Chronique TCN - 11 septembre 2019

Le prix du blé devrait se maintenir en raison de la petite production prévue

Chronique Les tendances de la Terre de chez nous publiée le 11 septembre 2019

Par Étienne Lafrance, agent d'information sur les marchés

 

Une petite production en vue

Les semis tardifs ont causé bien des ennuis aux agriculteurs cette année et cela se ressent dans les premières estimations de la récolte de grains par Statistique Canada.

Le rendement du maïs est évalué de 8,8 tonnes à l’hectare (t/ha), soit le plus bas niveau depuis 2014, ce qui établit la récolte à 3,3 millions de tonnes (Mt). Par rapport à l’an passé, le rendement du soya a fléchi à 2,9 t/ha, ce qui donne tout de même une production supérieure à 1 Mt.

Les rendements des céréales sont excellents. Cependant, on anticipe une diminution de la production en raison du recul des superficies ensemencées. Seule la récolte d’avoine s’accroît pour se situer à 181 200 t. Le même constat peut être dressé pour le canola, car la production chute de 30 % à cause d’une baisse des superficies.

Les rendements et la production de grains au Québec en 2019

Source: Statistique Canada

 

Stocks

La récolte québécoise de maïs sera plus faible que la demande qui est aux alentours de 3,4 Mt. Les stocks de départ sont déjà minces. La Belle Province devra donc en importer pour combler ses besoins et les prix pourraient se redresser jusqu’à hauteur des valeurs d’importation.

Le prix du soya est plombé par une baisse de la demande mondiale et canadienne due aux guerres commerciales qui lient le Canada, les États-Unis et la Chine.

Les prix du blé et de l’orge pourraient se maintenir à cause de la petite production et du prix élevé du maïs.

Le prix de l’avoine sera sous la pression de la bonne récolte au Québec ainsi qu’en Ontario et dans l’Ouest canadien. Toutefois, celui de l’avoine pourrait être soutenu par les faibles stocks.

Cette analyse tient compte des estimations de Statistique Canada. Or, ces dernières pourraient varier lors de la prochaine mise à jour le 12 septembre ainsi que la suivante le 6 décembre. Par ailleurs, le risque de gel hâtif est particulièrement important cette année. S’il survient plus tôt qu’à l’habitude, les rendements et la qualité en seront affectés au grand dam de nos producteurs.

 

 

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