L'Écho-Marché - Juin 2019


Publié le: 03 juillet 2018

L'Écho-Marché

 

L'Écho-Marché est le bulletin mensuel du Service d’information sur les marchés. Il fait le point sur les événements du mois qui ont fait réagir le marché des grains. Il est publié le premier jour ouvrable de chaque mois.


Dernière édition : Juin 2019

Date de publication : 2 juillet 2019

 

LE RAPPORT MENSUEL DE l’USDA SUR L'OFFRE ET LA DEMANDE

Les estimations des superficies ensemencées sont revues deux fois par année : à la fin des mois de mars et de juin. Étant donné le retard des semis aux États-Unis qui a forcé les agriculteurs américains à semer moins de maïs, l’USDA a été proactif en ajustant radicalement les prévisions de la production du maïs. À priori, le rapport est haussier pour le maïs et plutôt neutre pour le soya et le blé.

 

MAÏS

Les superficies ensemencées de maïs ont été réduites de 3 millions d’acres (Ma), pour se situer à 89,8 Ma. Le rendement s’est incliné de 10 boisseaux à l’acre (bu/a), pour s’établir à 166 bu/a. Par conséquent, la récolte a été diminuée de 1,24 milliard de boisseaux (Gbu), pour se situer à 13,68 milliards de boisseaux (Gbu). Les stocks de 2019 ont gagné 100 Mbu, pour s’établir à 2,195 Gbu, en raison du ralentissement des exportations de 2018-2019. L’utilisation pour l’alimentation animale a perdu 300 Mbu et les exportations ont été abaissées de 125 Mbu. Les inventaires sont estimés à 1,675 Gbu en 2020, en baisse de 810 Mbu par rapport à l’estimation du mois passé. Le prix moyen FAB ferme a grimpé de 0,50 $ pour atteindre 3,80 $/bu en 2019-2020.

La production mondiale a chuté de 34,6 millions de tonnes (Mt), principalement en raison des États-Unis, et les stocks en 2020 perdent 24,2 Mt. La production brésilienne a été rehaussée de 1 Mt pour atteindre un niveau record de 101 Mt. Les exportations du Brésil et de l’Argentine ont été relevées de 2,5 et 2 Mt, respectivement, pour atteindre 34 Mt dans chacun de ces deux pays, un record pour l’Argentine et un quasi record pour le Brésil.

 

SOYA

L’USDA estime que les retards des semis n’affecteront pas significativement les superficies ensemencées et le rendement de la fève. Les exportations de 2018-2019 ont été abaissées de 75 Mbu en raison des expéditions plus faibles que prévu, et les stocks de 2019 et de 2020 ont été relevés de 75 Mbu, pour se situer à 1,045 Gbu en 2020. Le prix moyen FAB ferme est en hausse de 0,15 $, pour atteindre 8,25 $/bu en 2019-2020, contre 8,50 $/bu pour l’année en cours. La situation mondiale est quasiment inchangée par rapport au mois passé, à l’exception des exportations de l’Argentine qui ont été élevées de 1,5 Mt.

 

BLÉ

Les exportations de 2018-2019 ont été augmentées de 25 Mbu, ce qui a engendré une réduction équivalente des stocks de 2019. L’utilisation pour l’alimentation animale a été redressée de 50 Mbu, et les stocks de 2020 ont diminué de 69 Mbu, ce qui les établit à 1,07 Gbu. Le prix moyen aux producteurs s’est apprécié de 0,40 $, pour se situer à 5,10 $/bu, comparativement à 5,20 $/bu pour l’année en cours.

La récolte mondiale a été haussée de 3,3 Mt en raison d’une croissance de la production en Russie, en Ukraine et en Inde. Les stocks ont été renforcés de 1,3 Mt. Les exportations se sont accrues de 1 Mt en Russie et 0,5 Mt en Ukraine.

 


 

* Estimations ** Prévisions

Source: USDA - 11 juin 2019

 

LES TENSIONS POLITIQUES AUX ÉTATS-UNIS

Le président américain a menacé le Mexique d'imposer des tarifs sur tous ses produits s’il ne déployait pas davantage d’efforts pour contrôler l’arrivée de migrants aux États-Unis. À ce moment, le Mexique étudiait l’ACEUM pour ratification, ce qui a inquiété les marchés. Une délégation du Mexique a été envoyée à Washington pour négocier avec les États-Unis, et le président mexicain a évité de répondre aux questions des journalistes concernant d’éventuelles représailles contre les États-Unis, mais les marchés ont semblé inquiets qu’il puisse taxer les produits agricoles américains. Le 7 juin, Trump et le Mexique se sont entendus, mais la menace de tarifs n’est pas totalement disparue.

 

LES SUPERFICIES ENSEMENCÉES AUX ÉTATS-UNIS

L’USDA a surpris le marché avec le rapport sur les superficies ensemencées aux États-Unis. Il y a nettement plus de maïs et moins de soya qu'anticipé! Les superficies ensemencées du maïs sont de 91,7 Ma, soit une hausse de 2,3 % par rapport à 2018, et celles du soya sont de 80 Ma, soit une baisse de 10,3 % – ce sont les plus basses superficies de soya depuis 2013. Quant au blé, les superficies ensemencées sont de 45,6 Ma, soit une baisse de 4,6 % par rapport à l’an passé – ce sont les plus basses superficies de blé aux États-Unis depuis le début des statistiques de l’USDA, en 1919.

 

LES SUPERFICIES ENSEMENCÉES AU CANADA

Statistique Canada n’y est pas allée de main morte dans son rapport sur les superficies ensemencées du Québec (voir le tableau ci-dessous). En avril, les intentions d’ensemencement prévoyaient une forte hausse du maïs aux dépens du soya. L’agence fédérale a fait marche arrière aujourd’hui. À la suite des retards causés par les pluies du printemps, les producteurs du Québec ont semé nettement moins de maïs et plus de soya que ce qu’ils avaient l’intention de semer. Les superficies ensemencées sont de 382 500 ha de maïs (-0,8 % vs 2018), 366 700 ha de soya (-1 %), 91 600 ha de blé (-4 %), 73 500 ha d'avoine (-0,8 %), 49 500 ha d'orge (-9,3 %) et 10 400 ha de canola (-29,3 %). Pour les six principales cultures, on perd 20 600 ha, soit une baisse de 2,1 %. Le portrait des semis a donc changé de manière assez radicale au Québec. En avril, on pouvait s’attendre à une production de maïs de plus de 4 millions de tonnes, et donc à un important surplus en 2019-2020. Ce n’est plus le cas. Avec des superficies de maïs légèrement en deçà de celles de l’an passé, dépendamment des rendements, on aura au plus un surplus modéré.

Des changements similaires prennent place en Ontario – plus de soya et moins de maïs qu’en avril – mais dans une moindre mesure. Contrairement au Québec, les superficies des trois principaux grains – soya, maïs et blé – sont en hausse par rapport à l’an passé. Ces chiffres seront sûrement mis en cause en raison des retards très importants des semis dans plusieurs régions de l’Ontario, alors que les chiffres de Statistique Canada sont basés sur une enquête effectuée auprès des producteurs à la fin mai et au début juin.

Pour le Canada, le portrait est globalement inchangé par rapport aux intentions d’avril. Les superficies du canola sont en baisse de 8,1 % par rapport à 2018, au profit des céréales – blé, orge et avoine. La raison de ce revirement est la baisse du prix du canola des derniers mois, causée par l’embargo chinois.

Superficies ensemencées - Statistique Canada:

 

LES BASES LOCALES

Les bases locales pour une livraison immédiate se sont appréciées, pour se situer à 1,99 $ CA/bu pour le maïs et 2,68 $ CA/bu pour le soya. Les bases locales pour une livraison à la récolte se sont maintenues pour le maïs, tandis qu'elles se sont inclinées pour le soya, ce qui les situe respectivement à 1,34 $ CA/bu et 2,43 $ CA/bu.

 


LES PRIX LOCAUX

Le tableau et le graphique suivants présentent l'évolution du prix au comptant du maïs et du soya par période de livraison.

1- MAÏS ET SOYA

 Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 2 juillet 2019



 SourceMarché local (FAB Ferme), PGQ - au 2 juillet 2019

 

2- CÉRÉALES

Le tableau suivant indique l’évolution du prix courant des céréales et de celui du canola au cours des derniers mois. En consultant directement les diffusions du marché local, vous pourrez observer les prix minimums et les maximums.

Évolution du prix courant des céréales et du canola par mois

Source: Marché local (FAB Ferme), PGQ - au 2 juillet 2019


 

Rapports à surveiller en juillet:

 


 

Service de l'information sur les marchés

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