L'Hebdo - 3 juin 2019

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d’information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 27 au 31 mai 2019

Date de publication : Le 3 juin 2019

La Bourse de Chicago a connu une semaine haussière mais volatile. Le marché météo se poursuit aux États-Unis au gré des prévisions météorologiques. Le rapport hebdomadaire de l'USDA sur l’état des cultures a montré une progression très lente des semis du maïs et du soya, ainsi qu’une détérioration de la condition des blés d'automne. En effet, les semis sont complétés à 58 % pour le maïs (moyenne de 90 %), 29 % pour le soya (moyenne de 66 %) et 84 % pour le blé de printemps (moyenne de 91 %). À la suite de pluies excessives, 61 % des blés d’automne sont en bonne ou excellente condition, contre 66 % la semaine précédente.

Le nouvel accord nord-américain de libre-échange ACEUM (Accord Canada-États-Unis-Mexique) semblait sur le point d’être ratifié avec la levée récente par les États-Unis des tarifs douaniers qu’ils avaient imposés sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada et du Mexique. Mais un nouvel obstacle a surgi avec la menace de M. Trump d’imposer des tarifs douaniers de 5 % sur tous les biens en provenance du Mexique à partir du 10 juin en raison de l’inaction du gouvernement mexicain dans le dossier de l’immigration illégale. Si ces tarifs entrent en vigueur, la ratification de l’ACEUM sera retardée à coup sûr; une mauvaise nouvelle pour le marché des grains.

Le rapport de La Financière agricole sur l’état des cultures au Québec indique qu’au 28 mai, les semis étaient complétés à 22 % pour l'avoine, 48 % pour le blé, 26 % pour l'orge, 39 % pour le maïs, 16 % pour le soya et 11 % pour le canola. Les moyennes à la même période pour les années 2018, 2016 et 2015 sont de 39 % pour l’avoine, 70 % pour le blé, 38 % pour l’orge, 85 % pour le maïs, 58 % pour le soya et 15 % pour le canola. On est donc nettement en retard par rapport à ces 3 années. Mais comparé à 2017, qui avait connu des ensemencements particulièrement tardifs, nous sommes en avance, car les semis du maïs et du soya n’étaient complétés qu’à 4 % et 0 % à ce jour cette année-là.

Du 10 au 30 mai, les contrats du maïs ont gagné plus de 0,80 $/bu. Cette hausse brutale et très rapide de la Bourse et l’incertitude qui entoure le marché du maïs se traduisent par des anomalies dans le marché local. En effet, on observe dans les données du SRDI des écarts anormaux dans les valeurs locales. Les différences des bases atteignent jusqu’à 0,67 $/bu pour des positions rapprochées. Pour le mois d’octobre, la différence entre une livraison au début du mois et une livraison à la récolte atteint 1,15 $/bu! Certes, on a toujours eu des écarts dans les bases locales selon les vendeurs, les acheteurs, les périodes de livraison, les régions, etc. Mais de tels écarts sont tout à fait hors-normes. Ils reflètent le fait que certains acheteurs sont plus en manque de maïs que d’autres, ou plus nerveux quant aux perspectives du marché, d’autant plus que les semis sont tardifs au Québec. Et étant donné que notre production porcine est fort probablement en hausse à la suite de la flambée du prix du porc, on peut s’attendre à une augmentation de la demande locale de grains fourragers et, au premier plan, de la demande du maïs. Les producteurs de grains sont donc invités à être vigilants : contactez plus d’un acheteur et comparez les prix offerts avant d’effectuer une vente, cela pourrait être très payant!

Les bases locales du maïs ont commencé la semaine à 1,74 $ CA/bu pour une livraison immédiate et 1,34 $ CA/bu pour une livraison à la récolte, et elles l’ont terminée à 1,61 et 1,30 $ CA/bu, respectivement. Quant au soya, lundi, elles ont été de 2,30 $ CA/bu pour une livraison immédiate, et elles ont clôturé la semaine à 2,45 $ CA/bu

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago :

Source 
:
REUTERS