Perspectives du marché au Québec - 25 juillet 2018

Perspectives du marché au Québec

Chronique Les tendances de la Terre de chez nous publiée le 25 juillet 2018

Par Ramzy Yelda, analyste principal des marchés

 

Le marché mondial des grains est en baisse : du 1er juin au 13 juillet, les contrats à terme de la nouvelle récolte à la Bourse de Chicago ont chuté d’environ 20 % pour le soya, de 14 % pour le maïs et de 9 % pour le blé. Deux principaux facteurs contribuent à cette situation, soit la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, et la bonne condition des cultures du Midwest. Les tarifs douaniers imposés par M. Trump sur les importations chinoises ont suscité beaucoup de commentaires écrits et ont entraîné une riposte de l’Empire du Milieu, dont le tarif de 25 % sur les importations de soya américain en vigueur depuis le 6 juillet.

Quant au 2e facteur, l’ensemble des cultures du Midwest se portent bien jusqu’à maintenant en raison d’une pluviométrie favorable sur la grande majorité des régions. À moins d’un problème météo de dernière minute, les États-Unis se dirigent donc vers des récoltes abondantes.

 

En meilleure posture que le soya

Cependant, quand on étudie les facteurs fondamentaux qui affectent le soya et le maïs, on se rend compte que la situation de ce dernier est nettement moins précaire que celle de la fève à court et moyen terme, et ce, pour plusieurs raisons.

Certes, la Chine représente 60 % de la demande mondiale de soya, mais ce pays est un acheteur peu important de maïs. Par conséquent, la guerre commerciale États-Unis/Chine ne concerne pas le maïs.

Le marché international du maïs est dominé par quatre exportateurs : les États-Unis (34 % du marché mondial), le Brésil (20 %), l’Argentine (17 %) et l’Ukraine (16 %). Comme les productions de l’Argentine et du Brésil sont en forte décroissance cette année, les exportations américaines de maïs ont été haussées de 125 millions de boisseaux (Mbu) pour être portées à 2 225 Mbu en 2018-2019.

La production américaine de maïs devrait atteindre 14,23 milliards de boisseaux (Gbu), en baisse de 2,6 % par rapport à l’an dernier. On anticipe que les stocks passeront de 2,03 Gbu en 2018 à 1,55 Gbu en 2019. Certes, le rendement estimé pourrait augmenter au cours des prochains mois, mais la prévision des ventes à l’étranger va probablement être relevée aussi : en fin de compte, les réserves américaines vont diminuer en 2019. Le même constat est établi au niveau mondial. Ainsi, les stocks devraient passer de 192 millions de tonnes (Mt) en 2018 à 152 Mt en 2019.

 

Au Québec

C’est encore tôt pour se prononcer sur les perspectives des récoltes au Québec, mais au moment d’écrire ces lignes, nous avons un déficit hydrique croissant depuis le début de mai, particulièrement en Outaouais, en Montérégie et au Centre-du-Québec. À moins que la météo ne change, on se dirige vers des rendements décevants et une réduction du surplus de maïs. Cela se traduira par un raffermissement des bases du maïs, d’autant plus que la faiblesse du huard persiste, et ce, malgré la hausse des taux d’intérêt. Par conséquent, on pourrait assister au cours des prochains mois à une divergence de la tendance des prix du maïs par rapport à celle du soya.