L'état du marché des grains à la fin de 2017 - 17 janvier 2018

L'état du marché des grains à la fin de 2017

Chronique Les tendances de la Terre de chez nous publiée le 17 janvier 2018

Par Ramzy Yelda, analyste principal des marchés

 

À la fin de 2017, le marché des grains était relativement équilibré, aussi bien à l’international qu’au niveau local. Le rapport mensuel du département américain de l’Agriculture (USDA) du mois de décembre ne contenait pas de surprises et n’apportait que quelques changements très mineurs.

La seule modification de l’offre et de la demande américaine de maïs était une augmentation anticipée par les marchés de 50 millions de boisseaux (Mbu) de la demande d’éthanol, ce qui a entraîné une diminution équivalente des stocks en 2018. Ces approvisionnements s’établissent à 2 437 Mbu, soit 6 % de plus qu’en 2017.

Pour le soya, comme attendu, l’USDA a abaissé la prévision des exportations de 25 Mbu pour la fixer à 2 225 Mbu, tandis que l’utilisation pour les semences augmentait de 5 Mbu. Les stocks en 2018 se sont donc accrus de 20 Mbu pour atteindre 445 Mbu, soit une hausse de 48 % par rapport à ceux de 2017.

Finalement, la prévision des exportations de blé américain a été réduite de 25 Mbu pour se situer à 975 Mbu, ce qui a entraîné une augmentation équivalente des stocks en 2018. Ces approvisionnements s’établissent à 960 Mbu, soit une baisse de 19 % comparativement à 2017. L’USDA a resserré les fourchettes des estimations des prix des trois principaux grains, mais les prix médians sont demeurés inchangés par rapport au mois précédent, soit 3,20 $/bu FAB ferme pour le maïs, 9,30 $/bu pour le soya et 4,60 $/bu pour le blé, tous blés confondus, comparativement à respectivement 3,36 $/bu, 9,47 $/bu et 3,89 $/bu l’an dernier.

Au Québec, à part l’avoine, les estimations finales de la production de grains nous donnent un portrait similaire à celui de 2016. La production de maïs de 3,78 Mt est presque identique à celle de l’an passé, tandis que la récolte de soya baisse de 1 %. Seule l’avoine montre un changement brutal avec une dégringolade des superficies ensemencées et une chute de 26 % de la production qui s’établit à 149 000 t, le plus bas niveau de son histoire.

Les indicateurs de prix ont été relativement stables au cours du dernier trimestre de 2017.

À la Bourse de Chicago, le contrat rapproché du maïs s’est maintenu dans une fourchette de 3,35 à 3,55 $/bu, et celui du soya de 9,55 à 10,05 $/bu. Au Québec, les bases du maïs pour livraison à la récolte et en décembre sont restées assez stables au cours de cette période, fluctuant autour de 0,25 $ US/bu et de 1,30 $ CA/bu FAB ferme. Certes, le prix du maïs pour livraison immédiate a fléchi lors du battage pour s’établir à environ 185 $/t en novembre, mais il est repassé au-dessus de 190 $/t en décembre.