L'Hebdo - 5 juillet 2019

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d’information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 1er au 5 juillet 2019

Date de publication : Le 5 juillet 2019

La Bourse de Chicago est toujours sous l’effet du coup de massue du rapport américain sur les superficies ensemencées. Les contrats à terme ont été volatils au cours de cette semaine écourtée. Compte tenu des semis très tardifs ce printemps, personne ne croit que les superficies du maïs soient en hausse de 2,3 % par rapport à l’an passé pour atteindre 91,7 millions d’acres (Mac), et que celles du soya aient dégringolé de 10,3 % pour s’établir à 80 Mac. Mais le marché est pris avec ces chiffres non crédibles, ce qui crée beaucoup d’incertitude et de nervosité. Le rapport hebdomadaire américain sur l’état des récoltes indique que 54 % du soya, 56 % du maïs et 75 % du blé de printemps étaient en bonne ou excellente condition. 30 % du blé d'automne était récolté, comparativement à la moyenne de 48 %. Les ventes hebdomadaires américaines à l'exportation sont très faibles pour le maïs, médiocres pour le blé et bonnes pour le soya. Elles ont totalisé 176 000 tonnes (ancienne récolte) et 156 000 tonnes (nouvelle récolte) pour le maïs, 868 000 et 162 000 tonnes pour le soya, ainsi que 277 000 tonnes de blé. Depuis le début de l’année récolte 2018-2019, le rythme des exportations de maïs et de soya accuse un retard de 15 % pour les deux grains par rapport à 2018. Or, selon le dernier rapport mensuel de l’USDA, les exportations devraient baisser cette année de 10 % pour le maïs et de 20 % pour le soya par rapport à l’an passé. Il semble donc que l’USDA soit un peu trop optimiste en ce qui concerne le maïs et un peu trop pessimiste pour ce qui est de la fève. La chute brutale des exportations de maïs s’explique par la remontée substantielle des prix américains de la mi-mai à la fin juin, ce qui a détourné la demande mondiale vers le maïs sud-américain. Quant aux ventes américaines de soya, elles ont rebondi grâce à des achats chinois faits par des entreprises étatiques commanditées par Pékin.

 

Les importations chinoises de soya ont totalisé 38,2 millions de tonnes (Mt) pendant les 6 premiers mois de l’année, soit 15 % de moins qu’en 2018. Si le rythme ne s’accélère pas, les importations pourraient ne pas atteindre le niveau estimé par l’USDA pour 2019-2020, soit 80 Mt, ce qui, à moyen terme serait négatif pour les prix du soya. Les exportations brésiliennes de soya ont atteint un niveau record de 47,2 Mt pendant les 6 premiers mois de l’année. Cette cadence est bien évidemment due à la demande chinoise qui s’est reportée sur la fève brésilienne en raison de la guerre commerciale sino-américaine. Quant au maïs, les ventes brésiliennes ont été de 9,7 Mt pendant les 6 premiers mois de l’année, soit 87 % de plus que l’année passée. Les exportations de maïs ont atteint un niveau record de 1,4 Mt en juin en raison de la récolte hâtive et de la hausse des prix américains.

 

Un navire de canola aurait finalement réussi à décharger sa cargaison en Chine après plusieurs semaines d’attente. Même si cette nouvelle est confirmée, elle est loin d’être positive car ce délai a coûté extrêmement cher à l’exportateur qui a dû absorber une perte financière importante.

 

Le gouvernement chinois annonce que les nouveaux cas de la peste porcine africaine sont en baisse et que la situation est en voie de retourner progressivement à la normale avec un début de reconstitution du cheptel. Les observateurs pensent que cette annonce est purement politique, que la situation demeure hors de contrôle et que la réduction du cheptel porcin se poursuit.

 

La mousson en Inde a connu un démarrage médiocre avec des précipitations en deçà de la normale en juin. La saison des pluies dure 4 mois, soit du début de juin à la fin septembre. Les pluies se sont récemment intensifiées mais le déficit hydrique perdure.

 

Le principal point à relever dans le rapport sur l’état des cultures publié par la Financière agricole du Québec est une levée inégale des semis dans certains champs où le drainage est déficient. À l’exception de l’est du Québec, les précipitations abondantes de la semaine du 10 juin ont contribué à laisser les sols gorgés d’eau. Plusieurs terres sont inondées, notamment dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, en raison du niveau d’eau historiquement élevé des Grands Lacs. Toutes les régions du Québec ont accumulé moins d’unités thermiques maïs depuis le 15 mai que la moyenne des années de 1981 à 2010. Les régions ayant le moins de retard sont situées proches de Val-d’Or, du nord du Lac-Saint-Jean et du pourtour de la Baie-des-Chaleurs. Les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 2,44 $ CA/bu pour une livraison immédiate et 1,34 $ CA/bu pour une livraison à la récolte, et elles l’ont terminée à 2,39 et 1,30 $ CA/bu, respectivement. Quant au soya, lundi, elles ont été de 2,49 $ CA/bu pour une livraison immédiate, et elles ont clôturé la semaine à 2,54 $ CA/bu.

 

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago :

Source 
:
REUTERS