Chronique TCN - 30 octobre 2019

L'Évolution des bases du maïs et du soya

Chronique Les tendances de la Terre de chez nous publiée le 30 octobre 2019

Par Ramzy Yelda, analyste principal des marchés

 

L’année 2019 a été très difficile pour le maïs et le soya aux États-Unis : des semis très tardifs en raison d’une météo défavorable au printemps, un retard significatif tout au long du cycle des récoltes et de la neige ainsi que du gel au début d’octobre sur une bonne partie du Midwest. Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) va exceptionnellement effectuer une nouvelle enquête sur les superficies récoltées de maïs et de soya dans le Dakota du Nord et le Minnesota et incorporer les nouvelles données dans le rapport de novembre.

Pour le moment, on prévoit que la production devrait chuter de 4,5 % pour le maïs et de 19,8 % pour le soya. En date du 20 octobre, le battage n’était complété qu’à 30 % pour le maïs et à 46 % pour le soya, comparativement aux moyennes de 47 % et de 64 % respectivement. La baisse anticipée de la production, combinée à l’incertitude entourant le volume de la récolte et le retard du battage, se traduit par des niveaux de bases dans le Midwest de 30 à 50 ¢/bu plus élevés cette année qu’en 2018 pour les deux types de grains. La hausse est plus marquée pour le maïs, et ce, même si les exportations sont très en retard par rapport à l’an passé en raison de la concurrence brésilienne.

 

Au Québec

Chez nous, on observe un phénomène similaire pour les bases du maïs, mais inverse pour le soya. Pour livraison à la récolte, les bases du maïs en dollars américains et canadiens ont été en moyenne de 0,30 et de 1,63 $/bu FAB ferme durant la période allant d’août à la mi-octobre 2019, comparativement à 0,19 et 1,35 $/bu en 2018. Pour le soya, les bases se sont établies à -0,26 et 2,45 $/bu, contre 0,32 et 3,00 $/bu l’an passé.

Les bases du soya sont déterminées par le marché international. L’an dernier, la Chine a acheté massivement du soya canadien en raison de la guerre commerciale sino-américaine, ce qui avait mis le feu aux poudres dans le marché local. Cette année, la Chine boude notre fève, même si on ne peut pas parler d’embargo comme c’est le cas pour le canola. Les bases du soya étaient anormalement élevées en 2018, mais elles sont retombées au niveau habituel cette année.

Quant au maïs, les bases suivent la même tendance qu’aux États-Unis, en forte hausse depuis juin, ce qui reflète l’incertitude entourant la nouvelle récolte américaine. Par conséquent, les bases se sont raffermies, ce qui a mené à l’importation de maïs brésilien en août, une première au Québec. De plus, à la suite de semis tardifs et de quelques épisodes de gel en septembre, la récolte est incertaine : le rendement et la qualité s’annoncent variables et le battage pourrait être tardif. Cette double incertitude entourant les récoltes américaines et québécoises entraîne un raffermissement des bases.

 

Pour aller plus loin

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