L'Hebdo - 5 août 2019

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d’information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 29 juillet au 2 août 2019

Date de publication : Le 5 août 2019

 

Les grains ont connu une autre semaine baissière en raison de l’absence de menace provenant de la météo, du maintien de la condition du maïs et du soya, et du pessimisme des marchés envers le dernier round de négociation entre la Chine et les États-Unis. Robert Lighthizer et Steven Mnuchin, respectivement représentant au Commerce et secrétaire au Trésor des États-Unis, se sont rendus en Chine pour entamer un nouveau round de négociation, mardi et mercredi. Pékin avait qualifié ces pourparlers de constructifs. Les discussions ont porté sur les achats chinois de produits agricoles américains et l’assouplissement des sanctions contre Huawei. Cependant, Trump a sapé les espoirs d’un accord imminent en déclarant que les États-Unis imposeraient des tarifs de 10 % sur 300 G$ US de produits chinois et qu'il n'écartait pas la possibilité de redresser les tarifs à plus de 25 %.

Selon le dernier rapport de l’état des cultures de l’USDA, le développement des plantes accuse toujours un sérieux retard par rapport à la normale. Le rythme de développement est à son plus bas depuis 2009 pour la soie du maïs, et depuis 1996 pour la floraison du soya. Par rapport à la semaine passée, la condition de bonne à excellente est de 58 % pour le maïs (+1 %), de 54 % pour le soya (inchangé) et de 73 % pour le blé de printemps (-3 %). En comparaison avec la moyenne quinquennale, les récoltes sont complétées à 75 % pour le blé d’automne (-11 %). Les expéditions hebdomadaires américaines ont été satisfaisantes pour le blé et le maïs, et celles de soya ont dépassé les attentes : 390 730 tonnes (t) de blé, 645 367 t de maïs et 1,03 million de tonnes (Mt) de soya. Comparativement à l’an passé, les expéditions accusent un retard de 14 % pour le maïs et de 23 % pour le soya, alors que celles de blé sont en avance de 24 %. Les ventes américaines à l’exportation ont été satisfaisantes pour le blé et le soya, mais décevantes pour le maïs. Pour l’année récolte 2018-2019, les ventes ont été de 143 088 t de soya et 143 091 t de maïs. Pour l’année récolte 2019-2020, elles ont été de 383 066 t de blé, 305 508 t de soya et 129 608 t de maïs. Comparativement à l’an passé, les ventes de l’année en cours sont en retard de 16 % pour le maïs et le soya, et en avance de 24 % pour le blé.

Selon l’Agence américaine de l’information sur l’énergie, la production d’éthanol s’est inclinée de 8 000 barils par jour et les stocks se sont accrus de 779 000 barils, portant les totaux à 1,03 million de barils par jour et 24,47 millions de barils (un record). La diminution de la production était prévisible, mais elle est relativement faible étant donné le prix élevé du maïs et la maigre marge de profit des usines de transformation en éthanol.

En Europe, la vague de chaleur a affecté l’Allemagne, alors que la France s’en est bien sortie. En Allemagne, une association de fermiers estime la production de blé d’automne en baisse de 8 % par rapport à la prévision du début du mois, pour la situer à 22 Mt. L’an passé, elle était de 19,6 Mt. En France, Stratégie Grains prévoit une production de blé de 38,98 Mt, ce qui représente une augmentation par rapport à l’estimation du début de juillet à 38,2 Mt et à la production de l’an passé à 33,8 Mt. Les commerçants estiment que 89 % du blé rencontrera les critères du blé panifiable, en hausse de 2 % par rapport à l’an passé.

Les bases du maïs ont commencé la semaine à 2,63 $ CA/bu pour livraison immédiate et 1,43 $ CA/bu pour livraison à la récolte, et elles l’ont terminée à 2,73 et 1,34 $ CA/bu, respectivement. Le lundi, les bases du soya ont été de 2,55 $ CA/bu pour livraison immédiate et 2,83 $ CA/bu pour livraison à la récolte, et le vendredi, elles ont respectivement été de 2,59 et 2,83 $ CA/bu.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago

Source : REUTERS