L'Hebdo

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L'Hebdo est le bulletin hebdomadaire du Service d’information sur les marchés des Producteurs de grains du Québec. Il fait le point sur les faits saillants des marchés pour la semaine.


Dernière édition : Semaine du 13 au 17 janvier 2020

Date de publication : Le 20 janvier 2020

 

La Bourse de Chicago a connu une semaine mouvementée marquée par les enjeux commerciaux. La phase 1 de l’entente commerciale sino-américaine a été signée le 15 janvier. Le contenu de l’accord commercial a été maintenu secret jusqu’à la dernière minute. Pour les produits agricoles, il en ressort que la Chine s’engage à augmenter ses achats de 32 G$ US sur une période de 2 ans par rapport à l’année de référence, soit 2017. Les augmentations seront de 12,5 G$ en 2020 et de 19,5 G$ en 2021. Avec ces hausses, les importations annuelles chinoises de produits agricoles américains atteindraient 40 G$. À en juger par la chute des contrats à terme du soya le 15 janvier et par la baisse du maïs le lendemain, la réaction de la Bourse de Chicago à cet accord est négative. Pourquoi? Plusieurs réponses sont possibles. Le marché est peut-être déçu par le fait qu’il ne semble pas y avoir d’engagements chiffrés pour les grains. De plus, certains observateurs doutent de la sincérité du gouvernement chinois face à ses engagements, et ils se demandent quels seront les mécanismes mis en place pour atteindre ces objectifs. D’autres espéraient voir des annonces d’achats considérables le jour même de la signature. Cependant, pour évaluer l’intensité des achats chinois, il faut être réaliste et attendre quelques semaines avant de porter un jugement. Les opinions sont très partagées au sujet de cet accord mais, au fond, seule la Chine a la réponse. En effet, cette entente commerciale impose des engagements au gouvernement chinois – on verra au cours des prochaines semaines et des mois à venir si ceux-ci seront respectés, ou pas…

Les sénateurs américains ont finalement approuvé la dernière version du nouvel accord de libre-échange nord-américain, qui n’a désormais besoin que de la signature du président Trump pour être pleinement approuvé aux États-Unis. L’accord a été conclu à la fin de 2018, mais la ratification a été retardée parce que les démocrates du Congrès ont voulu négocier des outils d’application plus stricts pour les dispositions de l’accord sur le travail et l’environnement. Il faut rappeler que le Canada n’a pas encore ratifié l’accord, mais ce processus devrait commencer peu après le retour des députés à la Chambre des communes, le 27 janvier.

Le ministre américain de l’Agriculture anticipe que le troisième et dernier paiement de l’aide destinée aux producteurs de grains affectés par la guerre commerciale sino-américaine sera effectué. Personne ne doutait du fait que les fermiers recevraient l’entière somme promise en mai 2019, soit 16 G$, d’autant plus que le pays est en pleine campagne présidentielle.

Les États-Unis ont eu de bonnes ventes hebdomadaires de grains à l'exportation. Les exportations se sont établies à 992 000 tonnes de maïs (785 000 tonnes pour la récolte 2019 et 207 000 tonnes pour la récolte 2020), 710 000 tonnes de blé (651 000 et 59 000 tonnes), et 711 000 tonnes de soya. Il faut tout de même souligner que le rythme des exportations de maïs demeure très lent en raison de la féroce concurrence brésilienne au cours des derniers mois. Depuis le début de l’année récolte, les ventes de maïs totalisent 19,3 millions de tonnes (Mt), comparativement à 32,3 Mt à pareille date l’an passé, soit un retard de 13 Mt!

Les semis tirent à leur fin en Argentine : ils sont complétés à 88 % pour le maïs et à 93 % pour le soya. Le rythme de la progression des ensemencements est normal. Pour les cultures semées, 55 % du maïs et 61 % du soya sont en bonne ou excellente condition. La météo a été assez variable en Argentine depuis le début de la saison, mais les conditions se sont récemment améliorées.

Le ministère de l’Agriculture chinois estime les importations de soya à 87,7 Mt en 2019-2020, soit en hausse de 6 % par rapport à l’année précédente. Après avoir dégringolé de près de 50 % au cours des 2 dernières années, la reconstitution du cheptel porcin aurait démarré, selon les statistiques officielles, ce qui indiquerait que la situation de la peste porcine africaine commence à être maîtrisée. Les grandes exploitations porcines modernes mènent le mouvement, avec des marges de profits records à la suite de la flambée du prix du porc. Par ailleurs, la Chine a confirmé l’abandon du plan ultra ambitieux d’incorporer 10 % d’éthanol dans le carburant en 2020. Cet objectif aurait requis la production de 15 millions de tonnes d’éthanol par an, soit 4 fois le niveau de la production actuelle. Si les tarifs douaniers affectant l’éthanol et la drêche sont réduits par Beijing, les importations chinoises de ces deux produits pourraient augmenter considérablement.

Les bases locales pour une livraison immédiate ont commencé la semaine à 2,16 $ CA/bu pour le maïs et 2,76 $ CA/bu pour le soya, et elles l’ont terminée à 2,36 et 2,90 $ CA/bu, respectivement.

 

Évolution des contrats à terme du maïs et du soya à la Bourse de Chicago

Source : REUTERS

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