L'Hebdo - 6 mai 2019

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d’information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 29 avril au 3 mai 2019

Date de publication : Le 6 mai 2019

Le sentiment baissier de la Bourse perdure. Le soya a chuté 5 jours sur 5 – depuis le 15 avril, le contrat de novembre a perdu plus de 7 % de sa valeur. La météo du Midwest demeure défavorable aux semis, avec des précipitations au-dessus et des températures en dessous de la normale. Les semis sont complétés à 15 % pour le maïs (moyenne de 27 %), 3 % pour le soya (6 %), et 13 % pour le blé de printemps (33 %). Par ailleurs, les pluies abondantes ont profité aux blés d’automne. Quelque 64 % de ceux-ci sont en bonne ou excellente condition, en hausse de 2 % – ce qui est un chiffre très élevé à ce stade-ci des cultures.

Le maïs s’est un peu redressé au cours de la semaine. Le marché commence à réaliser qu’une bonne partie du maïs sera probablement semée après la période optimale du 15 au 20 mai, ce qui pourrait nuire aux rendements si le mois de juillet est chaud. D’autre part, certaines superficies ne pourront probablement pas être ensemencées en maïs et seront semées en soya. Les retards dus à la météo pourraient donc atténuer la hausse anticipée des superficies du maïs et réduire la baisse de celles du soya, ce qui serait favorable au prix du maïs et défavorable à celui de la fève. Malgré cela, les investisseurs semblent convaincus que les semis ne seront pas trop retardés au bout du compte. Qui plus est, l’offre mondiale de grains est surabondante. Les récoltes du soya et du maïs, qui sont en grande partie achevées, sont excellentes au Brésil et en Argentine, et les perspectives des céréales d’automne sont favorables en Europe, en Russie et en Ukraine. Finalement, du côté de la demande, les importations de grains du premier acheteur mondial – la Chine – sont en baisse en raison des ravages causés au cheptel porcin par la peste porcine africaine.

Au Brésil, les conditions météo continuent d’être très favorables pour la deuxième récolte de maïs (safrinha), avec des pluies abondantes sur l’ensemble du territoire agricole. Les estimations de la production globale de maïs sont en hausse, certaines dépassant même le seuil des 100 millions de tonnes (Mt). Safras & Mercado projette une récolte de 101,8 Mt, alors que FCStone prévoit une production de 96,8 Mt. Comme le maïs safrinha a été semé tôt cette année, les rendements sont quasiment assurés à ce stade-ci des cultures. Si les précipitations se poursuivent au cours des 10 prochains jours, la production du Brésil tournera autour de 100 Mt, contre 82 Mt l’an passé. Les exportations de maïs brésilien commenceront à déferler sur le marché mondial à partir de juillet. En Argentine, la Bourse des grains de Buenos Aires a relevé son estimation de la production de maïs de 2 Mt pour la porter à 48 Mt.

La Chine accroit la pression sur le gouvernement canadien. Après le canola, c’est au tour du porc : le permis d’exportation de deux producteurs de porc québécois est suspendu. Des raisons administratives sont invoquées, des formulaires qui seraient périmés… La Chine est un grand marché pour le porc du Québec. Au premier trimestre, la part de la Chine dans les exportations de porc du Québec était de 17 % en valeur et de 27 % en tonnage (les consommateurs chinois sont friands de parties de l’animal qui ne sont pas consommées en Occident). Il faudra voir si ces suspensions d’exportation se transformeront en un embargo du porc canadien, à l’instar du canola. Si c’est le cas, les exportations de porc du Québec pourraient être affectées si les autres marchés n’absorbent pas les tonnages achetés par les Chinois. Il est trop tôt pour conclure que la demande de grains au Québec pourrait être abaissée par ce nouveau conflit commercial, mais c’est une autre incertitude qui s’abat sur le marché des grains.

Au Québec, la météo est demeurée défavorable pour les semis, avec du temps froid et des précipitations. Les bases du maïs ont commencé la semaine à 2,02 $ CA/bu pour une livraison immédiate et 1,29 $ CA/bu pour une livraison à la récolte, et elles l’ont terminée à 1,89 et 1,29 $ CA/bu, respectivement. Quant au soya, lundi, elles ont été de 2,58 $ CA/bu pour une livraison immédiate et 2,25 $ CA/bu pour une livraison à la récolte, et elles ont clôturé la semaine à 2,30 et 2,32 $ CA/bu, respectivement.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago :

Source 
:
REUTERS