Un retour vers l'optimisme - 23 mai 2018

Un retour vers l'optimisme

Chronique Les tendances de la Terre de chez nous publiée le 23 mai 2018

Par Étienne Lafrance, agent d'information sur les marchés

 

Le 10 mai dernier, le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) publiait ses premières estimations de l’offre et de la demande dans le secteur des grains pour l’année 2018-2019. Après quelques années de calme plat sur les marchés, les prévisions de l’USDA indiquent qu’il faut s’attendre cette fois-ci à un redressement des prix pour les principaux grains en raison d’une diminution des stocks, tant aux États-Unis qu’à l’international.

Chez nos voisins du Sud, les rendements du maïs seront sous le sommet historique de l’an passé, mais près de ceux de 2016. Par rapport à l’année dernière, la production sera inférieure de 3,9 % et les stocks chuteront de 22,9 %. Le prix moyen du maïs s’appréciera de 40 ¢ US/bu. En ce qui concerne le soya, les rendements se situeront sous ceux des deux années précédentes. En regard de l’année passée, la récolte déclinera de 2,6 % et les stocks s’amenuiseront de 21,7 %. Le prix médian augmentera alors de 65 ¢ US/bu.

En ce qui a trait à la présente année récolte en Amérique du Sud, les estimations de la deuxième récolte de maïs au Brésil ont été réduites de 5 millions de tonnes (Mt), tandis que celles du soya ont été rehaussées de 2 Mt, enregistrant ainsi un nouveau record à 117 Mt. En Argentine, les déboires de la récolte courante – l’une des pires saisons depuis les dernières années – ont poussé l’USDA à revoir à la baisse la production de soya de 1 Mt.

Pour l’année 2018-2019, l’USDA semble avoir fait fi des menaces de guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, car les exportations américaines et la consommation chinoise progresseront. En effet, les importations chinoises de soya s’élèveront de 6 Mt pour le soya, ce qui sera un nouveau record à 103 Mt, et la demande fourragère s’accentuera de 5 Mt pour le maïs. Au final, les stocks mondiaux chuteront de 18,3 % pour le maïs et de 5,9 % pour le soya.

Évidemment, ces projections pourraient changer pendant l’été et une question demeure en suspens : étant donné cette nouvelle perspective haussière, les producteurs américains sèmeront-ils réellement moins de maïs et de soya?