Tendances des prix du maïs et du soya au Québec - Août 2017


Publié le: 23 août 2017

Tendances des prix du maïs et du soya au Québec

(23 août 2017)

Les informations publiées proviennent de sources réputées fiables. L’analyse est basée sur les informations disponibles et elle doit être utilisée à titre indicatif seulement. Les Producteurs de grains du Québec ne peuvent être tenus responsables d’éventuelles erreurs. Les opinions émises n'engagent pas la responsabilité des Producteurs de grains du Québec quant aux décisions des lecteurs.

 

Bourse

18 juillet 2017

22 août 2017
Variation ($) Variation (%)
Contrat maïs septembre 2017 ($ US/bu) 3,7700 3,4600 - 0,3100 - 8,2
Contrat soya septembre 2017 ($ US/bu) 9,9375 9,3375 - 0,6000 - 6,0
Prix du soya/Prix du maïs 2,64 2,70    
Contrat maïs déc 2017 ($ US/bu) 3,9075 3,6000 - 0,3075 - 7,9
Contrat soya nov 2017 ($ US/bu) 10,0175 9,3750 - 0,6425 - 6,4
Prix du soya/Prix du maïs 2,56 2,60    
Taux de change ($ US /CA) 0,7922 0,7962 + 0,0040 + 0,5

 

Marché local du maïs (FAB ferme) Semaine du 10 juillet 2017
Semaine du 14 août 2017
Variation ($) 
Base livraison immédiate ($ CA/bu)        1,39 1,59 + 0,20
Base livraison immédiate ($ US/bu)                    0,22 0,51 + 0,29
Prix livraison immédiate ($ CA/t)  
210 202 - 8
Base livraison récolte ($ CA/bu) 1,13 1,25 + 0,12
Base livraison récolte ($ US/bu) 0,00  0,25 + 0,25
Prix livraison récolte ($ CA/t) 203 193 - 10

 

 

FACTEURS BAISSIERS

L’USDA a surpris les marchés le 10 août avec des estimations des rendements du maïs et du soya américains supérieures aux attentes. À la suite des précipitations variables reçues dans le Midwest et à d'un état des récoltes moyen, on s’attendait à une baisse des rendements, surtout en ce qui concerne le maïs. Or le rendement du maïs n’a baissé que légèrement par rapport au mois passé, passant de 170,7 à 169,5 bu/acre, tandis que le rendement du soya a augmenté de 48 à 49,4 bu/acre. Par conséquent, la production de maïs est évaluée à 14,15 milliards de boisseaux (Gbu), soit 1 Gbu de moins qu’en 2016, et la récolte de soya est estimée à 4,38 Gbu, soit 80 millions de boisseaux (Mbu) de plus que l’an passé. Les inventaires du maïs demeureront élevés l’an prochain, atteignant 2,27 Gbu, soit 100 Mbu de moins qu’en 2017. Les stocks de soya atteindront 475 Mbu en 2018, soit 105 Mbu de plus qu’en 2017.

Pour le troisième mois d’affilée, l’USDA a relevé la production de blé russe, qui atteint un niveau record de 77,5 millions de tonnes (Mt). La Russie devrait être le premier exportateur mondial de blé cette année avec 31,5 Mt. Qui plus est, la production de blé est en hausse par rapport au mois passé en Ukraine (26,5 Mt, +2,5 Mt) et au Kazakhstan (14 Mt, +1 Mt). Les exportations de blé de ces deux pays augmentent, de 2 Mt en Ukraine et de 1 Mt au Kazakhstan.

En raison de productions records, le soya et le maïs sud-américains livrent une forte concurrence aux grains américains sur le marché mondial. La situation est encore plus préoccupante pour le maïs à la suite d'une production record au Brésil qui doit être entreposée en bonne partie en plein air, faute de capacité d’entreposage suffisante. Pourtant, la performance des ports brésiliens pour l’exportation des grains est excellente cette année.

Depuis que la Banque du Canada a haussé son taux d’intérêt directeur de 0,25 % le 12 juillet, le huard est très ferme et se maintient autour de 79 ¢ US, ce qui est négatif pour nos bases locales des grains en dollars canadiens.

 

FACTEURS HAUSSIERS

Le retard des cultures au Québec incite plusieurs producteurs à retarder ou à limiter la commercialisation de leurs grains, ce qui apporte un soutien aux bases locales. Ce ralentissement du rythme des ventes pourrait se poursuivre jusqu’à ce qu’ils aient une plus grande confiance dans les rendements et la qualité de la nouvelle récolte.

L’USDA n’a pas modifié son estimation des importations chinoises de soya établies à un niveau record de 94 Mt en 2017-2108. Il n’en demeure pas moins que le marché a été frappé par le niveau d’importations qui a atteint 10 Mt en juillet. Du jamais vu. Certes, des contraintes douanières et logistiques expliquent en partie ce niveau mensuel, mais le chiffre a tout de même marqué les esprits.

La monnaie brésilienne, le réal, est très ferme vis-à-vis du dollar, ce qui rend les grains brésiliens moins compétitifs sur le marché mondial. Un dollar vaut présentement autour de 3,15 réaux alors que le taux était proche de 3,50 en décembre 2016 et au-dessus de 4 au début de 2016. Qui plus est, le peso argentin s’est un peu raffermi au cours des derniers jours.

Les Prairies canadiennes ont souffert de la sécheresse depuis le début de la saison, particulièrement la Saskatchewan et le sud de l’Alberta. Le battage a démarré et les premiers résultats indiquent des rendements à la baisse.

À SUIVRE

En Europe, le portrait est mixte en ce qui a trait à la production céréalière. Contrairement à l’an passé, la France a une production abondante et la qualité est exceptionnelle. Par contre, l’Allemagne a été affligée par de fortes pluies au cours des dernières semaines, et le battage y a été nettement ralenti. Les observateurs pensent que le rendement et, surtout, la qualité des céréales seront affectés.

Les conditions étaient très sèches en Australie lors des semis des céréales, mais les précipitations ont repris depuis le début du mois. Ce sont les pluies, en septembre et octobre, qui détermineront le rendement.

Avec les semis tardifs au Québec, les cultures ont souvent de 10 à 15 jours de retard. Les conditions climatiques en fin de saison seront donc déterminantes. Si la première gelée est le moindrement hâtive, le rendement du maïs sera abaissé; par contre, si l'on est chanceux et que l’on a une gelée tardive, les rendements ne seront pas affectés. Avec une superficie de 380 000 ha de maïs, selon que l’on prend un rendement en dessous de la moyenne de 9 t/ha, quinquennal de 9,56 t/ha, ou au-dessus de la moyenne de 10 t/ha, la production varie de 3,4 Mt à 3,8 Mt. Dans le premier cas, on parle d’un surplus limité de maïs, dans le dernier d’un surplus substantiel. Le volume de la production aura bien entendu un gros impact sur l’évolution de nos bases locales au cours des prochains mois.


 

SCÉNARIO DES PRIX :

  • Neutre à baissier

 

On a observé au cours des dernières semaines une nette remontée des bases locales du maïs, aussi bien en dollars canadiens qu’en dollars américains, et ce malgré le fait que notre huard demeure très ferme vis-à-vis du dollar américain. Cette remontée s’explique en partie par un phénomène saisonnier – les bases courantes du maïs ont tendance à s’apprécier de mai à septembre alors que la campagne de commercialisation tire bientôt à sa fin. Cette année, l’incertitude liée à la nouvelle récolte semée tardivement a probablement renforcé ce phénomène. C’est pour cela que les prix locaux pour des livraisons rapprochées ont relativement peu baissé, malgré la chute des contrats à terme. La particularité cette année est que les bases du maïs pour livraison à la récolte sont aussi très fermes – il est inhabituel d’avoir des bases en dollars américains positives pour livraison au battage! Le marché semble anticiper un rendement provincial du maïs nettement en dessous de la moyenne; donc pas de surplus, voire même un déficit de maïs en 2017-2018.

Le scénario des prix demeure de neutre à baissier. Les rendements de l’hémisphère nord sont faits, il reste à déterminer à quels niveaux (la controverse chez nos voisins américains quant à leurs rendements du maïs et du soya va probablement perdurer pour un autre mois ou deux). Ce qui ressort, c'est une production de grains moyenne en Europe, excellente dans l’ex-Union soviétique, en dessous de la moyenne au Canada et au-dessus de la moyenne aux États-Unis. Compte tenu de la production record de grains en Amérique du Sud, les stocks mondiaux en soya et en blé devraient augmenter en 2018, et ce malgré une demande record de soya de la part de la Chine, tandis que les inventaires du maïs devraient baisser. Globalement, le marché doit toujours faire face à une offre abondante de grains.

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