Chronique TCN - 18 décembre 2019

L'offre et la demande du maïs au Québec

Chronique Les tendances de la Terre de chez nous publiée le 18 décembre 2019

Par Ramzy Yelda, analyste principal des marchés

 

L’offre et la demande du maïs au Québec

L’année 2019 a été très difficile pour le maïs au Québec : après des semis très tardifs, il y a eu un manque de pluie de la mi-juin à la mi-août, suivi de précipitations très abondantes à partir de septembre, d’épisodes de gel en septembre et en octobre ainsi que de la verse causée par des vents violents, une chute des températures et de la neige en novembre. Au 26 novembre, 7 % du soya et 44 % du maïs n’étaient toujours pas récoltés.

Le 6 décembre, Statistique Canada a publié les estimations finales de la production. Les récoltes québécoises s’établissent à 3,37 millions de tonnes (Mt) de maïs (rendement de 8,9 t/ha), 1,05 Mt de soya (2,9 t/ha), 276 000 t de blé (3,4 t/ha), 190 000 t d’avoine (2,7 t/ha), 157 000 t d’orge (3,2 t/ha) et 26 000 t de canola (2,2 t/ha). La production est donc en baisse pour le maïs de 6,9 %, le soya de 10,1 %, le blé de 4,7 % et le canola de 26,8 %. Elle est inchangée pour l’orge et en hausse de 13,5 % pour l’avoine.

Deux scénarios

Les chiffres de Statistique Canada relatifs à notre production de maïs sont basés sur une enquête effectuée au début de novembre alors que le battage était à peine entamé, et avant le gel et la neige de la mi-novembre. La différence entre les superficies ensemencées et récoltées est tout juste de 2 900 ha, un écart habituel, alors que nous vivons une année exceptionnellement difficile : le chiffre des superficies récoltées n’est pas crédible. Et le rendement, même abaissé, paraît optimiste étant donné que le grain est souvent léger.

Par conséquent, l’offre et la demande de maïs mises à jour par les Producteurs de grains du Québec (PGQ) contiennent exceptionnellement deux scénarios pour 2019-2020. Le premier, basé sur la production de 3,37 Mt de Statistique Canada avec des superficies récoltées de 380 000 ha et un rendement de 8,9 t/ha, montre des importations limitées de 250 000 t. Le second, établi sur une production estimée par les PGQ à 3,13 Mt sur la base de superficies récoltées de 360 000 ha et un rendement de 8,7 t/ha, montre des importations quasi records de 500 000 tonnes.

 

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