8,3
Contrat soya mai 2019 ($ US/bu) 9,0375 8,5525 - 0,4850 - 5,4
Prix du soya/Prix du maïs 2,39 2,47    
Contrat maïs décembre 2019 ($ US/bu) 4,0000 3,76

- 0,2400

- 6,0
Contrat soya novembre 2019 ($ US/bu) 9,3750 8,8950 - 0,4800 - 5,1
Prix du soya/Prix du maïs 2,34 2,37    
Taux de change ($ US /CA) 0,7471 0,7421 - 0,0005

- 0,7

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 11 févr. 2019
Semaine du 18 mars 2019
Semaine du 15 avril 2019
Base livraison immédiate ($ CA/bu) 1,73 1,77 2,01
Base livraison immédiate ($ US/bu) 0,38 0,40 0,61
Prix livraison immédiate ($ CA/t) 216 217 220
Base livraison récolte 2019 ($ CA/bu) 1,23 1,26 1,34
Base livraison récolte 2019 ($ US/bu) - 0,05 - 0,04 0,03
Prix livraison récolte 2019 ($ CA/t) 206 206 205

 

 

Le rapport des intentions d’ensemencement de l’USDA, publié le 29 mars, montre plus de superficies de maïs que prévu. Les superficies de maïs sont estimées à 92,8 millions d’acres (Ma), comparativement à la prévision de l’USDA en février de 92 Ma, et à celle de l’an passé de 89,1 Ma. Les superficies de soya sont estimées à 84,6 Ma, contre 85 Ma pour la prévision en février et 89,2 Ma pour celle de 2018 à. Par conséquent, la chute des semis du soya au profit du maïs est plus accentuée que prévu. Quant au blé, les superficies anticipées sont de 45,8 Ma, alors que la prévision de l’USDA en février était de 47 Ma et que les superficies de l’an passé étaient de 47,8 Ma. Le portrait pour 2019-2020 est donc : plus de maïs, et moins de soya et de blé. Les superficies cumulées de maïs, de soya et de blé seront en baisse de presque 3 Ma par rapport à 2018. Cette baisse est surprenante – il se pourrait fort bien qu’en juin l’USDA révise à la hausse les superficies cumulées des 3 principaux grains, mais au profit de quelle(s) culture(s)?

 

La « guerre » sino-canadienne du canola se poursuit. Les exportations de canola à destination de la Chine sont complètement interrompues, mais les ventes de tourteau et d’huile de canola continuent. Les autorités chinoises ne semblent pas souhaiter entamer des discussions techniques au sujet de la présence invoquée de parasites ou de bactéries dans des livraisons de canola. Par conséquent, l’embargo pourrait fort bien perdurer – certains observateurs pensent qu’il n’y aura pas de déblocage avant les élections fédérales en octobre. Pour le moment, les autres grains canadiens ne semblent pas être visés par ce conflit, mais il n’en demeure pas moins qu’un risque plane sur tout le négoce des grains avec la Chine.

 

Après des mois de déni de la part des autorités, le gouvernement chinois admet maintenant que la peste porcine africaine fait des ravages. Le cheptel porcin a été évalué à 375 millions de bêtes en mars, contre 428 millions à la fin de décembre, soit une chute de plus de 12 %; le nombre de truies a plongé de 21 % en un an. Et ces chiffres officiels sous-estimeraient l’étendue des dommages selon plusieurs observateurs. Par conséquent, il ne fait aucun doute que la demande de tourteau de soya pour l’alimentation animale est en baisse – la question est : de combien? Certains analystes parlent d’une baisse d’au moins 5 %, mais d’autres chiffres circulent, allant jusqu’à 10 %.

 

Les importations chinoises de soya ont été de 4,92 millions de tonnes (Mt) en mars, légèrement supérieures à celles de février, mais en baisse de 13 % par rapport au même mois l’année passée. Les importations pour le premier trimestre ont été de 16,75 Mt, en baisse de 14 % en regard de l’an dernier. Ces résultats démontrent bien l’impact de la peste porcine africaine sur la demande en soya.

 

Le rapport des intentions d’ensemencement de Statistique Canada confirme la baisse des superficies des oléagineux – canola et soya – au profit des céréales et du maïs. Au Canada, la baisse des superficies de canola était anticipée en raison du conflit commercial avec la Chine, mais cette diminution de 7 % n’a pas été aussi importante que prévu. Les superficies de soya ont reculé partout au pays pour revenir au niveau de 2016, en raison de la baisse des prix en Bourse et du conflit commercial sino-américain; d’ailleurs, en Saskatchewan, Statistique Canada prévoit un effondrement de cette culture à la suite de deux mauvaises récoltes consécutives. Au Québec, les superficies de soya baissent de 8 % au profit de 2 cultures. Les superficies du maïs augmentent de 4 % et passent au-dessus de la barre des 400 000 hectares (ha), et celles du blé grimpent de 9 % pour atteindre un sommet de 104 000 ha. Par contre, les superficies d'orge et d'avoine chutent de 19 % et 12 % respectivement, car le prix du blé fourrager a été très intéressant au cours des derniers mois.

 

 

 

SCÉNARIOS DES PRIX :

  • Ancienne récolte: neutre à haussier pour le maïs, neutre pour le soya
  • Nouvelle récolte: baissier pour le maïs et le soya

 

Le rapport des intentions d’ensemencement de Statistique Canada est plutôt baissier pour le Québec. En prenant un rendement moyen de 10 tonnes/ha (t/ha), la production du maïs repasserait au-dessus des 4 millions de tonnes et on se retrouverait donc dans une situation de surplus en 2019-2020. Quant au blé, avec un rendement moyen de 3,3 t/ha notre production atteindrait un sommet de 345 000 tonnes, alors que l’Ontario et l'Ouest canadien auront des récoltes de blé en hausse. Si les conditions météo sont le moindrement défavorables et qu’une partie de notre récolte est déclassée, le Québec aura une offre abondante de blé fourrager.

 

Le scénario des prix a changé. À court terme, il est neutre pour le soya et neutre à haussier pour le maïs. Normalement, la commercialisation de la fève tire à sa fin à ce moment-ci de l’année. L'année 2019 pourrait être différente – on entend que les producteurs auraient encore des stocks invendus. Quant au maïs, les bases locales pour une livraison rapprochée continuent de grimper, aussi bien en dollars canadiens qu’en dollars américains. En effet, avec une offre de maïs plutôt restreinte et une bonne demande locale et internationale, la situation de l’offre et de la demande se resserre pour l’ancienne récolte. Les acheteurs doivent donc compenser la baisse des contrats à terme du maïs par une hausse des bases, afin que le prix local demeure attrayant pour les producteurs, soit autour de 220 $/tonne FAB ferme.

 

Pour la nouvelle récolte, par contre, le scénario est baissier pour les deux grains. Même si un accord commercial est finalement conclu entre les États-Unis et la Chine au cours des prochaines semaines, le marché mondial du soya devra composer en 2019-2020 avec une demande fondamentalement réduite en Chine et une offre abondante de la part du Brésil et de l’Argentine. Quant au maïs, le Québec se retrouvera fort probablement en situation de surplus l’an prochain, alors que l’Ontario s’apprête à semer des superficies records de maïs selon Statistique Canada.

 

 

 

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