L'Hebdo - 21 mai 2019

L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d’information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 13 au 17 mai 2019

Date de publication : Le 21 mai 2019

La Bourse de Chicago a connu une semaine haussière, mais houleuse avec l’arrivée du marché météo. Le retard des semis s’est creusé aux États-Unis et les contrats à terme ont fortement rebondi, d’autant plus que les fonds d’investissement réalisent une partie de leurs profits en fermant des positions à découvert. Le marché des grains est nerveux et volatil. Une triple incertitude entoure la guerre commerciale sino-américaine, le retard des semis dans le Midwest et l’étendue de l’impact de l’épidémie de la peste porcine africaine sur la demande chinoise de grains. Le rapport hebdomadaire sur l’état des cultures a mis le feu aux poudres. En effet, les semis sont complétés à 30 % pour le maïs (moyenne de 66 %), à 9 % pour le soya (29 %), et à 45 % pour le blé de printemps (67 %). Par contre, les blés d’automne se portent très bien avec 64 % de ceux-ci « en bonne ou excellente condition ».

Le retard des semis chez nos voisins augmente le risque pour le maïs puisque près de la moitié de la récolte sera semée après la période optimale du 15 au 20 mai – les conditions climatiques du Midwest en juillet seront donc cruciales pour la détermination du rendement. Cependant, il faut souligner qu’il n’y a pas de lien de causalité étroit, ou une corrélation en langage mathématique, entre la date des semis et le rendement final. Par ailleurs, il faudra voir si les retards des semis encourageront un certain nombre de producteurs américains à délaisser le maïs au profit du soya.

L’escalade dans la guerre commerciale sino-américaine s’est poursuivie. Pour maintenir la pression sur la Chine, qui avait fait marche arrière dans les négociations, le 10 mai M. Trump a fait passer de 10 % à 25 % les droits de douane sur des marchandises chinoises représentant 200 G$ d'importations annuelles. En représailles, le 13 mai la Chine a annoncé qu'elle allait augmenter ses droits de douane sur des produits américains représentant 60 G$ d'importations annuelles : les tarifs douaniers seront relevés à 10 %, 20 %, voire jusqu'à 25 %, sur des marchandises américaines déjà taxées. Les tarifs chinois entreront en vigueur à partir du 1er juin. À la suite des représailles tarifaires de Beijing, M. Trump a annoncé qu’il planifiait de verser une aide de 15 G$ à ses producteurs pour compenser les effets de la guerre commerciale. Ce montant, qui serait donné sous forme de subventions, équivaut à celui du plus gros achat par la Chine de produits agricoles américains.

Au cours de la semaine, les contrats à terme du maïs ont gagné de 7 à 9 %. Ce rallye est basé uniquement sur les conditions météo des dernières semaines qui ont causé un retard des semis dans le Midwest. Ce retard est réel et significatif, mais quand on regarde la carte des États-Unis pour l’humidité, le « drought monitor », ce qui frappe l’esprit est qu’aucune région agricole n’a un déficit hydrique. Or, comme le dit si bien l’adage, « rain makes grain ». Personne ne peut prévoir quelles seront les conditions météo des deux prochains mois, mais il se pourrait fort bien que la production américaine de maïs soit très bonne cet automne, alors que l’offre mondiale est abondante en raison d’excellentes récoltes au Brésil et en Argentine. Au Québec, l’offre de maïs s’annonce aussi abondante vu la hausse anticipée des superficies. Par conséquent, le rallye boursier pourrait offrir des opportunités de commercialisation intéressantes pour les producteurs, aussi bien pour l’ancienne que la nouvelle récolte.

Au Québec, la progression des semis au 14 mai était de 3 % pour le maïs, 1 % pour le soya, 21 % pour le blé, 7 % pour l’avoine et l’orge, et 0 % pour le canola. Les précipitations et les températures fraiches retardent les semis. Les bases du maïs ont commencé la semaine à 2 $ CA/bu pour une livraison immédiate et 1,55 $ CA/bu pour une livraison à la récolte, et elles l’ont terminée à 1,83 et 1,38 $ CA/bu, respectivement. Quant au soya, lundi, elles ont été de 2,26 $ CA/bu pour une livraison immédiate, et elles ont clôturé la semaine à 2,23 $ CA/bu.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago :

Source 
:
REUTERS