L'Écho-Marché - Mars 2019


Publié le: 03 juillet 2018

Dernière édition : Mars 2019

Date de publication : 1er avril 2019

 

LE RAPPORT MENSUEL DE l’USDA SUR L'OFFRE ET LA DEMANDE

 

Le rapport mensuel de l'USDA sur l'offre et la demande mondiales de grains est neutre et comporte peu de changements depuis le mois passé. La seule surprise de ce rapport, c'est que la prévision des exportations de soya des États-Unis est inchangée, à 1 875 millions de boisseaux (Mbu), soit 12 % de moins que l’an passé, alors que le rythme des ventes accuse toujours un retard considérable de plus de 18 % par rapport à 2017-2018. L’USDA pense donc que les achats chinois de soya vont s’intensifier au cours des prochaines semaines et qu’un règlement du conflit commercial sino-américain est en vue.

 

MAÏS

Comme prévu, la demande pour l’éthanol a été réduite de 25 Mbu pour s’établir à 5 550 Mbu. Les exportations de maïs ont décliné de 75 Mbu, se situant à 2 375 Mbu, soit 2,6 % de moins que l’an passé. Par conséquent, les stocks en 2019 ont été rehaussés de 100 Mbu pour s’établir à 1 835 Mbu, contre 2 140 Mbu en 2018. Le prix médian s’est déprécié de 5 ¢, passant à 3,55 $/bu FAB ferme en 2018-2019, contre 3,36 $/bu l’an dernier.

Sur la scène mondiale, les exportations de maïs de l’Ukraine et de l’Argentine sont en hausse de 0,5 million de tonnes (Mt) et de 1 Mt, respectivement.

 

SOYA

Pour ce qui est du soya, la seule modification a été une légère hausse de 10 Mbu de la trituration, qui atteint 2 100 Mbu, d’où une baisse équivalente des stocks en 2019, qui se sont établis à 900 Mbu, contre 438 Mbu en 2018.

La production brésilienne de soya a été diminuée de 0,5 Mt pour s’établir à 116,5 Mt, contre 120,8 Mt l’an passé, en raison de la sécheresse qui a affecté le pays de décembre à janvier.

 

BLÉ

L’USDA a apporté plus de changements à l’offre et la demande en blé. Les importations ont augmenté de 5 Mbu, la consommation pour l’alimentation humaine s’est inclinée de 5 Mbu, et les exportations ont été abaissées de 35 Mbu pour s’établir à 965 Mbu, contre 901 Mbu l’an passé. Par conséquent, les inventaires en 2019 gagnent 45 Mbu, atteignant 1 055 Mbu, contre 1,1 milliard de boisseaux en 2018.

À l'international, les stocks de blé en 2019 augmentent de 3 Mt, pour parvenir à un niveau très élevé de 270,5 Mt. Par ailleurs, les exportations de blé de l’Union européenne sont en hausse de 1 Mt pour s’établir à 23 Mt.

 

* Estimations ** Prévisions

Source: USDA - 8 mars 2019

 
  

LA CHINE RÉPLIQUE

Le 1er mars, la Chine a suspendu le permis d’acheteur de Richardson en raison de la présence de « parasites dangereux ». Le Canada a contesté ces allégations et a demandé des preuves scientifiques. Le 22 mars, le président du Conseil canadien du canola, Jim Everson, a annoncé que la Chine n’achetait plus de graines de canola canadien. Selon le Globe and Mail, cette suspension des importations s’étendrait aussi au blé, aux pois secs et aux graines de lin. Ces actions hostiles du gouvernement chinois visent à réprimander le Canada pour l’arrestation de la directrice des finances de la compagnie Huawei à la demande des États-Unis. La Chine achète 40 % de toutes les exportations canadiennes de graines, d’huile et de tourteau de canola, et celles-ci équivalent à la moitié des exportations agricoles canadiennes vers ce pays.

 

LA GUERRE COMMERCIALE

Les pourparlers entre la Chine et les États-Unis ne semblent pas avoir progressé, même si les deux parties continuent de converser. Trump estime qu’un accord pourrait arriver d’ici avril, tandis que la Chine l’anticipe plutôt pour juin. Par contre, le président américain a mentionné qu’il n’avait pas l’intention de retirer rapidement les tarifs sur les produits chinois, même advenant un accord. Il veut laisser passer une période de temps substantielle afin de s’assurer que la Chine obtempère aux demandes américaines.

 

LES INONDATIONS AUX ÉTATS-UNIS

La fonte des neiges et les sols du Midwest gorgés d’eau ont causé des inondations jugées historiques selon l’Administration américaine responsable de l’étude des océans et de l’atmosphère (NOAA). Dans les faits, les deux tiers des États (en excluant l’Alaska et Hawaï) ont un risque mineur d’inondation, tandis que 25 États font face à un risque modéré ou majeur. Les deux États les plus touchés sont l’Iowa et le Nebraska, et dans ce dernier État, les dégâts sont évalués à 1 G$ US. Les dommages sont des pertes en grains et en bétail, des fermetures de voies de transport routier et ferroviaire ainsi qu’un retard dans les ensemencements. NOAA a publié sa prévision météo pour les trois prochains mois et celle-ci est défavorable aux producteurs, car les inondations pourraient perdurer jusqu’en mai. Par rapport à la normale, la température sera froide dans le centre du pays et les précipitations seront très abondantes dans presque tous les États américains.

 

LES RÉCOLTES EN AMÉRIQUE DU SUD

Au Brésil, la récolte de soya est complétée à 63 %, comparativement à 58 % l’an passé et à 56 % pour la moyenne quinquennale. Le rendement du maïs safrinha semble bon, mais il est encore beaucoup trop tôt pour l’estimer. En Argentine, les récoltes ont débuté : celle du soya n’est pas encore quantifiable, mais celle du maïs est complétée à 6 %. Les rendements sont très bons pour le maïs, tandis qu’ils sont variables pour le soya.

 

LES INTENTIONS D'ENSEMENCEMENT

Le rapport de l’USDA sur les intentions d’ensemencement a été publié le 29 mars et celui-ci a établi le portrait de la prochaine année récolte aux États-Unis. Par rapport à l’année dernière, les superficies ensemencées augmenteront pour le maïs et diminueront pour le soya et le blé : elles sont estimées à 92,8 millions d’acres (Ma) pour le maïs, 84,6 Ma pour le soya et 45,8 Ma pour le blé. Les superficies cumulées en maïs, soya et blé ont reculé de 2,96 Ma. Malheureusement, cette lecture de l’USDA est contestable sur deux points. Le premier est l’absence de l’impact d’un éventuel retard dans les ensemencements, ce qui devrait se traduire par une diminution des superficies semées en maïs au profit du soya ou du blé. Le deuxième élément concerne les superficies laissées vacantes par les principales cultures. L’USDA n’a émis aucune justification quant à cette absence et il serait fort surprenant que les producteurs n’ensemencent pas une aussi grande surface. Dans son prochain rapport, en juin, l’USDA pourrait alors réviser à la hausse ces superficies cumulées et à la baisse les superficies du maïs.

 

LES BASES LOCALES

Les bases locales pour une livraison immédiate se sont légèrement améliorées pour le maïs, tandis qu’elles se sont faiblement inclinées pour le soya : elles ont été de 1,80 $ CA/bu (42 ¢ US/bu) pour le maïs et de 2,57 $ CA/bu (-35 ¢ US/bu) pour le soya. Pour une livraison à la récolte, les bases locales se sont améliorées pour les deux grains : elles ont été de 1,30 $ CA/bu (-2 ¢ US/bu) pour le maïs et 2,69 $ CA/bu (-33 ¢ US/bu).

 

 

 


LES PRIX LOCAUX

Le tableau et le graphique suivants présentent l'évolution du prix au comptant du maïs et du soya par période de livraison.

1- MAÏS ET SOYA

 Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er avril 2019



 SourceMarché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er avril 2019

 

2- CÉRÉALES

Le tableau suivant indique l’évolution du prix courant des céréales et de celui du canola au cours des derniers mois. En consultant directement les diffusions du marché local, vous pourrez observer les prix minimums et les maximums.

Évolution du prix courant des céréales et du canola par mois

Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 1er avril 2019


 

Rapports à surveiller en avril:

 

 


 

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